Les Ailes d’Emeraude – Alexiane de Lys

A bientôt 18 ans, Cassiopée est contrainte de quitter l’orphelinat où elle vit depuis le tragique accident qui l’a privée de toute famille. Livrée à elle-même dans la ville foisonnante et hostile de Philadelphie, la jeune femme a la désagréable impression d’être suivie… jusqu’au jour où deux inconnus l’agressent. Au moment le plus critique, elle est tirée de ce mauvais pas par un mystérieux et séduisant garçon, Gabriel.

Ce dernier ne lui est pas totalement étranger, et leur rencontre est loin d’être due au hasard. Grâce à lui, Cassiopée va découvrir sa véritable nature, avec ce qu’elle a de meilleur, mais aussi de pire, et peut-être percer enfin les mystères de son passé.

Un résumé qui prépare assez bien le lecteur à ce qu’il va découvrir : un roman bit-lit dans la suite des Twilight, Frisson et le Baiser de l’Ange. Une jeune fille au passé douloureux sauvée par un beau gosse qui va lui apprendre qu’elle n’est pas tout à fait humaine.

Cependant, on délaisse ici les créatures un peu trop classiques que l’on a pu trouver dans les romans précédents : ici nous avons affaire à des Kamkals, qui sont des papillons géants avec des sens surdéveloppés. Ces derniers vivent cachés au fin fond d’une forêt au nord des Etats-Unis, dans un village privé d’eau courante et d’électricité, et protégé par une espèce de bulle permettant d’échapper à tout appareil de détection moderne. Pourquoi pas, même si j’ai trouvé ça un peu simple d’inventer soudain un système de ce type. Par ailleurs, j’ai relevé quelques incohérences par rapport à cette histoire d’eau courante, mais c’était bien commode pour certains éléments du scénario.

La mythologie que l’on découvre sépare les Kamkals en deux communautés : les gentils Myrmes et les méchants Narques. Ces derniers sont responsables de tous les maux du monde humain puisqu’ils cherchent, en provoquant des attentats et en déclenchant des guerres, à éliminer l’entièreté de la race humaine. La raison trouvée est là encore un peu simple à mon goût : les humains sont cruels envers les Kamkals lorsqu’ils en trouvent. En somme, une histoire de fond assez classique et manichéenne.

Voilà pour le contexte, entrons un peu plus dans le vif du sujet. On va suivre Cassiopée, jeune fille de dix huit ans. Le roman étant écrit à la première personne, le lecteur est complètement immergé dans ses pensées : elle a la langue bien pendue, lance des répliques acérées, qui sont bien drôles. Mais qui peuvent rapidement devenir lassantes. L’histoire est bien lancée, l’ambiance est facilement ressentie par le lecteur et on découvre, durant les premières pages, des éléments intriguants en même temps que Cassiopée, donc avec une certaine surprise. Cette dernière est débrouillarde et vive, sans pour autant être une super héroïne, ce qui est appréciable. Jusqu’au moment où elle se prend pour Bruce Willis et saute du neuvième étage d’une tour, seulement retenue par des draps noués. A partir de là, j’ai lentement commencé à décrocher.

Il y a d’autres scènes du même genre, au cours de l’apprentissage de Cassiopée, comme des fusillades, qui mettent en valeur ses capacités exceptionnelles, mais qui ont un côté absurde. On peut tout de même dire que ce roman ne manque pas d’action : il y a des belles scènes de combat et les descriptions sont bien écrites. L’histoire avance rapidement, on n’a pas le temps de s’ennuyer : on découvre les Myrmes et leurs pouvoirs au fur et à mesure que Cassiopée découvre les siens.

En revanche, aucune de ces découvertes et aucun élément n’est vraiment surprenant. Tout s’enchaîne avec beaucoup de logique mais sans aucun suspens : le lecteur peut savoir presque tout de ce qui va lui être révélé. On garde un tout petit peu de mystère par rapport à la parenté de Cassiopée, mais on voit arriver le pot aux roses à trois kilomètres. Peut-être que ce sont les indices qui sont trop évidents ou la façon dont ils sont amenés qui gâche la surprise.

Quand il s’agit d’interactions sociales, j’ai rarement trouvé autant de clichés dans un seul roman : chaque page nous en offre un nouveau, du début à la fin. Bien sûr, Cassiopée ne rencontre que des beaux gosses, en particulier le brun mystérieux, ténébreux, cynique, au regard outre-mer, et le blond lumineux, rieur, souriant aux yeux verts. Déjà en rivalité, ils tombent forcément fous amoureux d’elle… On rajoute à ça une ou deux pimbêches, qui se comportent comme des gamines de quatorze ans et qui, forcément, détestent Cassiopée et cherchent à obtenir les grâces des deux mecs trop canons. On met une pincée d’amour fraternel ultra développé qui permet, l’espace de quelques pages, un élan dramatique par le biais d’un choix cornélien. Un effet complètement anéanti par la suite, mais je ne vous en dirai pas plus.

L’histoire commençait plutôt bien, avec une idée de base intéressante, mais les astuces pour imbriquer les pièces du puzzle sont trop simples et évidentes à mon goût. Ce sont des ficelles déjà vues. La lecture peut donc être longue, en particulier les cinq cents pages du milieu, avant de retomber sur une fin un peu plus passionnante. On sort des sentiers battus que l’on a suivi tout du long et on a le droit à plus d’inattendu. Les derniers chapitres préparent le deuxième tome, qui amène peut-être plus de suspens. A tenter.

Les Ailes d’Emeraude

Alexiane de Lys

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