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LES METIERS DE LA MUSIQUE : Entretien avec Sarah Kazaroff de Dooweet Agency

Photo : Avril Dunoyer

eMaginarock : Bonjour Sarah, et merci de répondre à ces quelques questions. Commençons par le plus simple : peux-tu te présenter, et nous expliquer d’où t’es venue cette passion pour le rock et le métal ?

Sarah : Bonjour Thomas, je t’en prie avec plaisir.
Alors je suis attachée de presse chez Dooweet Agency depuis maintenant 4 ans et je défends des projets émergents de la scène rock et métal.
J’écoute ces styles depuis maintenant 17 ans et, ce qui est génial, c’est que je n’ai jamais fini de les découvrir. Après, il est vrai qu’avec tous les sous-styles, les différentes influences et variations  on arriverait facilement à se perdre, mais c’est aussi ce qui fait la richesse de ces musiques.

eMaginarock : Comment en es-tu arrivée à ce travail de promotion musical ? Quelles études as-tu suivies,…

Sarah : Avant de travailler chez Dooweet, je faisais partie d’un collectif d’artiste, rien à voir avec le métal et ce que je fais aujourd’hui.  J’étais chargée de diffusion pour des artistes d’Art de Rue, de musiques électroniques et je défendais aussi un artiste peintre. Je suis restée au sein de ce collectif durant deux années, qui, je peux le dire, ont été les plus révélatrices et intenses de ma vie, autant sur le plan personnel que professionnel. J’ai rencontré de chouettes personnes et vécu des choses magnifiques. Je pense que je peux affirmer aujourd’hui sans hésiter, que c’est grâce à ces deux années que je suis devenue ce que je suis aujourd’hui. Et même si je n’ai pas pu y rester, j’ai gardé de très bon contacts, si rares soient-ils, avec ce petit monde.

Un jour, avec le collectif, on était en déplacement professionnel, et durant cela, j’ai fais la connaissance d’une personne avec qui j’ai sympathisé, échangé sur nos projets et passions, et qui a finis par me présenter Christophe Sousa, mon fidèle collègue et fondateur de Dooweet Agency. Le feeling est tout de suite très bien passé entre nous, il m’a parlé de son projet, Dooweet, donc, et de fil en aiguille on a commencé par travailler ensemble et à développer la structure et le réseau en échangeant nos conseils et nos compétences.

Pour être honnête, au départ , et avant d’intégrer officiellement la structure,  je n’étais pas destinée à devenir attachée de presse. :)) Je souhaitais travailler dans l’organisation d’évènements musicaux. Alors lorsque j’ai commencé, j’étais chargée de l’organisation de nos premiers concerts puis  j’assistais Christophe sur certaines missions promotionnelles. Et petit à petit il a commencé à apprécier l’organisation de concerts et moi la promotion.

Sachant que notre volonté, qui est toujours d’actualité bien sûr, était de défendre et de développer les projets émergents, ce que je faisais déjà au sein du collectif, j’ai finalement choisi le métier d’attaché de presse mais sans abandonner l’idée d’organiser des concerts. Et comme je le disais juste au dessus, au départ j’aidais Christophe sur des projets, puis j’ai commencé à en gérer entièrement et voilà.

Et enfin je n’ai pas fait d’études, ça ne sert a rien tout le monde le sait ! Hahaha. Non plus sérieusement, j’ai un diplôme qui n’a strictement rien à voir avec le domaine musical et j’ai donc tout appris sur le terrain, pour moi c’est le plus important.

eMaginarock : Comment as-tu rejoins Dooweet ?

Sarah : Comme expliqué un peu dans la réponse précédente, j’ai fait la connaissance de Christophe via une personne que j’ai rencontré lors d’un salon professionnel, qui travaillait avec lui à l’époque. En parlant avec cette personne de mes projets et de mes souhaits, il m’a conseillé de contacter Christophe. Je t’avouerais que j’ai mis trois semaines à me décider à le faire (rires). Peut être parce que j’appréhendais un peu, ne pas savoir quoi dire etc… Bref après notre conversation, on a organisé une rencontre lors d’un concert au Divan du Monde, le feeling est très bien passé mais on a pas commencé à travailler tout de suite ensemble. Notre collaboration a réellement débutée six mois après. Puis à partir de ce moment là, la machine était enfin lancée.

eMaginarock : Comment vois-tu le marché de la musique actuel ? Est-il, comme le livre, complètement saturé ? Et si oui comment t’y prends-tu pour que tes groupes se démarquent ?

