
Peux-tu brièvement te présenter et nous expliquer comment tu es devenue autrice ?
Je suis Joannie, née avec un trop plein d’imagination à Moyeuvre-Grande, en Moselle. L’envie d’écrire est survenue lorsque j’étais enfant, tandis que je rédigeais le journal de bord de mes aventures imaginaire. Au fil des années, ce journal a pris de telles proportions qu’à onze ans, j’ai eu envie d’en faire un roman. J’ai commencé à publier mes premières histoires sur Skyblog dans les années 2006 avant de remiser le tout pour des raisons professionnelles et familiales. Après des années à ne griffonner plus que de petites scènes isolées, le besoin viscérale de faire quelque chose de cette passion m’a frappé, et c’est ainsi que j’ai ressorti le manuscrit d’Heltone.
Pourquoi partir sur un dystopie post-apo ? Tu as une affection particulière pour ce genre ? Et comment l’as-tu préparé avant l’écriture ? Combien de cahiers cela t’a demandé ?
La dystopie post-apo s’est imposé à moi sans que j’y réfléchisse vraiment. Je me suis laissé porter par mes personnages et par ma passion pour l’urbex et les échecs de l’humanité. Mais j’avoue avoir été beaucoup influencée par le design du manga Gunnm de Yukito Kishiro, ainsi que par la franchise vidéo-ludique Fallout. J’ai ensuite conçu la saga à l’instinct au fil de l’écriture d’Alliances, tout en enrichissant la trame de faits de sociétés et de projections politico-sociales. On ne peut pas dire que j’ai noircis beaucoup de cahiers de toutes ces recherches car je suis du genre à vite les égarer. Non. Tout est gravé dans mon esprit et sur quelques fichiers Word.
Pour un premier roman on peut dire que ton éditeur, Ymesia, t’a gâtée : grand format, jaspage, couverture totalement dans le thème. As-tu participé à la conception technique du livre ? Et comment t’y es-tu prise pour rejoindre cet éditeur ?
Effectivement j’ai été très gâtée, et je crois que aucune autre maison d’édition n’aurait su en faire autant.
J’ai rejoint Ymesia sur les conseils d’une amie ayant vu l’appel à texte des deux fondatrices sur leurs réseaux sociaux. Je leur ai donc envoyé mon manuscrit un peu à l’aveugle car, à l’époque, la maison d’édition n’existait pas encore juridiquement. Je n’en connaissais ni le nom, ni le fonctionnement, et il n’y avait aucun catalogue pour me donner une idée du soin qui serait apporté aux ouvrages publiés. C’était donc un gros coup de poker, mais je ne regrette rien.

Pour le livre-objet, j’ai eu la chance inouïe d’être consultée par Ymesia à chaque étape. J’ai pu donner mon avis sur la couverture et suggérer des modifications sur chaque sketch réalisé par Sini.pnj, tout comme j’ai pu choisir les illustrations de chapitrage conçues par Louise Carel. En somme, j’ai pu mettre mon grain de sel un peu partout à chaque instant. Un privilège que je n’aurais sans doute pas eu chez d’autres éditeurs plus traditionnels.
Question subsidiaire : pourquoi ce patronyme pour ton antagoniste ? Une raison particulière ?
Pourquoi le nom Félix-Caïn ? Ça ne s’explique pas vraiment. Certains personnages vous viennent à l’esprit avec un physique, une personnalité, et leur carte d’identité en poche. Pour la métaphore, ça s’est passé un petit peu comme dans le dessin-animé Kirikou : « Mère, enfante-moi ! Je m’appelle Kirikou ! ». Et voilà ! Bon nombre de mes personnages sont d’ailleurs née ainsi, de manière totalement autonome, sans que j’aie mon mot à dire sur quoi que ce soit. Et qui suis-je pour les contredire ?
