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Interview : Seven Ages


Salut les gars et merci pour cette interview ! Pour commencer, une question simple : pourquoi ce nom de groupe ?

Matt, chant/guitare : C’est tiré de la comédie de William Shakespeare « As you like it », donc en français, « Comme il vous plaira ». C’est tiré d’un des monologues de la pièce où le personnage parle des 7 ages de l’homme, Acte 2 scène 7. Cela vient juste après toute la métaphore du monde qui est une scène où nous sommes tous des acteurs qui font leur entrée et leur sortie. C’est toute une réflexion sur la dimension scénique de la musique, la connivence avec le public, la relation fusionnelle avec l’art. Et puis Seven Ages c’est efficace, c’est cool, on s’en rappelle.

Depuis quand le groupe existe-t-il ?

Matt : Le groupe en soi existe depuis le 5 Mai 2012 mais a été formé au complet en Septembre 2015.

Vianney, guitare : Donc ça fait 3 ans dans son itération actuelle et qui j’espère durera encore pour des lunes et des lunes…

Et quelles sont vos influences ?

Adrien, basse : Y a Queen, Queens of the Stone Age, Muse, Arctic Monkeys…

Matt : C’est très typé rock anglais. On est arrivés 10 ans trop tard, merde (rires) Mais c’est vrai que l’essence du projet repose vraiment sur ce côté britpop bien décapant, bien énergique. On essaye d’aller à l’essentiel tout en restant authentiques.

Vianney : Nous aimons la musique.

Adrien : C’est vrai que la musique c’est sympa.

Vianney : Enfin le mardi pas trop, mais sinon oui.

Kevin, batteur : Moi je regarde aussi du côté metal pour la batterie. Y a beaucoup de toms, de cymbales et de doubles pédales. Dans Seven Ages c’est plus sec, plus précis, épuré. On est moins dans une batterie mélodique, comme on peut avoir dans un groupe de métal où il y a une note particulière à chaque tom. Nous on est vraiment sur de la rythmique pure et dure. Sur la nouvelle setlist qu’on a travaillée pour faire à chaque concert, il y a plus vraiment de solo de batterie mais dans chaque morceau il y a des moments où on a chacun notre moment d’expression, basse/batterie ou batterie/chant… Ca permet de garder une partie individuelle pour chaque instrument.

Quelle est la genèse de l’EP I Don’t Mind ?

Matt : Avant de rentrer en studio, on s’est demandés si on tablait sur de nouveaux morceaux ou si on reprenait les morceaux qui selon nous sont les pistes qui définissent au mieux le projet, qui ont le plus de potentiel, que ce soit d’un point de vue commercial pour plaire aux fans et également pour intéresser les gens du milieu. Dans cette perspective, on a sélectionné les 4 morceaux et on a tablé plutôt sur la production que partir dans un nouveau processus de création musicale. On voulait vraiment retourner en studio, pour capter l’énergie qu’on retrouve sur scène et qui selon nous nous définit le mieux. On a vraiment mis l’accent dessus avec Raph, l’ingé son avec lequel on a travaillé.

On a bien mis le temps de mixer et de s’orienter dans la bonne direction, et de bien polir le truc, de l’enrichir au mieux. On avait pas mal de polyphonies au départ et au fil du mixage, on s’est dit « ah non on va peut-être le virer, là on va remettre la rythmique en avant ». Je crois que le maître mot c’était ça, l’essence, l’énergie de Seven Ages. On s’est dit qu’on était à un moment où il fallait faire table rase du passé, avoir une identité. Nous on fait ça, ça plait ou ça plait pas, tu choisis, mais nous on assume.

Quel est le mot clé de l’EP ?

Vianney : Energie ça marche bien. Pour rebondir sur ce que disait Matt, je sais pas si ça définit une fois pour toutes un type de chanson ou de son, mais à l’heure actuelle, c’est une bonne image de ce qu’on essaye de faire passer sur scène. L’énergie pour définir le disque, ça marche plutôt bien.

Matt : On a tablé sur la magie de l’efficacité. On enlève les fioritures qu’on pouvait retrouver sur les maquettes, on essaye vraiment de faire ressortir les éléments de chaque section, comme le disait Kevin tout à l’heure. La batterie ou la guitare qui emmène vers une section un peu barrée…

Adrien : C’est du rock à l’ancienne, au niveau de l’arrangement des morceaux. C’est vraiment le son brut, on occupe l’espace avec nos voix et nos instrus, sans mettre des synthés dans tous les sens ou mettre 5 ou 6 guitares qu’on aurait pas sur scène. C’est vraiment retranscrire au mieux le son qu’on essaye de véhiculer sur scène.

Matt : On s’est demandé ce qui ressemble le plus et ce qui nous ressemble le plus c’est brancher nos amplis et essayer de faire de la musique avec le moins d’artifices possibles.

Kevin : On sonne sur le CD comme on sonne sur scène, au moins les gens savent à quoi s’attendre.

Vous avez bénéficié d’un accompagnement scénique au Rack’am (Essonne), pouvez-vous m’en dire plus ?

