Du 19 au 24 novembre avait lieu la nouvelle édition du PIFFF qui d’habitude réunit un certain nombre de films curieux, mais qui cette année s’est contenté de présenter des films Mad Movies et surtout avec une sélection pas tellement fantastique. Bref, une année décevant où seulement 2 films m’ont attirée.

Byzantium de Neil Jordan

Byzantium

Dans une petite ville côtière, deux jeunes femmes aussi séduisantes que mystérieuses débarquent de nulle part. Clara fait la connaissance de Noel, un solitaire, qui les recueille dans sa pension de famille déserte, le Byzantium. Eleanor, étudiante, rencontre Frank, en qui elle voit une âme sœur. Bientôt, elle lui révèle leur sombre secret… Eleanor et Clara sont nées voilà plus de deux siècles et survivent en se nourrissant de sang humain. Trop de gens vont finir par l’apprendre pour que leur passage dans la ville n’ait aucune conséquence sanglante…

NEWS! Le film ne sortira pas en France et aura une sortie limitée aux États-Unis. Un DTV attend donc Monsieur Jordan…

Un DTV pour son nouveau film ce qui ne m’étonne pas trop vu la piètre qualité du projet. Quand je suis sortie de la salle, je me suis demandée s’il n’avait pas oublié avoir réalisé le superbe Entretien avec un vampire. Fausto Fasulo a dit du film que « cela changeait de Twilight & Co qu’on nous sert depuis quelque temps ». Très bien. On ne comprend pas vraiment cette acharnement sur Twilight surtout que le film n’est clairement pas la cible des spectateurs du PIFFF donc laissons aux ados le droit de regarder ce qui leur fait plaisir.

Bref… Passé cela, si pour ne pas faire du Twilight a tout prix, il faut faire du faussement intellectuel alors je dis NON! Car Byzantium c’est un film de vampires faussement élitiste qui pense nous faire réfléchir, mais qui endort profondément. A part un scénario d’une platitude sans nom, les personnages sont inintéressants et l’histoire glisse sur nous comme le sang de ces pauvres victimes.

Saoirse Ronan s’en sort très bien et tente vainement d’élever le niveau du film. Actrice curieuse de par un physique étrange, pétillante et timide à la fois, touchante et abominable, elle joue son rôle de vampire malgré elle d’une façon juste.

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La palme de l’absurdité revient à Gemma Aterton qui certes n’est pas une bonne actrice, mais qui est tout à fait capable de s’en sortir (Prince of Persia). Connue pour sa beauté plastique irréprochable, la pauvre reste pendant tout le film une mère putain qui ne sait gagner de l’argent qu’en vendant ses charmes. De nombreux plans filment ses fesses ou sa poitrine de façon grossière et l’actrice en effet très belle est réduite à un morceau de viande alors que quand elle est en jean tout simple et presque pas maquillé, on découvre une jeune femme avec pleins de taches de rousseur, fragile et enfantine. Merci Neil Jordan!

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Le film est sexiste et misogyne de part notamment cette idée de confrérie des vampires uniquement destinée aux hommes. Une femme vampire ne peut y entrer et sera pourchassée pour ses actions si elle en fait partie. Quel beau message! Il est d’ailleurs étrange de voir qu’une femme a écrit le scénario…

Aucun code du vampirisme ne se retrouve et surtout aucun point de vue ne se dégage du film. Jordan ne nous dit rien; son histoire n’a aucune portée émotionnelle et intellectuelle. En sortant, on n’est même pas diverti!

Esthétiquement, c’est sûr que le bonhomme maîtrise la chose, mais le dynamisme d’Entretien avec un vampire laisse ici place à une lenteur lascive mal gérée et ennuyeuse.

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Certains passages sont ultra-violents sans raison et le réalisateur joue avec le sang sans en donner une signification particulière.

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Les personnages auraient pu être loups garous, sirènes ou elfes, l’histoire aurait été exactement la même! La seule particularité reste la relation entre Eleanor et Frank où la jeune fille ressent ses pulsions monstrueuses tout en tombant amoureuse du jeune homme. La relation avec sa mère n’est absolument pas développée alors que cette piste aurait généré plus d’émotions.

CONCLUSION

Byzantium est un film de vampires sans intérêt absolument pas excitant et pas du tout novateur contrairement à ce que les organisateurs du PIFFF ont mis en avant. Une histoire qui cafouille, des enjeux minimes, des incohérences scénaristiques, des personnages auxquels on ne s’attache pas; bref, un mauvais film qui mérite sa place auprès des DTV.

Byzantium

de Neil Jordan

avec Gemma Aterton, Saoirse Ronan, Sam Riley, Caleb Landry Jones

Number 9 Films Ltd

sortie DTV

Real de Kiyoshi Kurosawa

RealAtsumi, talentueuse dessinatrice de mangas, se retrouve plongée dans le coma après avoir tenté de mettre fin à ses jours. Son petit-ami Koichi ne comprend pas cet acte insensé, d’autant qu’ils s’aimaient  passionnément. Afin de la ramener dans le réel, il rejoint un programme novateur permettant de pénétrer dans l’inconscient de sa compagne. Mais le système l’envoie-t-il vraiment là où il croit ?

Real est un film étrange difficilement appréciable dès la première demi-heure. Sorte de fable mélancolique, le film aborde des thématiques comme les traumatismes de l’enfance ou encore l’addiction au travail. Le film ne tombe dans le fantastique qu’avec l’apparition de ce monstre marin, catalyseur des peurs de Koichi.

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Difficilement critiquable, le film se ressent plus qu’il ne s’analyse. L’ambiance est à la fois mélancolique et tendue. On ne sait jamais vraiment où commence la réalité et où finit le rêve. Quand on comprend peu à peu les relations antérieures entre les deux personnages et qu’on découvre leurs traumas d’enfants, l’ensemble du film prend un sens nouveau et nous amène à nous attacher aux personnages.

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L’histoire du film fonctionne bien et permet de nous poser des questions sur comment un enfant peut être traumatisé par un accident ; comment toute sa psyché sera conditionnée par le non-dit. Cependant, la lenteur trop appuyée du scénario, mais aussi de la réalisation n’en fait malheureusement pas un film parfait. Les dernières séquences sont assez dynamiques et plutôt tendues, car elles jouent en plus sur le subconscient de l’un des personnages le mettant dans une position dangereuse proche de la mort.

Visuellement le film est très beau avec une belle ambiance et des décors en extérieur rafraîchissants. Le réalisateur a privilégié une mise en scène minimalisme permettant de nous immerger totalement dans l’univers de la mangaka. Le laboratoire où se déroulent les essais cliniques donne un côté très froid à l’histoire qui vient contraster avec ce qui se déroule dans la tête des deux personnages. Les machines utilisées sont assez étranges et on se demande si réellement un jour, on pourra connecter deux personnes entre elle pour en faire sortir une du coma. Le réalisateur explore aussi cette thématique en posant la fameuse question : une personne dans le coma pense-t-elle ? Entend-elle ce que nous lui disons ? Est-elle capable de se sortir elle-même de la situation ?

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CONCLUSION

Real est un petit bijou cinématographique avec de nombreuses thématiques abordées et un sujet tabou et perturbant. En plus de cela, le réalisateur (comme dans la plupart des films japonais) s’interroge sur sa société et la place que l’on donne aux enfants. Un film à voir malgré sa longueur.

Real

de Kiyoshi Kurosawa

avec Haruka Ayase, Kyoko Koizumi, Yutaka Matsushige

sortie Printemps 2014