Darker than black – Yuji Iwahara

iwaharadarkerthanblackT1Le manga ne va pas toujours à l’animé. Parfois c’est l’animé qui devient manga. Il en est ainsi de Darker than black qui a d’abord été un dessin animé dont l’auteur des dessins était Yuji Iwahara pour le compte du studio Bones. Il reprend ses personnages pour une aventure inédite en 4 tomes chez Ki-oon. Nous l’avions découvert chez ce même éditeur pour sa série Dimension W dont le huitième volume devrait sortir en janvier prochain. Avec cette mini-série, l’auteur nous entraine dans une enquête policière où mutants et humains s’opposent, mais surtout ne se comprennent pas. La quatrième de couverture nous annonce la couleur :

Voilà 10 ans maintenant qu’un champ de force d’origine inconnue, la Porte des Enfers, s’est dressé autour de Tokyo. Ce mystérieux bouleversement s’est accompagné de la mutation de nombreux humains en êtres dotés de pouvoirs surnaturels, les Contractants. Ces implacables machines à tuer sont souvent employées illégalement par certaines organisations mafieuses, voire quelques organismes d’État, pour s’acquitter des basses besognes…
Si leur existence reste une rumeur pour le grand public, c’est en partie grâce à la Section 4, une brigade d’élite créée dans le but de surveiller et d’appréhender les Contractants pour empêcher leur circulation au sein de la société civile… Pour Misaki Kirihara, jeune et brillant lieutenant de la Section 4, les dernières semaines n’ont pas été de tout repos : un mystérieux Contractant erre dans les rues de Tokyo et dupe ses victimes, des humains au bord du suicide, en leur proposant de les aider dans leur quête de vengeance…

Outre une enquêtrice fort attachante, nous allons suivre une jeune fille qui décide de devenir à son tour une contractante, tant elle ne se reconnait plus dans l’humanité. Seinen par essence, cette histoire nous amène aussi à voir dans cette métaphore le passage vers l’âge adulte. C’est aussi une évocation des incompréhensions entre individus qui peuvent parfois amener aux malentendus les plus désastreux. Le graphisme et la pagination sont sobres et savent être dynamiques quand il convient de l’être. L’enquête et la profondeur des personnages promettent un manga de grande qualité, de la part d’un auteur déjà connu pour ses récits parfois tortueux, mais toujours imaginatifs et imprévisibles. Le quatrième et dernier volume de la série devrait paraître le 26 novembre prochain.

Darker than black (manga en 4 volumes)
Yuji Iwahara
Traduction par Géraldine Oudin
Editions Ki-oon
Collection Seinen
2015

7,90 € le volume

Chris

Chris

Chris a toujours apprécié les littératures de l’imaginaire, mais il lit également d’autres genres pour son plus grand plaisir. Il préfère le terme de critique à celui de chronique qui lui semble toujours trop consensuel. Non qu’il dise systématiquement du mal des auteurs, mais quand il tient une bonne daube ou une resucée maladroite alors il laisse la plume glisser dans de bien sombres humeurs. Comme tout lecteur passionné – ça lui arrive parfois – il n’aime rien tant que de devenir festivalier et d’aller à la rencontre des auteurs. Chris participe de temps à autre à des appels à texte et s’intéresse depuis peu à la photographie, histoire d’apprendre à cerner l’essentiel d’une situation comme d’un lieu. Enfin, il aime plus que tout le transgenre et espère avec une certaine impatience pouvoir être à l’origine de la découverte d’un auteur qui aurait l’audace d’écrire un roman policier avec des sorcières, des mutants et bien entendu quelques créatures extraterrestres aux mœurs exotiques, à défaut d’être douteuses.