Matt : On a collaboré pendant 6 mois, de Janvier à Juin, avec Yann Pincemin et le dispositif Mach 6, qui nous a gracieusement offert un accompagnement de coaching scénique. On a taffé 2 fois 2 heures par mois. On a senti un gros déclic et il nous a accompagné dans cette démarche d’essayer de recapter vraiment l’essence, l’énergie brute et primaire de chaque morceau. C’était vachement intéressant d’essayer de travailler sous cet angle-là, car dans les mouvements scéniques il y a des choses qui se sont dégagées. Et je pense que le lien entre les membres du groupe s’est vachement approfondi. Quand on se regarde jouer sur scène, les sensations que l’on ressent sont de plus en plus intenses.

C’était vraiment génial de travailler avec un mec comme ça. Il a écouté, il a regardé le projet et il a essayé de nous proposer des choses et de nous rediriger vers ce truc brute et primaire. On s’est posés la question au moment de l’enregistrement, « Côté US ou côté british ? ». La matière première tapait plutôt dans le british, ça correspondait plus. Il fallait prendre cette direction et ne plus se poser de questions.

Vianney : C’était aussi entrer dans le projet tel qu’on l’envisage à un moment donné. C’était intéressant d’à la fois travailler sur le disque et sur le live. Ça a vraiment fait une sorte de cercle vertueux. C’est utile de se poser la question et de savoir ce que ça fait de dire qu’on fait plutôt du rock, ou plutôt de la pop, de se dire où ça se situe. Car ça la fait résonner d’une certaine manière par rapport à nous et au public et ça permet de travailler concrètement dessus. Ça permet de faire évoluer cela ensuite. C’est le début d’un vrai projet artistique.

Adrien : C’est le reboot (rires)

Kevin : On repose les bases du groupe d’il y a 3 ans. Ce qu’on veut représenter aujourd’hui pour Seven Ages c’est cette image-là, c’est ce son-là, à ce moment donné.

Pouvez-vous me parler en quelques mots de chacun des morceaux de l’EP ?

You get me high :

Matt : Chacun a incarné une chanson sur l’EP. Le premier titre, c’est Vianney qui le joue à la perfection sur la jaquette… (en haut à droite, ndlr)

Vianney : On avait noté sur tous les morceaux du set des mots clés. Pour You get me high, j’avais parlé de sautillant et de joie. C’est peut-être le morceau ou il y a le plus d’énergie naïve sur l’EP.

Matt : Ce morceau-là, c’est l’optimiste et la naïveté de la jeunesse. C’est la joie de vivre.

Vianney : C’est notre morceau niais Coldplay quoi (rires)

Necropolis :

Kevin : Necropolis, c’est le morceau challenge niveau tempo, avec le tempo le plus soutenu de nos morceaux. C’est une ambiance un peu mystérieuse, sombre, inquiétante. Comme on le dit si bien, ça représente le mythe d’Orphée et d’Eurydice à la sauce Lovecraft. C’est le morceau qui a le plus d’ambiance dans les morceaux qu’on joue. En live on a même une introduction qui met en place l’ambiance.

Matt : C’est le morceau le plus pesant du CD, il y a une lourdeur rythmique incroyable et tu as la guitare de Vianney qui vient dans tout ça et qui nous embarque dans l’univers de la mythologie grecque avec toutes les histoires d’horreur de Lovecraft. C’est une période de ma vie où j’aimais bien Lovecraft. C’est très bien Lovecraft. C’est vraiment un livre qui t’embarque en trois lignes, il y a vraiment une magie tourbillonnante… C’est vraiment ce truc-là que je voulais retrouver dans le morceau, qui t’embarque dans un tour de bras.
C’est le seul morceau qui raconte une vraie histoire de A à Z. Les paroles sont vraiment très imbriquées. Ça parle du moment où Orphée remonte à la fin et ce con-là, il croit voir le soleil et ça ne l’est pas, il se retourne et il perd sa bien aimée. Il y a ce crescendo aussi au niveau de la musique qui suggère cette chute finale.

Fire :

Adrien : C’est un morceau qui dénote un peu avec les autres. On est sur un tempo qui est beaucoup plus bas, qui est assez standard dans la musique funk ou disco. C’est une grosse partie du morceau, très funk avec juste basse/batterie, mais en gardant un son très électrique et de la grosse disto très compressée. On arrive sur un refrain très percutant qui change complètement, plutôt rock. Ce morceau montre tous les univers musicaux qu’on peut aimer. Moi je suis un gros amateur de funk, je crois qu’on aime tous la funk au fond de nous…

Kevin : Ainsi se termine cette interview, « On a tous en nous quelque chose de funk » (rires)

Adrien : Et puis le morceau parle d’une fille qui met le feu autour d’elle, alors t’as envie d’aller tchatcher avec elle. C’est tout l’univers de la musique funk, beaucoup de chansons parlent d’amour, d’aller danser… De kiffer quoi.

