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Cradle of Filth + Moonspell – La Machine du Moulin Rouge – Paris – 19/02/2018

Nous pouvions difficilement nous passer de cette grosse date de Metal Extrême. Les britanniques de Cradle of Filth et les portugais de Moonspell sont réunis ce soir à La Machine du Moulin Rouge.

Cet article est assez spécial dans son ensemble car il  est rédigé à six mains. En effet, entourée de Delora et NokomisM ce soir-là, nous avons décidé de donner chacune notre point de vue dans un seul et même report. Pour ma part, c’est la première fois que je vois Moonspell et Cradle of Filth en live. Une grande première pour moi ! La voix de Dani Filth ayant bercé mon adolescence, il est l’heure pour moi de rattraper le temps perdu.

La Machine se remplit peu à peu et laisse apparaître, dans une semi-obscurité, Fernando Ribeiro, le meneur de troupe de Moonspell, qui arrive sur scène, éclairé par une lanterne. Chapeau noir et grande cape sombre, il nous plonge immédiatement dans une époque étrange et lointaine. Peu après, le reste du groupe fait son entrée. Le concert débute avec le très bon morceau Em nome do medo, issu de leur dernier album, un titre qui commence avec douceur et mystère sur fond de violons et de murmures avant de se rythmer et de monter en puissance au fur et à mesure. Les morceaux s’enchaînent les uns après les autres, parmi lesquels 1755, titre éponyme, et le percutant Evento. Certains sont présentés par le chanteur, dans un français relativement correct, remerciant maintes fois le public venu soutenir le groupe.

Sur scène les cinq musiciens portugais sont concentrés sur leurs rythmes et leurs riffs surchargées de Métal qui tâche. Je trouve dommage que seul Aires Pereira, le bassiste, aille vers le public à plusieurs reprises, et semble s’amuser plus que ses comparses sur scène. Il n’y a pas vraiment d’échanges à ce niveau là mais rien ne m’empêche de nous faire découvrir un set de qualité et des morceaux carrés, et les fans sont clairement au rendez-vous.

Les principaux acteurs de ce show avant-gardiste arborent des costumes rappelant les vêtements que les médecins portaient pendant la période de la Peste Noire, ce qui donne assez rapidement une atmosphère sombre et gothique à la prestation. La double pédale ne semble jamais se reposer durant ce set de qualité, et ce, pour le plus grand bien des auditeurs. Les coups de baguettes de Miguel Gaspar sont maîtrisés et donnent un rythme enjoué tout le long des morceaux, ce qui donne une envie incontestable de muscler nos cheveux.

Moonspell est pour moi une très bonne découverte musicale, même si j’aurais apprécié un peu plus d’échanges entre les musiciens sur scène. Malgré cela, ils ont pris un petit temps pour remercier et saluer le public, après le show, ce qui est relativement appréciable. En bref, un bon p’tit concert des familles comme on en voudrait plus souvent.

Après une courte pause, à peine le temps d’aller chercher un verre au bar, après avoir traversé la horde de spectateurs bloquée dans les escaliers, j’ai eu la surprise (ou pas) de ne pas avoir pu voir le début de la prestation de Cradle of Filth. Etant petite de taille, j’ai seulement pu admirer les lights qui éclairaient la scène, sans même apercevoir le leader britannique du groupe, Daniel Lloyd Davey “Dani Filth”. Fort heureusement, après une sombre histoire d’écharpe perdue dans la salle, je me suis retrouvée juste devant la scène pour quelques secondes, la forte chaleur étant de mise à cet endroit là… J’ai malgré tout eu le temps de voir de plus près ce groupe de Metal Extrême pour quelques instants avant de fondre sur place et de me décider à repartir dans un endroit un peu plus frais. Sur cette prestation, j’ai trouvé que le son était parfois inaudible et je n’ai pas pu apprécié le show à sa juste valeur, n’ayant pas l’image qui allait avec les lumières, dignes d’un arc-en-ciel satanique.

 

Après un set fort sympathique de la part des portugais de Moonspell, c’est au tour de Cradle of Filth de monter sur scène.

Une superbe toile illustrative se dévoile à l’arrière de la scène et dès l’intro instrumentale Ave Satani, sur fond de fumée et de lumières mystérieuses, on est dans l’ambiance. Les musiciens arrivent petit à petit sur scène, le batteur, les guitaristes et le bassiste sont les premiers à faire leur apparition, suivis de près par la dernière claviériste/choriste en date (présente depuis 2013) Lindsay Schoolcraft, sacrément élégante. Dani, quant à lui, arrive tel un lutin sorti de sa boite, visage caché sous sa capuche.

