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Live Report Shaka Ponk – Arena, Paris – 23/03/2018

Me voilà ce soir dans les gradins d’un Bercy qui se remplit peu à peu. Comment ça Bercy ça n’existe plus ? Oui bon, la salle s’appelle l’Arena mais je m’y fais toujours pas. Là n’est pas la question, parce que la vraie question est ce qu’il passe sur scène ET dans la salle. Voici un petit compte-rendu de cette soirée mémorable, rédigé avec NokomisM (parce qu’on ne change pas une équipe qui gagne !).
Depuis le temps qu’on m’en parlait, il fallait que trouve l’occasion de les voir. C’est maintenant chose faite. Shaka Ponk est l’un des rares groupes à compter un membre virtuel et ça, c’est pas donné à tout le monde. Goz le singe est de la partie ce soir, pour un show… explosif ! A l’occasion de The Monkadelic Tour, la tournée promo pour leur sixième album The Evol, les rockeurs français ont posé leurs flights cases à Bercy pour deux jours de folie.

Avant 2h30 de show complètement dingue, je découvre le duo ALB. Deux musiciens ovnis qui tentent de nous entraîner dans leurs univers geek mêlant Pop, Rock et voix off mixée au synthé, à la manière de Yuksek, Jean-Michel Jarre et autres protagonistes du genre. Le duo rémois présenté ce soir est composé de Clément Daquin (clavier, chant, guitare) et de son batteur dont j’ai oublié le prénom (désolée !). La musique aux allures pop alterne différents styles comme le prog’ et l’électro, à travers des compos originales et personnelles, parfois dansantes, parfois mélancoliques, rythmées par des effets de lumière coordonnés.

Le set de 30 minutes est agrémenté d’effets sonores pour nous en mettre plein les oreilles et plein les yeux, à tel point que les instruments changent eux aussi de couleurs tout le long de la prestation. A la moitié du set, le chanteur demande au public de créer un ciel étoilé à la lueur des portables. C’est vrai que c’est joli et que ça donne une valeur ajoutée, mais j’ai comme l’impression que la sauce ne prend pas vraiment avec leur auditoire ici-présent.

Clément Daquin, le multi-instrumentiste créatif, n’hésite pas à mettre en avant ALB en tant que première partie et tente de faire participer une audience relativement calme pendant le quatrième morceau mais semble abandonner rapidement, par manque de temps ou de motivation, on ne sait pas vraiment. Un solo de batterie complète le set pendant quelques instants, mettant en valeur les compétences rythmiques de ce jeune musicien, qui est loin d’être mauvais.

Noko relève cependant quelques (petits) bémols lors de cette prestation :
Point négatif et pas des moindres, qui n’est aucunement dépendant des artistes : le Palais des Sport n’est effectivement pas une salle de concert, et malgré le prix des billets nous sommes placés assez loin de la scène, malheureusement un peu trop pour pouvoir profiter pleinement des effets visuels proposés par le groupe. A défaut, je me rabats sur le spectacle de lumières des spectateurs qui font danser les loupiotes de leurs téléphones en rythme, c’est très joli.

En résumé, ALB est à découvrir pour les fans d’electro-pop qui veulent nourrir leurs oreilles et leurs yeux de nouvelles choses musicales bien faites.

Après une vingtaine de minutes d’entracte, je découvre l’univers fou des punkers de Shaka. Le premier morceau du set est totalement explosif, à l’image du groupe, dès lors que Frah se jette littéralement dans le public. Sa notoriété de slameur inconditionnel le précède, dès le second morceau, et je peux maintenant le confirmer.

Une histoire de Science-fiction bien amenée se matérialise en fond de scène, à travers un écran, qui présente des animations 3D et des décors de dingue, est en accord parfait avec l’esprit complétement givré du groupe. Des personnages humanoïdes aux allures de futur proche, plus vrais que nature, dansent au son des morceaux. D’autres fois, des motifs hypnotiques se déploient comme des kaléidoscopes de toutes les couleurs. On retrouve à plusieurs reprises l’image de Goz, le singe barré, devenu l’emblème du groupe au fil des années. La prestation est énergique et puissante dès le début et ça donne envie de taper du pied. Dommage que le son ne soit pas à la hauteur, en effet les parties chant sont parfois mangées par les parties instrumentales. On aura qu’à dire que c’est l’effet « gradins loin de la scène ». La fosse se transforme en dancefloor, bercée par le rythme des baguettes de Ion, le batteur effréné. Les ingénieurs des lumières ont de quoi s’amuser ce soir et ils le vivent plutôt bien, enfermés dans leur régie XXL, ils profitent pleinement des jouets mis à leur disposition et ça fonctionne, et plutôt bien même ! J’ai tendance à râler sur les jeux de lumière en général, mais là j’avoue que j’ai rien à redire là-dessus. Entre les flashs énergiques et rougeoyants des chansons qui bougent, les éclats de lumière façon boîte de nuit et les atmosphères plus douces, plus tamisées des morceaux calmes, on en prend plus les yeux. Non rien, ne cherchez pas. C’est d’ailleurs un des éléments qui fait partie intégrante du show et c’est beau.

