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En route pour Pirates des Caraïbes 5! La Fontaine de Jouvence épisode 4

 

Une flotte espagnole est lancée dans une course pour retrouver la fontaine de Jouvence, que convoite également le capitaine Jack Sparrow. Privé du Black Pearl, il monte à bord du Queen Anne’s Revenge, le navire de Barbe Noire et de sa fille Angelica. Les premiers arrivés pourront obtenir la vie éternelle.

Pirates des Caraïbes est devenue une franchise qui rapporte beaucoup d’argent aux studios Walt Disney et au producteur Jerry Bruckheimer. Dans l’optique de sécuriser cette manne financière, la production a rapidement mis en chantier un quatrième épisode qui réunit toutes les parties prenantes des films précédents, mais mettra finalement quatre ans à le sortir en salle. Seul changement : le réalisateur Gore Verbinski est remplacé par Rob Marshall, soldat aux ordres. La Fontaine de Jouvence (On Stranger Tides en VO) démarre sur ce postulat, mais échoue à poursuivre la saga dans le bon sens.

La première déconvenue vient du titre. Le curieux des littératures de l’imaginaire aura sans doute fait le lien entre le titre original du film (On Stranger Tides, qui aurait dû être traduit en Vers des mers plus ignorées en français) et roman homonyme de Tim Powers. Divertissement enlevé mâtiné d’idées géniales, il fut l’inspirateur de créations incroyables, dont la plus célèbre est la série de jeux vidéos Monkey Island.

La production a d’abord assumé cette filiation avant de s’en détourner. C’est normal : à un ou deux décors et costumes près, quelques vagues éléments scénaristiques mal digérés, le film n’a aucun lien avec le livre. Voilà qui résume assez bien les promesses déçues de Pirates des Caraïbes 4, dont l’ambition va se retrouver constamment bridée par la peur d’égarer le public. À la trappe donc la modeste motivation de développer un univers de Pirates Fantasy avec un peu de volonté mythologique.

 


Autre souci, plus grave : la Fontaine de Jouvence échoue à être divertissant. Pourtant, le film débute bien avec l’évasion de Jack Sparrow d’Angleterre, l’occasion de retrouver Captain Jack, ses facéties et son côté too much. Le plaisir de suivre le personnage est intact et reste le seul intérêt de cet épisode.

La deuxième séquence réussie est l’attaque par les sirènes de l’équipage de Barbe Noire. La scène déjoue le cliché de la sirène séductrice au profit d’une version bien plus violente. Impressionnante visuellement, elle insuffle dix minutes d’action dans un style proche de la scène des pirates squelettiques de la Malédiction du Black Pearl.

Malheureusement, rien ne viendra égaler cette séquence par la suite. Les combats sont ternes et le final n’a aucune intensité dramatique, car le scénario hésite constamment sur les personnages à mettre en avant (le duo la sirène/le pasteur, Jack/Angelica, Jack/Barbe Noire).

 

Les acteurs sont à l’avenant. Si Johnny Depp se montre toujours amusant, il apparaît enfermé dans le rôle, presque en pilotage automatique : à ce stade de sa carrière, il est abonné à ce type de personnages maniéré et exubérant (Alice aux pays des Merveilles et Dark Shadows notamment). Parmi les survivants de la franchise, Geoffrey Rush (Barbossa) et Kevin McNally (Gibbs) n’ont rien à jouer ou presque. On regrettera cette décision d’écarter l’équipage du Black Pearl, qui apportait une continuité bienvenue dans les précédents opus.

Les nouveaux venus sont également mal lotis. Pénélope Cruz ne démérite pas, mais est enceinte au moment du tournage, ce qui empêche bien vite tout plan un peu élaboré (hors doublure, bien visible malheureusement). Ian McShane est un excellent Barbe Noire, toutefois il n’a que peu de moments pour se mettre en valeur. Le duo de jeunes acteurs (Sam Claflin et Astrid Berges-Frisbey) est dans le même cas, malgré le potentiel dramatique intéressant derrière l’amour impossible entre un prêtre et une sirène, sujet survolé dans le film comme bien d’autres choses.

 

L’équipe technique est elle aussi sous-exploitée. Le réalisateur Rob Marshall illustre platement le récit. Verbinski avait réussi quelques beaux plans, des ambiances évocatrices, des scènes bien mises en valeur par le travail du directeur de la photographie Dariusz Wolski. Ici, le peu de séquences réussies est surtout le fait d’ILM (voir plus haut).
Musicalement, Hans Zimmer écrit de nouveaux thèmes (Barbe Noire, Angelica, les sirènes), mais échoue totalement à maintenir la cohérence musicale de la saga. Aux réutilisations malheureuses de pistes entières des trois premiers opus s’ajoutent les contresens flagrants (exemple du thème de Beckett/la compagnie des Indes désormais assigné à Barbossa). Zimmer a renoncé, après cette expérience délicate dictée par la production, à participer à la suite.
Conclusion
Pirates des Caraïbes 4 : la Fontaine de Jouvence est donc un échec. Trop timoré, peu divertissant, il ne fait nullement fructifier les bases posées par les opus précédents. Pourtant, le film a gagné plus d’un milliard de dollars au box-office, c’est un indéniable succès commercial. Et après 6 ans d’attente arrive le cinquième épisode…

 

Pirates des Caraïbes 4 : la Fontaine de Jouvence

Réalisé par Rob Marshall

Avec Johnny Depp, Geoffrey Rush, Kevin McNally, Penelope Cruz, Ian McShane

Disponible en DVD et bluray

About Kevin

Passionné d’imaginaire, Kevin lit, voit et assiste à pas mal de choses. Il partage ses découvertes et aime repartir vers le passé, le temps d’une chronique ou d’un article.

Depuis 2008, il joue aussi les scribouilleurs amateurs chez Rivière Blanche (Dimension Ecologies Etrangères), Malpertuis (Malpertuis VI) ou les éditions Mots & Légendes où son premier roman de Fantasy débarquera courant 2017.

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