Les anglais commencent fort avec le morceau Gilded Cunt, ça blast d’entrée, Dani semble en forme, son débit comme à son habitude me cloue sur place. La section corde occupe toute la scène, interagit avec le public, les premiers soli se font entendre, le son est plutôt bien équilibré.

C’est alors qu’on enchaine avec un morceau de l’excellent album Cruetly and the beast, Beneath the Howling Stars, où Dani nous montrera que malgré les années qui qui défilent, ses capacités vocales sont toujours aussi impressionnantes et lui permettent de passer d’une facilité déconcertante des cris suraigus déchirant les tympans (sa marque de fabrique) à des chant gutturaux beaucoup plus graves ou des murmures malsains.

Delora avoue que ce qu’elle appréhendait le plus pendant le show de Cradle était les parties vocales de la choriste. A chaque prestation du groupe, les différentes choristes claviéristes n’ont jamais vraiment réussi à chanter juste… Sur ce concert, la demoiselle nous montre qu’il est possible (DANS L’ENSEMBLE), d’entendre quelques morceaux du groupe avec une voix féminine juste et maîtrisée, malgré quelques couacs sur certains titres. Le morceau Blackest Magick in Practice est mon préféré de l’album Hammer of the Witches, alors je suis évidemment aux anges, parfaitement exécuté, les soli de guitares endiablés accompagnés de riffs d’une efficacité sans limite. Peu après sera joué Bathory Aria, le cœur des plus grands fans du groupe britannique, dont le mien seront donc comblés.

Suite à cela, deux morceaux suivront, Dusk and Her Embrace et The Death of Love avant d’enchaîner sur You Will Know the Lion by His Claw, deuxième et dernier titre du dernier album que Cradle jouera sur scène devant les parisiens ! Un morceau speed, qui d’après moi, nous fait remonter aux sources du groupe.

Tout au long du concert, Richard Shaw, l’un des guitaristes, amusera la galerie en récupérant à plusieurs reprises les portables du public qui filmaient le concert afin de faire des plans de scène et des gros plans sur Dani, histoire que les fans aient de quoi faire niveau souvenirs vidéos ! D’une manière générale, les membres du groupe montrent un bon relationnel vis à vis du public, viennent régulièrement au bord de la scène interagir avec lui et l’exhorter à participer. Les fans se montrent très réactifs (malgré une tentative avortée de pogo de la part de Dani) et ne ratent pas une occasion de crier en levant le poing ou les cornes dès que l’occasion se présente.

Quelques anecdotes étonnantes viennent également ponctuer ce show tels que l’arrivée précipitée d’un membre de la sécurité pour éblouir un fan de la fosse avec sa lampe torche, un fan remonté puis traîné sans ménagement sur la scène par cette même sécurité, et que dire de cet olibrius qui se hisse juste devant Dani bras écartés avant de se faire repousser dans la foule par ce dernier !

Les musiciens quittent la scène avant de revenir pour un rappel dont on se souviendra, car celui-ci contiendra un classique du groupe : Her Ghost in the Fog, les trues savent ! Cradle Of Filth achèvera son set avec Born in a Burial Gown, issu de leur EP Bitter Suites to Succubi, autre morceau bien burné qui décrochera les cervicales de certaines personnes du public.

En résumé, Dani a beau être sur les planches depuis 1991, celui-ci envoie toujours autant du bois, il est passionné sur scène et content d’offrir tout ce qu’il a dans les tripes au public ! Les morceaux cultes sont toujours aussi bien exécutés et les tous derniers forts sympathiques. Seul bémol, certains manques de justesse sur les voix féminines. Achetez un foutu in-ears à votre choriste pour qu’elle s’entende les gars !!

Bref, une bonne découverte dans son ensemble tant pour moi que pour Delora et NokomisM. Un grand merci à Access Live pour cette soirée métallique.

Photographie :Deuskin Photographie

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A propos de Izzy

C’est l’histoire d’une fille qui n’a pas toute sa tête… Passionnée d’arts graphiques et de littérature fantastique, issue de diverses formations artistiques et amoureuse de la musique depuis belle lurette, elle cherche à faire partager ses passions à travers des productions de concerts. C’est ainsi qu’en 2012 elle crée une association de production de concerts indépendante sur la capitale, Extrême Factory. En parallèle, elle est chroniqueuse pour différents webzines musicaux et commence ainsi une carrière de schizophrène mélomane.

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