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J’ai eu l’opportunité de m’entretenir, à l’occasion d’une journée promo organisée au Hard Rock Café de Paris, de discuter avec un des membres du groupe Magoa. Leur dernier album m’avait particulièrement séduit et je me suis donc jeté sur l’occasion de tailler le bout de gras avec lui autour de cette nouveauté.

eMaginarock : Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à ces quelques questions. Pourrais-tu tout d’abord te présenter et nous expliquer comment tu en es venu à la musique, et ce qu’est Magoa ?

Vince : Bonjour à tous, je suis Vince, guitariste dans Magoa. C’est un groupe assez jeune dans l’idée, datant de 2005 mais vraiment actif depuis 2010 avec un premier album en 2011. On est un groupe de métal au sens large, moderne. On évite les cases précises. Du coup notre nouvel album Imperial sort dans deux jours.

J’ai découvert le métal vers douze ans quand on m’a prêté un CD et j’ai directement adoré ça. J’ai commencé avec du néo comme Limp Bizkit, Linkin Park, puis je me suis plus renseigné après. Et la guitare parce que c’est l’instrument qui m’a toujours le plus impressionné. Si ce n’était pas la guitare, ça aurait été la batterie car j’aime ce côté rythmique. C’est d’ailleurs aussi pour ça que je fais du métal : c’est un défouloir et c’est ce qui me procure le plus de sensations.

M. : Et tu as eu un parcours classique pour apprendre la guitare ou bien tu as tout fait à l’oreille ?

V. : Je suis un autodidacte. J’aime déchiffrer les tablatures, faire de la musique tout de suite. C’est une bonne et une mauvaise façon de faire car il manque des bases. J’ai fais une année de conservatoire mais j’ai préféré apprendre par moi-même. La découverte d’un instrument a quelque chose de personnel et ça a été ma manière de fonctionner.

M. : D’où vient le nom Magoa ?

V. : La signification la plus actuelle est sa signification en portugais qui est la peine au sens de douleur. En basque c’est un magicien, auparavant c’était une famille qui était jugée comme sorcière. Ce nom est donc très métal et nous a bien convenu.

M. : Quelles sont les influences majeures du groupe ?

V. : Il y en a beaucoup. Je pense qu’il y a beaucoup de Panthera, un peu de Rammstein, et plus récemment de Bring Me The Horizon.

M. : Sur cet album comment s’est passée la conception ? Qui a écrit les paroles et qui s’est chargé de la musique ?

V. : Sur cet album, c’est la première fois que l’on ne collabore pas avec un producteur. Avec Imperial on s’est enfermé tous les quatre pendant un mois au LTP Studio et on a tout composé, enregistré nous-même et ensuite avec Cyd on s’est enfermés pour mixer et arranger tout ça. Le processus créatif a de A à Z été contrôlé par nous jusqu’à la sortie puisque nous avons notre propre label. C’était une vraie volonté de tout faire.

Nous avons tous les quatre composé la musique. Martin amène énormément d’idées principales et ensuite on complète ensemble. Et c’est Cyd qui écrit ses textes, et cela en même temps que l’on écrit la musique. Cela permet à la musique d’être en accord avec les paroles.

M. : Qui est l’artiste du magnifique artwork d’Imperial ? Et comment s’est passé le travail avec lui ?

V. : Il s’agit de Vincent Fouquet qui a le studio Above Chaos. Il avait réalisé la pochette de l’album précédent.

L’idée originale vient de nous. En fait on avait le titre, le concept visuel et les idées avant d’entrer en studio. Donc en gros il a fait la cover avant même que l’on ait commencé à composer et du coup une version imprimée était accrochée dans le studio pendant que l’on travaillait.

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M. : Et du coup, est-ce que c’est un concept-album tournant autour de cette cover ?

V. : En un sens oui. Imperial a un message et une unité proche de celle du concept-album. On a envie que l’écoute soit intéressante pour l’auditeur via des cassures très nettes.

M. : Quelle est l’idée générale derrière ce titre ?

V. : Elle est que l’on peut tous être une pierre de son propre empire.

M. : L’album vient tout juste de sortir. Stressé ?

V. : On a toujours une appréhension sur la manière dont les choses vont être reçues par le public. Les médias sont enthousiastes et cela fait du bien après tant de temps d’enfermement. On est tous très contents, pas forcément stressés.

M. : A quand une tournée ?

V. : Les choses sont en train de se mettre en place doucement. Pour le moment on a rien de fixé mais ça se met en œuvre tranquillement et la sortie d’Imperial va encore accélérer les choses. On a envie de jouer car on a été obligés de refuser des dates du fait de la conception de l’album.

M. : Et un Hellfest peut-être ?

V. : On en rêve tous, en tant que groupe de métal émergent de faire ce festival devenu un incontournable de notre scène musicale.

M. : Est-ce que tu peux en cinq mots, pourquoi nos lecteurs doivent écouter Imperial ?

V. : Question compliquée pour une fin de journée. Je dirais : brutal, symphonique, sincère, plaisir, message.

M. : Quel est ton pire souvenir sur scène ?

V. : Je pense que c’est quand mon HF (oreillette de retour son) s’est complètement coupé avec un gros bruit blanc de l’Enfer en plein milieu d’un concert. Déjà tu perds 10 points d’audition mais en plus c’est le stress et tu es désorienté.

M. : Comment est-ce que tu parviens à gérer les différents aspects de ta vie, musicale, professionnelle, personnelle ?

V. : La vie pro c’est le label, donc ça reste dans la musique, la vie musicale ce sont les répètes donc ça colle aussi, et perso je sors pas autant que je voudrais mais j’ai un entourage très compréhensif, dont certains sont musiciens.

M. : Merci beaucoup pour tes réponses et à bientôt sur scène pour te voir défendre Imperial !