Avec un nom d’album aussi long, ça doit bien mériter une explication. En effet, il s’agit là d’une réédition du second album du groupe intitulé Prometheus Symphonia Ignis Divinus paru en 2015. Il faudra compter sept mois de composition, trois mois de production et une cinquantaine de jours de mixage qui n’est autre que le temps nécessaire pour aboutir à une production aboutie, riche en références et en ambiances variées. Notre cher Luca est donc responsable d’à peu près tout dans la production de l’album, allant des textes aux choix des arrangements d’orchestre et chœurs et le résultat est plus que probant.

L’album en lui-même se présente comme un double CD Live, enregistré en Italie, France, Allemagne et Espagne en 2012 et 2016 et contient la presque totalités des morceaux joués par Luca Turilli’s Rhapsody depuis le début de ce projet.
Autant dire que notre petit Turilli a su garder un avantage sur ses anciens compagnons de route en maintenant son statut de « musicien-technicien (du son) » à bon escient.

Au milieu de cette super-production majestueuse et clairement aboutie, on retrouve le chant théâtral d’Allessandro Conti qui propose une large palette de chants lyriques, appuyée par la technicité des riffs de Luca Turilli. Renforcés par les lignes de chants de Ralf Scheepers (Primal Fear) et David Readman (Almanac, ex-Adagio), les titres s’enchainent sans répit, soutenus par un orchestre symphonique survolté. Certaines compositions rappellent parfois le Rhapso d’antan avec cette atmosphère cinématique peu commune qui a construit le groupe. Trêve de nostalgie et revenons à ce qui nous intéresse aujourd’hui.
Je pourrais passer des heures à chercher les qualités et les défauts de cette nouvelle galette ou décortiquer chaque morceau un par un mais je n’y vois pas l’intérêt puisque c’est le genre de création qui s’écoute dans la forme et non dans le fond. On ressent bien que le chef d’orchestre de ces deux heures somptueuses n’est autre que Luca Turilli, cherchant à pousser ses limites et ses connaissances pour démontrer au maximum ses capacités, utilisant les chœurs comme fil conducteur entre chaque morceau. 

L’artiste italien impose, à travers Prometheus, son gout prononcé pour le Cinematic Metal et marque ainsi la scission avec son ancien groupe Rhapsody (of Fire).
Cette petite pépite est un album à consommer purement et simplement, comme un bon film de Fantasy. Il n’est cependant pas conseillé aux amateurs purement Heavy Metal (combo classique basse/batterie/guitares) qui risqueraient de s’ennuyer à la longue ou, à contrario, d’en séduire de nouveaux par la démesure de son projet et ses influences cinématographiques tant appréciés.
Quoiqu’il en soit, je fais partie de ses fidèles depuis Legendary Tales (1997) et je ne suis pas encore prête à quitter le navire !

Prometheus, The Dolby Atmos Experience + Cinematic And Live
Luca Turilli’s Rhapsody
Nuclear Blast
2016