Un roman terriblement passionnant proposant un univers des plus divertissants.
L’encre ne sera pas la seule à couler.
Dans les landes du Yorkshire, loin de tout être humain, se cache une Famille au régime alimentaire peu commun. Vivant en autarcie et cachant sa véritable nature aux yeux du monde, elle se repaît de livres plutôt que de nourriture humaine. Les romans d’espionnage sont épicés, les romans d’amour sucrés, manger une carte peut les aider à se souvenir de destinations, et les enfants désobéissants doivent ingurgiter les pages sèches et moisies des dictionnaires.
Les femmes mange-livres étant rares, elles sont nourries de contes de fées jusqu’à atteindre l’âge de procréer. Mais bien que ce soit son destin, Devon Fairweather ne peut s’empêcher d’avoir faim d’autres intrigues. Alors, quand elle tient son fils dans ses bras pour la première fois, le cours de son histoire change.
Car, pour assouvir sa faim, Cai ne réclame pas de livres : il est affamé d’esprits humains.
Un univers innovant
La manière dont Sunyi Dean vient intégrer les mange-livres, et l’ensemble de leur univers dans notre société est vraiment passionnant. En effet bien que vivant en marge de la société ils s’y intègrent en partie, profitant pour certains de la technologie. Mais comme ils sont parfaitement construits, de même que leur société, l’autrice fait en sorte qu’ils ne deviennent pas des éminences grises surpuissantes. Non, ils sont dépourvus d’imagination, ne parviennent pas à écrire… La manière dont leur société est construite avec les familles, les Chevaliers et le Dragons ajoute un sel non négligeable à l’ensemble. Et l’autrice vient saupoudrer tout cela d’une très intelligente pincée d’horreur qui vient épicer le tout.
Un scénario parfaitement travaillé
Le scénario proposé par l’autrice est particulièrement travaillé avec un système de flashback très bien construit. En effet le lecteur en apprend autant sur le passé de Devon que sur la manière dont la situation présente évolue. Là où dans certains cas ces retours en arrière peuvent devenir lassant, Sunyi Dean parvient à nous proposer quelque chose d’intelligent, où le passé s’imbrique dans le présent et fait avancer l’histoire qui nous est contée. Et la manière dont elle distille ses bascules, réservant quelques belles surprises, fonctionne parfaitement.
Une héroïne attachante
Devon fait partie de ces héroïnes que l’on a envie de suivre. En effet elle est à la fois innocente et forte, prenant, au fil des chapitres du passé, conscience de ce qui se déroule autour d’elle et gagnant en résilience. Le présent démontre que son évolution l’a rendue plus dure vis-à-vis de la société des Familles, mais qu’elle n’en garde pas moins sa boussole morale bien orientée. Et la fin du roman, ainsi que la manière dont elle évolue dans les derniers chapitres, fonctionne impeccablement et vient terminer sa construction.
Les Dévoreurs de livres est un excellent roman, prenant et que l’on dévore avec grand plaisir. Sunyi Dean nous propose un univers étonnant avec ses Familles et leur système, tandis que son héroïne et son fils sont les protagonistes rêvés de ce roman. J’ai vraiment hâte de voir ce que cette autrice pourra proposer par ailleurs, tant son. Imagination visiblement débordante a su me séduire, tout comme sa plume à la fois fluide et agréable.
