La Norvège est à l’honneur dans cet album et ça donne envie de réchauffer son petit corps, affaibli par le froid, dans une épaisse couverture bien chaude. Watch us burn se situe entre le Classic Rock et le Rock US, délivrant une atmosphère intrigante et attachante, à découvrir sans plus attendre à travers une chronique qui sent bon l’apocalypse…

Au démarrage, nous retrouvons une ambiance Pop Rock avec St Louise qui se dirige vers un mélange de diverses sonorités qui attirent notre curiosité naissante. Les guitares se mélangent dans des rythmiques parfois planantes sur Give me fever. Yuma Sun parvient à installer une ambiance alternative sur des bases Rock avec une richesse d’harmonies et de structures divergentes. Les onze morceaux qui complètent Watch us burn sont de grande qualité et riche en éclectisme, avec des passages bluesy et des riffs accrocheurs qui réchauffent le cœur ou inspirent la dépression, en raccord avec l’artwork de l’album qui présente un cliché post-apocalyptique (une forêt qui semble être rongée par des flammes). Cette thématique est mise en valeur à travers des compositions qui inspirent la souffrance, la mort ou la solitude par des lignes de chant neurasthéniques (Mary, Watch us burn) ou plus dynamiques (Joséphine, The Judas Tree, King of light) donnant une atmosphère particulièrement entrainante, flirtant parfois avec un son groovy (War has begun) ou une partie instrumentale relativement calme et mélancolique (The Hospital).

Les instruments sont agréablement mis en valeur et chacun à son mot à dire, révélant les influences musicales de chacun des musiciens : un étrange mélange inspiré du Rock, de la Country, en passant par le Psyché ou le Post-Punk. High Road, aux allures d’un vieux western remis au gout du jour, peut sans aucun doute faire référence au nom du groupe, Yuma Sun, inspiré du journal local de la ville de Yuma (Arizona, USA).

Certaines structures nous ferons penser par moment à The Hellacopters, The Hives ou au mythique groupe britannique The Cult. Des passages sombres, lancinants équilibrés à perfection avec des passages plus rapides et positifs. Chris Vrenna (ex-Nine Inch Nails, Marilyn Manson) n’hésite pas à contribuer à l’élaboration de l’album en remixant plusieurs morceaux, notamment St Louise ou Violets to Stone. Participation inattendue qui donne un petit cachet original à cette production.

Le troisième album du quintet scandinave a beaucoup de jolies choses à nous apprendre sur le « Dommesdagrock » (Doomsday Rock ou le Jour du Jugement Dernier), terme utilisé par de nombreux critiques. En effet, nous avons là une vision post-apocalyptique bien ficelée qui nous entraîne vers un produit réussi et abouti dans l’univers du Rock Alternatif.

Watch us burn
Yuma Sun
Membran Entertainment Group
2016