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Entretien avec Julien, guitariste de When Reasons Collapse

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Pourrais-tu tout d’abord te présenter et nous expliquer ce qu’est When Reasons Collapse exactement comme groupe ?

Bonjour, je suis Julien, un des guitaristes du groupe, présent presque depuis la création (1 an après), mais j’ai réalisé tous les concerts jusqu’à présent.

When Reasons Collapse c’est le projet de Thierry à la base. Un groupe réuni autour de l’idée de faire une musique métal extrême et mélodique en même temps, d’influences variées, death mélodique et hardcore notamment.

Comment en es-tu venu à la musique, et plus particulièrement au rock ?

Mes parents étaient tous deux musiciens, j’ai eu ma première guitare (classique) à 6 ans, et j’ai continué depuis plus ou moins sérieusement. Le rock est venu grâce à mon colloc en école d’ingé (Hugo, premier bassiste de WRC grâce à qui je suis rentré dans le groupe d’ailleurs). A une époque le truc le plus violent que j’écoutais devait être Francis Cabrel … puis attiré par le côté technique de la musique dans le métal j’ai fini par adorer le chant brutal.

Omen of the Banshee est le tout dernier album du groupe. Comment s’est passée sa réalisation ? Qui a écrit la musique et qui s’est penché sur les paroles ?

Pour cet album, le projet a été mené en prenant mieux le temps de faire les choses que pour Dark Passengers. La préparation d’un album est toujours relativement longue, et en particulier dans notre cas puisque nous n’arrêtons pas de faire des concerts, même en période de studio.

Nos précédentes sorties comportaient essentiellement des musiques ayant quelques années d’existence, et pas forcément composées dans une même phase. Pour Omen of the Banshee, Thierry a pu repartir de zéro pour composer la base des chansons.

Après deux ans de travail, Il en résulte un album naturellement plus cohérent, moderne et personnel.

Comme à chaque fois, Cristina écrit les paroles, et elle choisit avec Thierry quelles compos en cours pourraient convenir le mieux, voire parfois elles peuvent influencer l’évolution du morceau.

L’artwork de cet album est finalement assez magnifique avec cette banshee illustrée. Comment s’est passé le travail dessus ? Et finalement pourquoi ce choix ?

Selon les thèmes principaux et l’idée directrice des paroles, nous nous sommes réunis pour choisir le titre de l’album, et fixer en quelques mots l’orientation générale. Nous sommes à nouveau passés par Chromatorium Music (actuellement en pause pour un projet BD) pour cet artwork, et c’est essentiellement Cristina qui a contribué à l’ébauche initiale du projet. Nous avons ensuite chacun contribué à valider les propositions, voire suggérer quelques retouches.

Les paroles de WRC traitent souvent de la noirceur de la nature humaine ou des sentiments humains. Cette fois-ci Cristina souhaitait orienter les thèmes abordés par un prisme plus symbolique, mythologique. La Banshee, annonciatrice de catastrophes inéluctables représentait bien cette idée de fatalité du destin.

When Reasons Collapse en est où niveau clip ?

Pour ce nouvel album, nous avons sorti un premier clip pour le morceau d’ouverture, Lies of God, mais deux autres sont en projet. La release party sur Paris occupe l’essentiel de notre temps, mais nous allons pouvoir nous atteler à la tâche cet été. On compte également produire de nombreux playthrough, qui sont des vidéos qu’on apprécie chez nos groupes fétiches, alors pourquoi s’en priver !

Quel est ton morceau préféré de l’album et pourquoi ?

Je dirai Delirium of Negation s’il fallait vraiment choisir, parce que cette fois Thierry s’est surpassé, on a vraiment hâte de faire découvrir toute cette nouvelle setlist à plus de monde. Cette chanson est tout d’abord un défi technique, avec une intensité qui chute rarement (on a même dû se résoudre à légèrement baisser le tempo initialement prévu …). De nombreux cœurs rajoutent de la patate (et des galères pour Michaël, Thierry et moi !), avant d’exploser dans un final aux relents de hardcore beatdown qui écrase tout. Quand on la joue l’intro nous met le sourire, et on ressort à chaque fois avec des douleurs aux bras mais avec l’envie de sauter partout !

Comment se passe la promo de l’album ? Les premiers retours sont bons ?

Cet album va encore une fois être sorti en autoproduction, et également avec le support de l’agence Dooweet sur les quelques mois précédant et suivant la sortie. A part une chronique incroyablement hostile qui nous a du coup plutôt fait sourire (« a waste of time »), on a eu d’excellents retours de la part de la petite dizaine d’avis parus (dont celui paru chez vous, merci encore d’ailleurs, on à hâte de vous présenter tout ça en live !). Même des amis proches semblent nous confirmer qu’un palier a été franchi avec cet opus, on espère lancer une grosse dynamique de live derrière.

