Est sorti fin avril un album que je tenais vraiment à écouter et à chroniquer, provenant directement de Lille, le dernier né de The Lumberjack Feedback. Ceux qui suivent le site régulièrement ont déjà pu lire la chronique que j’avais faite de leur précédent opus, Blackened Visions. Mais que va donc nous apporter ce Mere Mortals ?

Revenons d’abord rapidement sur le projet The Lumberjack Feedback qui est tout ce qu’il y a de plus atypique : deux guitares, une basse, et deux batteries pour nous proposer un post-metal/doom du plus bel effet s’il en est. Therapy? qui ouvre les hostilités nous démontre en quelques secondes que le groupe ne compte pas vivre sur ses acquis et va nous proposer un son encore plus profond qu’auparavant. La présence des deux batteries surprend, tout comme l’absence totale de chant, mais cela fonctionne sans difficultés justement ! Dès les premières notes on est plongé dans l’univers du groupe et l’on s’immerge dedans avec délectation. Le groupe sait clairement composer et le démontre… Kill! Kill! Kill! Die! Die! Die! vient ensuite de manière plus rapide nous balancer ses mélodies atmosphériques dans les oreilles. C’est bon, c’est intense, c’est ténébreux. Je ne sais même plus trop quoi dire tellement je me sens immergé dans le son de cet album. New Order (Of The Ages) Part I et New Order (Of The Ages) Part II font à eux deux pas loin de dix minutes et parviennent, au sein d’un album pourtant dense, à nous proposer un diptyque musical de toute beauté. Personnellement je suis plus que fan, soyons très clairs…

Wind’s Last Blow vient ensuite nous réveiller avec des batteries beaucoup plus martiales, beaucoup plus prenantes et puissantes tandis que les guitares se lancent dans des ritournelles entêtantes. Vous vouliez quelque chose d’encore plus Doom ? Eh bien voici A White Horse (Called Death). Plus lent, plus profond, plus prenant encore que les pistes précédentes, ce morceau va vous emmener toujours plus loin sur les ailes de sa musique… Kobe (The Doors Of Spirit) conclue le CD comme il se doit : avec douze minutes de son ! Lent, progressif, onirique, cette ultime chanson ne manque pas d’adjectifs pour la définir et pourtant aucun n’y parvient totalement tant le travail effectué par le groupe est excellent de bout en bout.

Avec Mere Mortals j’ai la sensation que The Lumberjack Feedback assoient encore plus, si tant est que cela soit nécessaire, leur présence sur la scène du post-metal. On se plonge avec délectation dans leur univers instrumental et personne n’en ressort indemne, très clairement, car la mélancolie puissante qui s’en dégage viendra vous envahir définitivement, faisant de vous un fan…

Mere Mortals
The Lumberjack Feedback
Deadlight Entertainment
2019