The Infernal Depths of Hatred – Anata

anata-the-infernal-depths-of-hatred-6789-1_1On ne le dit pas assez, mais la France du Metal recèle, non seulement de nombreux groupes de qualités, mais aussi de plusieurs labels qui se bougent pour faire vivre la scène hexagonale et, même, mondiale. Prenez par exemple Kaotoxin Records, label installé dans le nord de la France. Non content de sortir des albums de groupes français de qualités (citons d’emblée THE LUMBERJACK FEEDBACK, OTARGOS ou MITHRIDATIC), les lillois ont décidé de créer une subdivision du label, nommé KaosKvlt dont le but avéré est de réédité des albums old-school de la branche extrême du Metal mondial. Et le moins que l’on puisse leur dire c’est « Merci » !

Merci parce que grâce à eux, j’ai pu me mettre dans les esgourdes l’un des meilleurs albums de Death Metal qu’il m’ait été donné d’écouter. Alors ne tournons plus autour du pot et tranchons dans le vif.

Le groupe dont il s’agit ici se nomme ANATA, du nom d’une déesse égyptienne de la guerre. Mais si la déesse est égyptienne, le groupe, lui, est suédois. Formé en 1993, ANATA sort deux démos en 1995 et 1997, puis, c’est le grand saut. 1998, en plus de la victoire de la France à la coupe du monde, voit la publication de leur premier album, intitulé The Infernal Depths Of Hatred. Il est réédité aujourd’hui, et pour la première fois, en version vinyle, par KaosKvlt donc. Et autant ne pas y aller par quatre chemins : pour un coup d’essai, c’est un coup de maître !

A la fois, violents, techniques, groovy et bourrés de feeling, les 9 titres qui composent ce premier brûlot montrent à qui mieux mieux que, si le Death Metal est bien sûr une musique extrême, elle n’en reste pas moins un Art.

En effet, comment rester de marbre devant les variations pleines d’émotions d’un titre comme Under Azure Skies ? Comment ne pas tomber en pamoison devant les changements de rythmes aussi surprenants que parfaitement fluides de titres comme Released When You’re Dead ou Vast Lands/Infernal Gates ? Comment ne pas succomber à cette introduction simplement magnifique de Slain Upon Altar, où l’on appréciera d’ailleurs le jeu plein de finesse du batteur, pour un morceau à l’avenant. Et nous pourrions continuer ainsi, égrainant un à un les morceaux de cet Infernal Depths of Hatred, véritablement de toute beauté.

Ce qui frappe le plus finalement dans cet album, n’est pas tant la précision des musiciens que l’équilibre parfait entre brutalité (Day of Suffering), technique (Dethrone The Hypocrites), mélodie (Those Who Lick The Wounds Of Christ) et groove (Let The Heavens Hate).

Mais ce qui montre, à mon sens, qu’ANATA est un GRAND groupe et que ce premier album est proche du chef d’oeuvre, se matérialise par les variations et changements de rythmes incessants qui ont cours tout au long de l’album. Mal exécutées ou mal abouties, ces variations pourraient perdre l’auditeur et gâcher le morceau. Mais le groupe maîtrise ici tellement son sujet et fait preuve d’un tel feeling et d’un tel sens de la musique, tout simplement, que nous avons juste l’impression de tourner les pages d’un livre sans jamais ni en perdre le fil, ni en être rassasié. Du très grand Art !

Alors, bien sûr, nous pourrions regretter l’insertion de samples malvenus, sur la fin d’Under Azure Skies ou encore le titre un peu plus anecdotique qu’est Aim Not At The Kingdom High. Mais ces deux micro défauts font tellement figure de détails insignifiants au regard de la qualité incroyable de ce The Infernal Depths of Hatred, que je ne sais même pas pourquoi j’en parle.

Merci donc à Kaotoxin Records, via KaosKvlt, de (re)mettre sous les projecteurs, et sur nos platines vinyles, un groupe et un album aussi colossal.

The Infernal Depths of Hatred

ANATA

KaosKvlt

2016 (Réédition Vinyle)

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