Fuir pour mieux se retrouver.
Rejeté par la société et ceux qu’il aime, Ainosuke est un jeune homme qui vit mal sa différence, menant une vie sans but ni motivation. Un soir, il se retrouve face à une adolescente le suppliant de l’aider à échapper à un homme qui la poursuit. La jeune fille n’est autre que Karen Asahina, une idole très populaire qu’Ainosuke admire. Dans un élan d’altruisme, il accepte de lui tendre la main mais ne se doute pas que ce geste changera leur vie et scellera leur destin…
Les normes sociétales
À travers cette short story en deux tomes, Kira Ito veut frapper vite et fort. Instantanément tous les clichés et standards de la société patriarcale et nippone en général sont pointés du doigts. Marché dans le droit chemin sans faire de bruit, respecter son prochain, poursuivre le chemin tracé et choisit par le père de la famille etc. Un mode de vie sociétal japonais que l’on connait et qui fait aussi leur réputation avec leur grand respect du prochain et des valeurs qualitatives pour la propreté et le dévouement à son travail.
Mais l’envers du décors est plus que pointé dans cette histoire avec par transposition, la mise en avant que la défiance et le fait de sortir des standards est très mal vu au Japon. L’homme est « maitre ».
Vivre pour soit
Mais ce cadre ci, c’est place à la rébellion et l’acceptation de soit. Il n’est pas lieu de parler de cosplay avec maquillage etc, mais de coming out, tout en tenant ce « paradoxe » si l’on puis dire d’homme gay amoureux d’une idole féminine. Pas de résilience, mais une volonté de s’affirmer et de prise de conscience que l’on avance pour soit et non pas pour les autres.
Une conceptualisation qui a pris encore plus de place depuis la crise du COVID 19, et où les jeunes veulent s’affirmer librement et ouvertement sans pour autant être jugé.
Noir et/ou blanc
A travers cette ambiance sociale actuelle, Kira Ito met aussi en place une romance entre un garçon gay et une jeune fille exploitée (que ce soit pour le côté visible avec le marketing, les ventes etc, mais aussi en dénonçant les fameuses ‘promotions canapé’ par exemple; et une relation entre amour et révolte entre un père et son fils, l’un policier faisant respecter l’ordre et la justice, et l’autre qui se rebelle, devient un meurtrier par la force des choses. Des oppositions parfaitement mises en relation à travers un scénario bien ficelé. Simple en soit, mais efficace, appuyé par un style graphique léger et travaillé à la fois.
Ce mélange de prise de conscience et le fait de pointer du doigt certains points sensibles actuels donnent à cette première moitié de l’aventure l’envie au lecteur de découvrir la seconde partie (et donc conclusion) tout en évitant les révoltes et les ‘oh scandal’ de ces sujets controversés.