Matt : C’est un des morceaux qui en toute modestie fonctionne le mieux sur scène. Déjà parce qu’il est en fin de set, mais aussi parce qu’il parle très rapidement au public qui se fait attraper au vol sur le refrain et qui a envie de gueuler avec nous. Il y a quelque chose de dansant, cette héroïne qui est mise en avant… Par contre tu as un petit décalage au niveau des paroles, car c’est un univers dystopique. L’histoire découle un peu de 1984 d’Orwell. La femme a le feu car tout le monde est sous contrôle et elle a conscience de ce qu’il se passe. Elle veut répendre le feu et que tout le monde ouvre les yeux. Il y a un côté fédérateur dans ce morceau, « Réveillez-vous et venez faire de la musique avec nous ».

I Don’t Mind :

Matt : Ce que j’aime bien dans ce morceau, c’est qu’il a vachement évolué au fil des années, car c’est notre plus vieux morceau. On était partis en Irlande avec Vianney, je l’avais écrit dans une auberge de jeunesse. Ce n’est pas un message je m’enfoutiste, c’est plutôt une éclosion artistique. C’est l’idée de préférer retourner aux sources. Y avait déjà cette essence-là mais on avait pas encore les bons gars et la maturité pour faire éclore cette idée. C’est pour ça que je parle de métamorphose car comment on la joue aujourd’hui, ça a rien à voir avec comment on la jouait il y a 5 ans, 2 ans… On a vraiment trouvé le déclic sur ce morceau.
Pour moi c’est un des plus iconiques et qui a le plus de potentiel commercial. Tu entends deux phrases et tu l’as dans la tête, ça fait la force du morceau. Il symbolise bien la recherche de l’énergie qu’on a sur tout le CD et qu’on cherche constamment à dégager sur scène. Ça rejoint l’énergie et le message optimiste de You get me high. Tu peux en prendre plein la tronche mais continue, fais ton chemin et te prends pas la tête.

Kevin : Le morceau a beaucoup évolué, on a notamment modifié le refrain, notamment sur la batterie pour laisser de la place au riff de guitare de Vianney. Le coaching nous a permis de faire des choix pour laisser plus d’espace à certains instruments à des moments clés. On a aussi enlevé des chœurs pour avoir un côté plus épuré.

Matt : Elle était plus glamrock sur les premières versions oui, elle avait des chœurs aigüs. Aujourd’hui on a un truc très épuré sur les couplets puis quelque chose de très ouvert, très stéréo sur le refrain avec des chœurs. On a un contraste qui fait mieux ressortir l’identité du morceau.

Que pouvez-vous dire sur le clip d’I don’t Mind justement ?

Vianney : C’est notre tout premier clip. C’est un clip ambiance live, on a fait du mieux qu’on pouvait pour retrouver ce truc-là, que ce soit dans la mise en scène, dans les lumières…

Matt : On s’est dit, première vidéo, on prend le morceau phare. Pour le clip on voulait être sur la même philosophie, un truc épuré, simple, efficace, qui nous ressemble. On se dit, « qu’est-ce qu’on défend le mieux ? ». Nous c’est notre identité scénique. Alors on est partis là-dessus. On voulait respecter la musique et se dire qu’avec le clip s’exprimera avec le beau travail des lumières, du montage, du bel endroit, mais aussi avec l’énergie même de la musique.

Quels sont vos prochains objectifs ?

Matt : Les prochains objectifs c’est de trouver des dates pour défendre l’EP. Je sais pas si on va se lancer à corps perdu tout de suite dans la recherche d’un label mais ça serait la conclusion. On va démarcher avec l’EP, la nouvelle identité qui va se profiler sur les réseaux sociaux et sur scène. On va chercher sur la région mais aussi des dates extérieures. On a un single aussi qu’on enregistrera je pense en début d’année 2019. On a déjà des petites nouveautés sous la main, on y travaille dans l’ombre… On va défendre l’EP sur scène, élargir la fanbase, approfondir le contact avec les pros.

C’est pour ça que pour la release party du 8 Novembre à la Dame de Canton on va inviter un max de pros, des journalistes, des chroniqueurs, des programmateurs… On a vraiment envie de le défendre à ce niveau-là, d’où le choix de la production pro plutôt que d’enregistrer de nouveaux morceaux. C’est pour monter un projet plus mature, crédible, susceptible de plaire aux professionnels du milieu.

Un mot pour la fin ?

Matt : J’aime pas les fins.

Vianney : Et puis pour nous ça ne fait que commencer. La chose à retenir de cette interview et de tout ce qu’on fait depuis qu’on a enregistré le disque et fait le clip c’est que ça y’est, Seven Ages c’est lancé.

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A propos de Nono

Touche à tout et électron libre passée par des expériences en théâtre et en télévision, Nono finit par se poser pour son plus grand amour, la musique, en travaillant comme assistante de production. Elle vit cependant une double vie avec moins de tableaux Excel, mais faite de concerts transpirants, de pop punk, rock alternatif et emo. Et comme les choses sont bien faites, elle aime bien parler de cette double vie avec plein de mots et d'enthousiasme.

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