On dit que certains liens sont immuables, et que l’oubli a toujours un prix.
Data scientist rationnelle, allergique aux prophéties comme aux souvenirs trop lourds, Moira n’a jamais cru aux dons de voyance de sa mère. Alors, à sa mort, elle n’a plus qu’une obsession : sceller à jamais la porte de l’agence de médium qui l’a vue grandir.
C’était sans compter sur un objet étrange abandonné là… À son contact, les sensations affluent : des fragments du passé reviennent, précis, troublants, incontrôlables. Hallucinations ? Malédiction ?
Lorsque surgit un duo énigmatique – un vieil homme au sourire démesuré, accompagné d’une adolescente à la pâleur spectrale –, les certitudes de Moira vacillent. Qui était réellement sa mère ?
Au croisement entre le Réel et la Mythologie.
Une fois n’est pas coutume, on commence à retrouver des thèmes communs dans le choix de mes livres à chroniquer, j’ai nommé : la deuil, la mémoire et le voyage dans le temps ! À la différence que cette fois ci, on rajoute un nouvel élément, qui n’est pas pour me déplaire : la Mythologie !
On suit en effet une jeune femme au tempérament rationnel, fille d’une médium grecque, et sommée de reprendre l’entreprise de sa mère, par deux entités frère et sœur du nom d’Agamida et Trophonios.
Si au début de ma lecture, je ne comprenais pas trop vers où l’histoire voulait m’emmener, quelques recherches m’ont permises d’éclairer la lanterne de ma curiosité (et de ma culture mythologique !)
Agamède, ou le génie mythologique face à la technologie humaine.
Même si de prime abord, ce personnage ne m’a pas paru particulièrement clair, c’est pour moi, celui qui permet de faire le plus gros parallèle entre la mythologie et la technologie !
Comment dépeindre le portrait d’Agamida, ici, représenté par une jeune fille à l’air taciturne et cynique, sans pour autant spoiler tout le livre ? Déjà pour en comprendre toutes les subtilités (ou en tout cas ce que moi j’en ai déduis), je pense qu’il est important de rappeler qu’Agamède et souvent représenté dans la mythologie grecque, comme un architecte/bâtisseur de génie et un représentant de l’intelligence technique. Or, dans ce livre, ce personnage permet de poser la question actuelle de la place des divinités, dans un monde où un simple écran dans notre poche, nous donne déjà accès à des pouvoirs surhumains.
Trophonios, ou la mémoire et le deuil.
Représenté par le grand frère un peu plus limité et maladroit dans le binôme qu’il forme avec Agamida, dans la culture grecque, Trophonios est le représentant de la connaissance profonde et dangereuse, ainsi que de la frontière entre la vie et la mort, la conscience et l’inconscient. Ici, dans un livre qui parle du deuil maternel, ce personnage permet à Moïra de s’intéresser au vécu de sa mère, et de comprendre tous les enjeux derrière son propre héritage.
En combinaison avec Agamida, le binôme questionne donc le lecteur à différentes échelles, autant sur la mémoire, que sur notre place sur terre, et notre utilisation technologique.
Des personnages qui manquent parfois de réel.
Si les deux entités grecques ne m’ont pas dérangé au cours de ma lecture, alors qu’ils sont quand même relativement particuliers, en revanche, j’ai été un peu sortie de l’histoire par les personnages censés être réels. En effet, notre protagoniste est accompagnée de plusieurs amis/collegues, et tous sonnaient un peu trop faux à mon goût. Trop clichés, trop « spéciaux », trop stéréotypés, bref trop… Trop ! J’ai trouvé paradoxal que Moïra fasse un rejet complet du côté un peu « perché » de sa mère, mais s’entoure d’amis, encore plus what the fuck qu’elle, chacun a des manières diamétralement opposées. C’est une petite fausse note pour moi, mais qui ne m’a pas empêché d’aller jusqu’au point final malgré tout !
Le *Mo’* de la fin ?
En résumé, c’est une œuvre qui sort de ce que j’ai l’habitude de lire, et qui m’a à la fois happée et perdue par moment, de par son originalité ! Je pense quand même qu’il faut avoir un minimum d’attrait pour la mythologie grecque, sinon on risque de passer complètement à côté du propos. Et même si à plusieurs reprises je me suis surprise à me dire « mais qu’est-ce que je suis en train de lire ? », je dois reconnaître que le dernier chapitre m’a convaincu que c’était un bon premier livre !