Il se passe beaucoup de choses sur la scène et les musiciens de Shaka Ponk arrivent très bien à diriger le regard et l’attention où ils veulent, quand ils veulent. Le raccord entre le vrai et le virtuel est parfait. Du moins, de là où je suis, je suis bluffée. Ils savent de quoi ils parlent les Shaka et ils ont très clairement le contrôle de l’Arena ce soir.

Leurs univers est très représentatif de leurs diverses influences et il me semble reconnaître à un moment des riffs du groupe Nirvana, repris à la sauce Shaka. Perso, je l’aurais pas fait comme ça mais… ça marche. Et quand ça marche, il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin. D’ailleurs, Frah s’en fait un chemin, à travers la foule, sans hésiter, il descend de scène, traverse cette foule hystérique sur quelques mètres pour rejoindre un podium situé à mi-chemin en la scène et la régie. De là, il possède désormais une vue à 360° sur son arène et ses fans. Comme si, depuis tout ce temps, ces derniers attendaient ce moment. Le chanteur organise très rapidement un circle pit qui fait globalement, une bonne moitié de la fosse. Assez impressionnant quand même. Mais ça ne s’arrête pas là, puisqu’il a décidé qu’il était mieux dans la fosse que sur la scène, Frah se fait transporter jusqu’aux gradins en face des miens, par une vague de bras. Ainsi porté jusque-là, il monte quelques marches et débute le morceau suivant. Il donne la réplique à Samaha Sam, la chanteuse punkette, qui a rejoint le podium du milieu de fosse sans que je l’ai vue venir. En résumé, une reprise de Nirvana par Shaka Ponk, c’est un chanteur dans les gradins et une chanteuse au milieu d’une fosse. Et puis après tout, c’est normal : la complicité entre les chanteurs et le public est absolument bluffante. L’un comme l’autre donnent tout sur scène, haranguant la foule et les exhortant à participer quand ils n’y prennent pas un bain. Et ça fonctionne : dans la fosse, les fans réagissent au quart de tour, chantant et sautant à tout va sur la demande des membres du groupe qu’ils sont venus voir. L’ambiance est électrisante.

Au bout d’une heure et demie, je commence à m’habituer à la folie furieuse du groupe. A tel point que lorsqu’ils ressuscitent sur écran Cobain, Prince ou Lemmy pour quelques battles effrénés, je me dis que c’est bien fichu. Comment ça je vous spoile ? Fallait être là, c’est tout. Vous pouvez vous en prendre qu’à vous. Moins fan du graphisme, je ne peux pas nier que les personnages sont ressemblant aux originaux et c’est un très bel hommage à ces artistes, très inspirants pour Shaka Ponk.

C’est bientôt la fin du set, et à vrai dire je n’ai pas vu le temps passer. Pas le temps de s’ennuyer ici. Le combo fou n’oublie pas de remercier longuement son public après son dernier morceau, avant de partir pour de nouvelles aventures scéniques.

Les médias ne mentent pas, une fois encore Shaka Ponk marque les esprits par leur énergie et leur créativité, en alliant parfaitement musique, vidéo et graphisme. La scénographie bien ficelée, la prestation du groupe complètement dingue et les effets de lights harmonieux, je peux affirmer que je suis ravie de les avoir (enfin) découverts en live. Petit bémol sur les arrangements son qui ont un peu mitraillé certaines compos.

Le mot de la fin de NokomisM :
Et, une fois de plus, la disposition mal adaptée du Palais des Sport m’aura gênée pour pleinement profiter du show. Etant donné l’importance accordée à l’univers visuel par Shaka Ponk, les voir de haut, de loin, sur le côté avec le grillage de protection du balcon devant les yeux gâche quand même la prestation. Et ce n’est pas les petits écrans placés de part et d’autre de la scène qui rattrapent le coup… Il aurait peut-être été plus judicieux d’en placer de plus grands partant du plafond au centre de la salle (comme cela a déjà été fait pour d’autres concerts).

Malgré ces petits défauts techniques, on vous encourage vivement à les voir au moins une fois en live, juste par principe.
Merci à NokomisM de m’avoir fait découvrir Shaka Ponk et à notre photographe Lolo pour les jolies photos  😉

Photographie : Degemer-Photos

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A propos de Izzy

C’est l’histoire d’une fille qui n’a pas toute sa tête… Passionnée d’arts graphiques et de littérature fantastique, issue de diverses formations artistiques et amoureuse de la musique depuis belle lurette, elle cherche à faire partager ses passions à travers des productions de concerts. C’est ainsi qu’en 2012 elle crée une association de production de concerts indépendante sur la capitale, Extrême Factory. En parallèle, elle est chroniqueuse pour différents webzines musicaux et commence ainsi une carrière de schizophrène mélomane.

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