Sarah : Houla ! JOKER ? Haha, non en fait pour être honnête et transparente, c’est très difficile pour un groupe émergent de percer et de se développer tout seul, d’autant plus si c’est dans le rock et le métal.  Aujourd’hui, si un groupe veut pouvoir se développer comme il le souhaite, il lui faut des finances plus ou moins importantes selon les directions qu’il souhaite prendre, et un réseau solide pour qu’il puisse s’encadrer et se développer efficacement. On sait que c’est difficile de  financer l’enregistrement de son album ou la promotion de celui ci. Nous savons également aujourd’hui à quel point c’est difficile dans le métal pour un groupe émergent de trouver des dates, de pouvoir tourner, sauf si il a encore une fois  les moyens de financer un tour support avec des conditions correctes bien entendu et si il arrive à se construire un réseau avec des structures encadrantes (attaché de presse, manager, bookeur) qui auront la volonté de faire du développement d’artiste ce qui, nous le savons, est devenu très compliqué vu la conjoncture économique du milieu avec les inégalités qu’il comporte. Enfin nous sommes bien d’accord, c’est loin d’être un scoop ce que je te dis (sourire).

Et comment je m’y prends pour qu’un des groupes avec qui je travaille se démarque ? Et bien en fait il n’y a pas de recette miracle et je leur dis clairement, mais je pense qu’il faut toujours être dans l’actualité, en accord avec ce qui se fait à un moment donné mais attention, sans pour autant suivre une mode comme un mouton. Non, il faut piocher certaines éléments et composer avec, tout en gardant sa propre identité, sa propre image, c’est très important et j’insiste là-dessus car la musique et le visuel vont de paire, et les professionnels du business musical y sont sont de plus en plus sensibles.

Après c’est sûr, cela plaît ou pas, on ne peut jamais vraiment le savoir, et même si avec les années j’ai appris à connaître les goûts des médias avec qui je travaille et à les cibler efficacement,  on peut toujours avoir des surprises, bonnes ou mauvaises. On ne peut jamais avoir de garantie. Si il y a bien des choses que j’ai apprises dans mon métier ce sont celles ci. Mais dans tous les cas, ce qui est sûr, c’est que je fais toujours de mon mieux pour donner les bons conseils, pour les orienter correctement.

eMaginarock : Combien de groupes as-tu actuellement en catalogue, et comment fais-tu pour tous les défendre ?

Sarah : On ne peut pas parler de catalogue car c’est très aléatoire. En moyenne, je gère 4 à 5 projets en même temps et ils peuvent être très différents les uns des autres, même si c’est dans le rock et le métal, encore une fois grâce a la diversité et les différentes influences qu’on peut y trouver. Et forcément, on est en contact avec plein de médias différents, on en contacts de nouveaux, on recherche d’autres réseaux selon les projets. C’est que j’aime le plus parce que c’est le plus stimulant. Pour donner un bon exemple, depuis deux ans, je m’occupe d’un groupe de blues folk. J’ai donc commencé à construire un réseau adéquat que je continue à développer. Et en plus, c’est un style qui peut autant plaire au réseau métal, qu’au réseau rock ce qui peut ouvrir plein de portes.

eMaginarock : La composante d’organisation d’évènements est-elle vraiment importante dans ton travail ? Avec toutes les release party, les journées d’interviews,… cela doit être un peu complexe à gérer, non ? 

Sarah : On va dire que cela a toujours fait partie de mon travail même si on organise moins de concerts aujourd’hui, qu’avant. Concernant les journées d’interviews, je commence à en organiser quelques unes oui, et ça me plaît, parce que comme je te disais, j’ai toujours aimé organiser et gérer des évènements, voire même apporter mon aide pour des évènements exterieurs à Dooweet. De plus j’aime être sur le terrain, tu as peut être du le voir lors de  la journée presse du Cernunnos haha 😉 alors…

eMaginarock : Quel est ton dernier coup de cœur musical parmi les groupes que tu défends ? Et parmi ceux que tu ne défends pas ?

Sarah : Mon dernier coup de cœur parmi les groupes que je défends est  COTTON BELLY’S, un groupe de blues folk qui commence a acquérir une bonne notoriété dans la scène  autant auprès du public, que des médias. C’est un groupe qui dégage une belle énergie sur scène et qui donne envie de les suivre.

Et mon dernier coup de cœur parmi ceux que je ne défends pas c’est The Great Old Ones. Leur univers musical me plaît beaucoup et me correspond bien. Les pochettes d’albums ainsi que leurs couleurs sont belles, et j’apprécie l’atmosphère qui se dégage de leur projet en général.

eMaginarock : Merci d’avoir répondu à mes questions et à très bientôt au détour d’un concert !

À propos Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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