Une bande dessinée palpitante qui aborde des sujets essentiels.
2112. Le monde est ravagé par un climat hostile. Seuls une poignée de privilégiés vivent décemment, protégés par leur Cité dont les murs empêchent les invasions… Mais un jour, la ville fortifiée s’effondre à son tour sous les flammes. Au milieu d’un désert de cendres, un père et sa fille fuient les ruines de ce monde qui se pensait à l’abri de tout, pour tenter de survivre auprès des défavorisés dont la Cité les protégeait jusque-là…
Il s’agit de l’adaptation d’un roman que je n’ai pas lu, je partais donc avec un regard entièrement neuf. Et je n’ai pas été déçue du voyage !
Un décor parfaitement posé
L’intrigue prend place dans un univers futuriste, où les plus chanceux vivent à l’abri de la nécessité, dans des cités inaccessibles aux réfugiés climatiques. Mais tout bascule le jour où un incendie ravage la ville. Les habitants sont alors obligés de fuir de l’autre côté du mur… Là où se trouvent ceux qu’ils ont rejetés pendant des années.
Le décor est immédiatement posé. Tant les dessins que le scénario nous immergent dans cet univers très crédible. C’est réaliste et percutant, avec un rythme très bien mené. 
Des sujets de société essentiels
Au delà du suspense, le récit propose une réflexion importante. Les récits d’anticipation sont souvent l’occasion de soulever des problématiques actuelles, dénoncées sous l’angle d’une société dont nous aurions suivi les travers à l’extrême. Ici, l’auteur axe son récit autour de l’enjeu climatique et de la politique migratoire qui en découle. Bien que l’univers puisse nous sembler temporellement lointain, il est difficile de ne pas faire le parallèle avec les drames humains qui se jouent déjà aujourd’hui. L’ensemble est abordé de façon très intelligente.
Un protagoniste intéressant
De tous les personnages, c’est sans doute celui de Nathan qui est le plus intéressant, de par son évolution. Père de famille autant que haut protecteur de la cité, Nathan a également en charge de repousser, coûte que coûte, les immigrés tentant de franchir le mur. Je l’ai trouvé détestable au début mais non dénué de crédibilité. Les épreuves et l’expérience auront raison, progressivement, des préjugés qu’il s’était forgés. Déchu de son statut de privilégié, Nathan n’a d’autre choix que de s’aventurer au delà du mur pour protéger sa fille Léa… et de vivre à son tour ce qu’il a fait subir avec violence pendant des années. Un voyage qui l’ammènera nécessairement à évoluer, vers une meilleure version de lui-même.

J’ai donc beaucoup apprécié la lecture de ce récit, tant pour son scénario rythmé que pour les messages qu’il véhicule !
