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Entretien avec Fabien Cerutti, auteur de la saga Le Bâtard de Kosigan

fabien ceruttieMaginarock.fr : Bonjour Fabien, et merci de prendre le temps de répondre à ces quelques questions. Pourrais-tu d’abord te présenter à nos lecteurs et nous expliquer comment tu en es venu à l’écriture ?

Fabien Cerutti : Toujours délicat de se présenter, pour faire simple disons que je suis lecteur de littératures imaginaires et joueur de jeu de rôle depuis le dernier quart du XXème siècle, et que, par ailleurs, l’agrégation d’histoire a achevé de compléter mes inspirations. Quant à ce qui m’a amené à l’écriture, le chemin fut long et tortueux : j’ai commencé très tôt (au lycée) mais sans réellement chercher à aboutir à quelque chose de concret ; plus récemment (entre 2002 et 2008) je me suis lancé bénévolement dans la réalisation de six scénarios informatiques pour le jeu PC Neverwinter Nights narrant les aventures de mon Bâtard de Kosigan (chacune de ces histoires représentait en terme d’écriture l’équivalent d’un roman) ; puis j’ai tenté l’aventure en BD (avec un scénario original qui, finalement, n’a jamais été dessiné), avant de finir par me dire qu’on n’était décidément jamais mieux servi que par soi-même et d’attraper une plume et un ordinateur pour un face à face de longue haleine.

M.net : Le Bâtard de Kosigan connaît un franc succès, tant au niveau critique qu’au niveau des lecteurs. T’attendais-tu à une telle réception lorsque tu écrivais L’Ombre du pouvoir ? Comment l’as-tu vécue ?

F.C. : En ce qui concerne le premier épisode (L’ombre du pouvoir), je ne l’ai pas écrit à l’origine dans le but d’être publié. En fait, c’était plutôt à destination de mes enfants (pour leur laisser quelque chose à lire de moi pour plus tard, quand ils auront l’âge de tout cela) et aussi pour mes parents (pas du tout adeptes de fantasy ou de SF, et à qui je voulais ouvrir les yeux) ! Être édité s’est donc déjà révélé une très belle victoire. Les nominations qui ont suivi (prix Imaginales 2014 et prix Elbakin 2014) puis le succès (prix Imaginales des lycéens 2015, prix Futuriales 2015) m’ont procuré une nouvelle dose de joie intense, une sorte de reconnaissance « officielle » qui fait du bien et encourage à continuer.

De plus, j’ai découvert sur les différents salons un milieu où les gens sont globalement (très) sympathiques et (extrêmement) accessibles.

En revanche, je suis un peu déçu par les débuts en terme de diffusion du tome 2 : la totalité des chroniques qui le commentent affirment qu’il est aussi bon, voire meilleur, que le premier opus…et pourtant il n’est pas encore très lu. Il paraît que pour un second épisode il faut davantage juger sur la durée…Si ce n’est que sur la durée, on oublie le livre et il disparaît des tables et des librairies. C’est très frustrant et pour résumer : lisez-le avant qu’il n’y en ait plus ! 🙂

M.net : Parlons un peu des romans. Tu nous proposes une version du Moyen-Âge totalement fantasmée où les Elfes et les Vouivres existent, alors qu’au début du XXième siècle cela a totalement disparu des tablettes de l’histoire. Est-ce ton côté prof d’histoire qui t’a inspiré ? De vieux rêves d’historien qui aimerait que l’époque médiévale ait été ainsi ?

F.C. : Oui, mon itinéraire en tant que professeur d’histoire joue sans doute un rôle important dans mes inspirations. Mais au-delà de cela, en tant que maître de jeu j’ai toujours apprécié le mélange entre histoire véritable et inventions imaginaires. En tant que lecteur mes livres préférés croisent eux aussi les genres et/ou les époques (Les princes d’Ambres de Zelazny, la saga des hommes dieux de Philip Jose Farmer, Les Dragons de Pern d’Ann Mc Caffrey etc). Et puis je suis tombé au milieu des années 2000 sur la série du Trône de Fer de Martin. Là j’ai retrouvé le goût de ce que moi-même j’appréciais dans mes créations imaginaires. Et cela m’a conforté dans l’envie de raconter mes propres histoires.

ombre du pouvoir

M.net : Au-delà de l’environnement premier du roman comment as-tu conçu ce personnage très atypique du Bâtard ?

F.C. : J’aime les héros bien trempés (à l’image de Corwin pour Zelazny, de Serval dans les comics ou de Kirth Gersen pour Jack Vance), le mien est porteur d’un sang ancien dont il ignore tout et il est proche, en terme de caractère, d’un Miles Vorkosigan (Lois Mc Master Bujold), à la fois intelligent et charmeur. Pour autant ce qui le rend (à mon sens) si particulier, c’est surtout son côté humain : le lecteur peut fréquemment connaître ses pensées, ses plans, ses remords et ses regrets. C’est ce qui lui donne sa profondeur et cela sans avoir recours à des « trucs », comme celui de conférer absolument au héros une faiblesse (du genre accroc à une drogue, schizophrène, handicapé etc.). Une mode à laquelle je n’adhère pas réellement.

M.net : Tu as reçu, en juin, le Prix du premier roman des Futuriales d’Aulnay-sous-Bois. Comment as-tu vécu de moment ?

F.C. : Génial ! C’était fabuleux ! D’autant que je venais de recevoir le prix Imaginales des Lycéens quelques semaines auparavant (pour un roman qui, en plus, était résolument adulte). On ressent à la fois un sentiment de joie et de soulagement, comme une sorte d’aboutissement après tant d’années d’efforts et de travail dans l’ombre.

Les lumières s’éteignent bien trop vite mais, quoiqu’il en soit, cela reste un moment fantastique.

batard de kosigan 2

M.net : Maintenant, après deux tomes aussi réussis, tu es attendu au tournant par les lecteurs. Le troisième est-il en cours d’écriture ? Si oui que peux-tu nous en dire ?

F.C. : Je peux déjà dire que si le succès du tome 1 est effectivement acquis (merci à vous tous, valeureux lecteurs), celui du 2 reste pour l’instant très nettement à consolider. Si les lecteurs décident de me suivre, je serai ravi de continuer à leur conter les aventures de mon Bâtard de héros préféré (et je connais à peu près tout de l’histoire que je veux raconter : vous pouvez donc me faire confiance, elle ne faiblira pas)… En revanche, si ce n’est pas le cas, j’ignore si j’en aurai la possibilité.

Et pour ce qui est du 3, je me laisse un peu de répit avant de m’y mettre (je n’ai qu’une douzaine de pages pour l’instant). Il se déroulera dans la principauté de Cologne en plein Saint Empire romain germanique et le Bâtard de Kosigan sera pris entre le marteau des sorcières et l’enclume de l’Inquisition.

M.net : Seras-tu présent prochainement sur des salons ? Si oui lesquels ?

F.C. : Le prochain à être programmé se déroulera fin novembre à Sèvres. Les Utopiales (fin octobre) m’auraient bien plu, d’ailleurs si les organisateurs lisent ces lignes qu’ils n’hésitent pas à me contacter… 🙂 

M. net : Merci Fabien pour toutes ces réponses et à bientôt pour de nouvelles aventures !

F.C. : Merci à vous et à bientôt j’espère !

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A propos de Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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