haven-kamelotLe groupe de métal américain Kamelot vient de sortir il y a quelques jours son dernier album, le onzième, ce qui n’est pas rien. Et surtout cela représente un bel évènement pour les fans, et ils sont nombreux. Débutons cette chronique avec un petit point sur l’esthétique de la pochette : une pure merveille. Kamelot a pris l’habitude, notamment depuis The Black Halo, de proposer des artworks très sombres, gothiques à souhait mais également magnifiquement réalisés. Haven ne fait pas exception à la règle avec ce magnifique profil de femme entremêlés de roses, zones d’ombre,… Bref, un melting-pot des plus réussis qui donne réellement envie de découvrir l’album.

Et celui-ci commence avec Fallen Star, un magnifique morceau introductif, qui commence tout en douceur avant de vraiment prendre une ampleur épique, notamment grâce à la guitare de Thomas Youngblood. La voix de Tommy Karevik s’adapte parfaitement aux envolées du morceau. Suite au départ de Roy Khan, beaucoup de fans ont eu peur de ce qu’il allait advenir du groupe. Mais si Silverthorn, l’album précédent, ne les avait pas rassurés, alors cette seule introduction y suffira. Avec Insomnia, le groupe nous propose un morceau plus efficace, qui leur a servi pour le premier clip lié Haven. Plus sombre, plus rythmé, le clip le représente à merveille et toute l’orchestration est juste magnifique. D’ailleurs voici le clip en question :


Citizen Zero est le morceau suivant. Il commence étrangement avec un son de clavier vite renforcé par des guitares et des basses lourdes avant que la musique ne se mette en marche, au sens propre. On sent vraiment ici les aspects les plus darks du groupe, et cela fait vraiment du bien. Une excellente chanson dont le refrain donne vraiment envie de headbanger. Veil of Elysium fait partie des premiers morceaux à avoir été lâchés dans la nature par le groupe, et l’on comprends pourquoi : très rythmé, efficace, il vient prendre l’auditeur dans une sorte d’urgence dès les première notes, tout en proposant un côté réellement épique. La voix de Tommy ne fait que renforcer cet effet. Under Grey Skies fait un peu l’effet d’une douche froide après le moment très speed que l’on vient de passer et le changement de rythmique m’a vraiment paru dur… Même si la ballade est absolument magnifique, rien à redire sur ce point, elle intervient à un moment trop inattendu. Petit bonus, Charlotte Wessels de Delain apparaît sur cette piste pour nous enjôler, ce qui est des plus efficace, la vois des deux chanteurs se mêlant à merveille.

Avec My Therapy on revient à du « vrai » Kamelot : un morceau sombre, très rythmé, à la fois gothique et metal qui assume son genre. Une fois de plus la transition avec le morceau précédent est vraiment très très dur à vivre. Ecclesia vient ensuite et là ce sont des choeurs qui prennent le pas pour un court instrumental de quelques dizaines de secondes. S’ensuit End of Innocence, un morceau plus aérien mais tout aussi réussi, peut-être l’un des meilleurs de Haven : Très rythmé et pourtant lyrique. Beautiful Apocalypse prend la suite et l’auditeur n’est pas dépaysé : la musique est toujours aussi lourde, aussi bonne, les passages chantés lui donnant un aspect plus aérien. Liar Liar (Wasteland Monarchy), où Alissa White-Gluz d’Arch Enemy intervient, est un morceau des plus classiques pour le groupe, tout en étant d’excellente facture, et nous contant une histoire fort agréable. Here’s to the Fall est une seconde ballade pour cet album et elle vient pour le coup apaiser l’ensemble, tout en donnant à Tommy la possibilité de s’exprimer dans un rôle un poil plus lyrique, pour le plus grand bonheur de nos oreilles. L’album est presque fini mais le groupe a quand même choisi d’envoyer du lourd avant de conclure et Revolution porte parfaitement son nom en nous balançant des basses dans les oreilles tandis que Tommy et Alissa s’occupe de la part chantée merveilleusement bien. Ce titre entre clairement dans mon top 3 des meilleurs morceaux de Haven. Et il est enfin temps de conclure avec l’habituel, ou presque, morceau éponyme. Haven est un morceau de conclusion, entièrement instrumental, que des choeurs viennent soutenir. Du très bon travail d’orchestration mais l’auditeur quittera donc Tommy Karevik sur Revolution.

2015 est une année particulièrement prodigue en matière de bons albums de métal. Après l’excellent Shadowmaker d’Apocalyptica, un autre groupe phare de la scène actuelle nous propose une petite pépite qui, en treize morceaux ne va sûrement pas révolutionner le genre mais simplement nous montrer à quel point il se porte bien. Kamelot s’offre une fois de plus la possibilité de montrer qu’ils sont des maîtres en matière de création d’album. Si ce n’est le placement, à mon sens hasardeux, de Under Grey Skies tout est juste parfait, de la première à la dernière note, notamment dans sa cohérence, erreur que commettent pas mal de jeunes groupes : proposer des albums où ils montrent qu’ils peuvent faire de tout sans le faire bien. Kamelot leur montre la voix en proposant des morceaux sombres, inquiétants et puissants, ceux qui ont fait leur marque de fabrique et leur succès. Si vous avez un album à acheter en ce mois de mai, Haven mérite d’être celui-là… Et moi, pour ma part, je n’ai qu’une hâte : les voir lors de leur tournée en septembre !

Haven
Kamelot
Napalm Records