Peux-tu, en cinq mots, donner envie à nos lecteurs de se pencher sur votre musique ?

Brutale, technique, mélodique, intense, spectacle !

Quel est ton pire souvenir sur scène, en tant que musicien ?

Avec plus de 200 concerts on finit par avoir fait le tour de toutes les galères techniques possibles, donc ça finit plus par nous faire rire maintenant. Cependant je dirais que les mauvais souvenirs sont plus liés au public… ou à son absence. Notre triste record de 2 personnes (l’organisateur et un pote à lui) plus un chien a le mérite de servir de référence.

L’apprentissage a été long, notre musique n’est pas forcément facilement accessible, entre les nombreux changements de rythmes, les différentes influences qui rendent difficile le repérage de codes de certains styles, et les conditions de son live pas toujours idéales pour que des parties rapides et techniques ressortent. Quand on sent que le public n’est pas dedans (ou qu’on en a l’impression du moins) on se sent très seul sur scène. Nous avons petit à petit identifié, réduit, puis éliminé cet ensemble de petits défauts, et on se sent beaucoup plus mature, et parés à défendre ce nouvel album avec une rage immense !

Quels sont les prochains concerts du groupe ?

Objectif release party à Paris le 2 Juin au Gibus avec nos amis de longue date Deficiency et Gravity. Grosse étape pour nous, avant le creux estival. Nous enchaînerons avec deux festivals en Allemagne fin Aout et à la rentrée. Il y a encore de la place dans notre calendrier !

When Reasons Collapse est un groupe particulièrement investi dans la défense des animaux. Peux-tu nous expliquer comment cela se déroule pour toi, d’où est venu cet investissement,…

Michaël, notre bassiste, est végan depuis bientôt trois ans maintenant, Cristina est végétarienne depuis quelques mois, et s’investit beaucoup dans l’association Hardcore Cares qui rallie la scène Punk/Hardcore/métal à la protection des animaux de compagnie. Le groupe soutient naturellement cette association et accepte volontiers de jouer pour des évènements caritatifs en faveur des animaux.

Mêler ses activités professionnelles et personnelles tout en étant musicien est généralement compliqué. Comment fais-tu pour gérer ces aspects de ta vie ?

Ça prend du temps, et du coup il faut se le dégager et optimiser (surtout avec le sport en plus, hockey sur glace pour ma part). J’ai la chance d’habiter juste à côté de mon travail, ce qui mitige un peu l’heure de trajet nécessaire en moto dans les bouchons parisiens pour aller répéter deux fois par semaine.

Alors que le groupe progresse, le travail à fournir devient de plus en plus conséquent, et pour décharger un peu Thierry qui assume un fardeau incroyable (composition, enregistrement dans son home studio, mixage et mastering, montage vidéo …) tout le monde s’est mis à contribuer plus sérieusement au booking, à la promotion, à la gestion des organisations de concerts … On en arrive à un stade ou sans être une activité principale, la vie du groupe ne peut plus être prise à la légère.

Que répondrais-tu aux gens qui disent qu’à l’heure actuelle il y un trop grand nombre de groupes sur les scènes rock et métal et comment vois-tu le marché musical actuel ?

La scène compte sans doute un nombre très élevé de groupes, effectivement. Cela vient notamment du fait que tout faire en DIY est devenu beaucoup plus facile de nos jours. Vu la fréquentation des concerts underground, on peut même parler de trop d’évènements en effet, mais ce n’est pas forcément le fond du problème.

Il faut donc apprendre à se démarquer, non seulement par une musique de qualité, mais aussi par des prestations live de haut niveau. Les groupes doivent faire l’effort de proposer quelque chose que le public aura envie de voir … et d’un autre côté les gens devraient réapprendre à venir apprécier une petite soirée et des découvertes dans leur salle de concert locale. Pas claquer tous ces sous dans des concerts de stars du métal hors de prix, qu’ils ont déjà vu 10 fois.

Le meilleur moyen de faire vivre les groupes de métal qui nous plaisent (et même ceux qu’on considère comme « grands ») c’est d’acheter du merch, des CDs en direct et de les voir en live. Ça fait vivre la scène, ça fait vivre les lieux de concert, ça fait vivre la musique. La consommation numérique de musique ne génère aucun revenu pour qui que ce soit.

Le milieu de la musique underground est impitoyable à la fois pour les lieux de concerts, les organisateurs et les groupes. La nature a tendance à bien faire les choses, et j’ai l’espoir que seuls les plus persévérants resteront !

Merci pour vos réponses et à très bientôt au détour d’un concert !

Eldricht Tales

A propos de Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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