Les éditeurs de l’imaginaire : Les Editions Organic

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Li-Cam nous parle des Editions Organic. L’historique est assez long, car ils ont commencé en 1987, c’était alors un label de musique qui publiait essentiellement de la musique expérimentale. En 2001, leur distributeur, La Baleine, les a lâchés. Il a fallu arrêter la musique et, comme ils étaient tous des gros lecteurs et qu’il y avait parmi eux des plasticiens, des musiciens, des auteurs dans le collectif, ils ont décidés de faire des livres. Mais des livres un peu particuliers parce qu’ils venaient du monde de la musique et des arts plastiques et tous étaient fans des livres du Rouergue, par exemple, ils achetaient beaucoup de livres pour enfants, car l’aspect visuel les attirait, mais les textes étaient bien en dessous de ce qu’ils souhaitaient trouver. Ils se sont alors dit qu’il fallait créer des livres illustrés pour adultes avec une démarche un peu particulière dans le sens où ils voulaient commencer par l’image et illustrer le travail de plasticien, pas au sens d’illustrateur mais celui d’artiste plasticien, par des mots. La ligne éditoriale de la collection Petites Bulles d’Univers est donc à l’inverse de ce qui se fait habituellement en partant du travail d’un artiste qui peut proposer jusqu’à vingt ou trente œuvres et ensuite ce travail est envoyé à un écrivain qui doit s’inspirer de l’univers pour écrire une nouvelle. Ce sont des nouvelles graphiques. La collection Petites Bulles d’Univers est le point de jonction entre plusieurs univers : l’univers d’un auteur, l’univers d’un plasticien et aussi l’univers d’un infographiste qui vient au final faire le lien entre le texte et l’image. La collection a commencé en 2004. Vu le travail que cela demande, c’est au rythme d’une petite bulle par an que les titres sont publiés. Autant pour un auteur l’écriture d’une nouvelle peut prendre d’une semaine à un mois, autant pour un plasticien cela peut représenter un à deux ans de travail parce qu’il y a des sculpteurs, des peintres.

bobothLes Editions Organic viennent de sortir leur huitième Petites Bulles d’Univers. Il s’agit de Boboth La machine à rêver, c’est une suite de La petite Bébeth qui était la troisième petite bulle. Comme cette dernière, cet ouvrage a été réalisé avec la plasticienne Laura Vicédo qui travaille des sculptures à partir de matériaux de récupération, le texte est de Li-Cam. C’est l’histoire d’une petite fille qui a des troubles autistiques et qui, dans le premier, s’inventait tout un monde avec ce qu’il y avait dans la poubelle de sa maman, alors que dans celui-ci elle s’ouvre un peu au monde adolescent et elle commence à essayer de se faire des amis. Cependant, elle se sert encore de son univers imaginaire pour faire que les gens s’intéressent un peu à elle. Elle s’en sert à la fois comme bouclier, mais également comme amorce pour la relation. La conception graphique est cette fois encore confiée à Philippe Aureille.

Pour la suite, ils se sont fixé un thème, cette fois-ci ce sera sur la musique et ils reviendront ainsi à leurs premières amours avec un livre-CD. Ils ont déjà la musique, avec des artistes qui étaient produits à l’époque par le label Organic. En revanche, ils sont actuellement à la recherche d’un auteur et d’un plasticien qui peuvent s’imprégner de la musique et commencer une histoire. Certains des morceaux sont déjà mis en mots, ce sont des chansons et il y a déjà un début d’univers par rapport à ces chansons. Il faut que le plasticien s’en empare pour produire des œuvres et que l’auteur arrive à introduire les chansons dans le texte. Ce sera long et ce ne sera pas avant l’an prochain.

Organic_1Vous pourrez les retrouver à Paris, à la boutique Akiza, le dernier week-end de juin. Ensuite ils participeront aux Rencontres Brel du 16 au 21 juillet à Saint-Pierre de Chartreuse près de Grenoble et après il y aura Les Rencontres de l’imaginaire de Sèvres (92) en décembre.

Chris

Chris a toujours apprécié les littératures de l’imaginaire, mais il lit également d’autres genres pour son plus grand plaisir. Il préfère le terme de critique à celui de chronique qui lui semble toujours trop consensuel. Non qu’il dise systématiquement du mal des auteurs, mais quand il tient une bonne daube ou une resucée maladroite alors il laisse la plume glisser dans de bien sombres humeurs. Comme tout lecteur passionné – ça lui arrive parfois – il n’aime rien tant que de devenir festivalier et d’aller à la rencontre des auteurs. Chris participe de temps à autre à des appels à texte et s’intéresse depuis peu à la photographie, histoire d’apprendre à cerner l’essentiel d’une situation comme d’un lieu. Enfin, il aime plus que tout le transgenre et espère avec une certaine impatience pouvoir être à l’origine de la découverte d’un auteur qui aurait l’audace d’écrire un roman policier avec des sorcières, des mutants et bien entendu quelques créatures extraterrestres aux mœurs exotiques, à défaut d’être douteuses.

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