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En cette froide soirée du 22 Octobre, sommes allés à la rencontre du groupe Tankrust, que nous avons interviewé juste après leur sortie de scène. Actuellement en tournée promo pour leur premier album The Fast of Solace (sorti fin 2015), nous ne pouvions difficilement pas passer à côté d’une de leur date parisienne. Une rencontre avec l’ensemble du groupe (enfin presque), remplie de sueur et de brutalité à découvrir ci-dessous…

eMaginarock : Tout d’abord Pouvez-vous m’expliquer qui est chacun d’entre vous et ce qu’est Tankrust ?

Moi c’est Kootoh ! Je suis le chanteur de Tankrust, une joyeuse bande de potes qui fait une musique violente, un peu dans tous les styles. Un mélange Thrash et Death aux influences pas mal Old School, qu’on essaye d’actualiser avec du son moderne.

Moi c’est Schuff le batteur, dernier arrivé dans le groupe. Ça fait à peu près deux ans. Et je ramène un petit peu de brutalité là-dedans.

Moi c’est Gart guitare lead. Je suis arrivé en même temps que Will l’autre guitariste, ça fait 4-5 ans. Donc ce qui est Tankrust et ce qu’a dit Kootoh, c’est un mélange de diverses influences, surtout une bande de copains qui aime s’éclater sur scène.

eMaginarock : Et du coup, il n’y a pas de bassiste ?

Kootoh : Alors le bassiste c’est le quotient alcoolique du groupe (rires), il doit être là-bas en train de prendre un truc à boire ou en train de fumer dehors, donc il est là mais…

eMaginarock : Sur la scène française actuellement, on retrouve des centaines de groupes. Comment s’est passé la création de votre groupe et pourquoi ?

Kootoh : Alors oui, on en trouve des centaines alors je ne sais pas comment se passe leur formation à eux, mais j’ai l’impression que nous ça a été plus ou moins assez classique. Si ce n’est qu’en fait, au départ, c’est l’ex-batteur et moi qui étions seuls et on avait envie de faire un projet un peu violent et du coup il nous manquait d’autres musiciens, on les a trouvés sur internet tout simplement. Le truc c’est qu’après c’est devenu des potes et de là en fait c’est toujours des amis qui sont venus jouer avec nous. Mais je ne sais pas comment l’ont vécu les autres…

Schuff : Plutôt bien au final. C’est vrai que moi je connaissais au moins la moitié des membres depuis presque une dizaine d’années, voir la femme de certains avant eux (rires) et ça s’est fait à peu près naturellement. Quand ils avaient besoin d’un batteur et que j’étais dispo à ce moment-là. Donc voilà ça reste de l’amitié avant tout.

Kootoh : Faut savoir que Schuff vient du Brutal Death et qu’au départ il était censé nous dépanner parce que notre batteur était parti, mais que la musique [du groupe], c’était pas forcément son truc. Ce qu’on faisait c’était pas encore assez violent pour lui et finalement c’est l’ambiance qui fait que tout ça a bien marché. On était complètement en alchimie positive, amicale, fraternelle et du coup à un moment donné la musique ça devient juste l’accessoire, tu vois ? Du fait que tu t’amuses avec le groupe. Enfin je crois.

Schuff : Ah oui, complètement ! Puis bon faut avouer que ça a un petit peu bougé aussi. Je vous ai fait pousser entre temps !

Kootoh : Ah oui c’est sûr !

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eMaginarock : Il y a eu un album il n’y a pas très longtemps. Il y a un an, c’est ça ? Comment s’est passé la sortie de The Fast of Solace et surtout qui dessus a écrit les paroles, la musique ? Comment ça s’est déroulé ?

Schuff : C’est un melting-pot, ça vient un peu de tout le monde. Tout ce qui est paroles c’est l’exclusivité de Kootooh, après tout ce qui est musique ça dépend. Souvent y a une idée qui est apportée par un membre, après on tricote dessus. On a une pièce originale qui se mute en une pièce Tankrust et voilà. Chacun donne sa patte, son avis, rajoute ce qu’il a envie d’ajouter ce qui donne cet espèce de mélange tout en essayant de rester cohérent. On est un groupe de scène donc on veut de l’énergie, que le morceau soit un morceau de scène avant tout, et moderne.

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eMaginarock : Qui a réalisé l’artwork de l’album ?

Schuff : L’artwork a été réalisé par un ami à nous. Comme disait Kootoh, c’est avant tout une histoire d’amitié on collabore principalement avec les personnes qu’on apprécie. Donc c’est Tim Gordon qui a réalisé l’artwork , qui est graphiste à la base.

eMaginarock : Comment s’est passé le travail avec lui ?

Schuff : En fait on lui a laissé complètement quartier libre au départ et donc il est parti sur ses délires à faire de la peinture comme ça. Il nous a proposé plusieurs épreuves, on a un petit peu tergiversé, et finalement on s’est arrêtés. On a pas mal cherché et au final on est revenus sur notre premier avis et on s’est arrêtés sur celui que vous connaissez maintenant.

eMaginarock : Point de vue promo, comment ça s’est déroulé ? Je sais que vous avez commencé par Replica Promotion. Est-ce qu’il y a eu des retours, comment étaient ces retours ?

Schuff : Côté promo comme tu l’as dit, on est passé par Replica pour la partie France et on est également passé par Phoenix Promotion pour la partie européenne et même mondiale. On a eu pas mal de retours positifs, et le plaisir d’avoir les retours de pays qu’on ne connaissait pas. C’est toujours appréciable. Et je pense que ça a pas mal aidé derrière à se déployer au niveau du groupe et de nous amener sur certaines scènes qu’on aurait pas eu avant d’avoir un album, qui assoit une position, un sérieux et ça donne plus envie de nous inviter.

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eMaginarock : Parce que les EP finalement ça limite un peu le champs d’activités, ne serait-ce que pour les festivals ou autres. Alors question pour l’un de vous que je pose de manière régulière : pourquoi en 5 mots quelqu’un devrait écouter Tankrust ?

Schuff : Energie, Brutal, Festif, Équilibré

Gart : Et malgré tout mélodieux !

eMaginarock : Alors ce soir finalement c’est un concert devant un petit public, mais il y a quand même une énergie de malade qui s’est dégagé sur scène ! Comment est-ce que tu fais, Kootoh, pour trouver cette énergie-là au moment de rentrer sur scène ?

Schuff : Il fait des bonds ! (rires)

Kootoh : Alors y a un truc que je dis toujours aux gens, je l’ai pas dit ce soir mais je le dis assez souvent « vous êtes vingt, mais c’est comme si vous étiez vingt mille ! ». C’est pareil pour le reste du groupe, quand on joue, on fait comme si la salle était blindée et ça donnera la même chose que si c’était une salle blindée ou qu’il y est que dix personnes. L’énergie elle vient du fait que déjà nous on se fait plaisir, on aime jouer ensemble, on aime faire la musique qu’on fait et dès qu’on voit, ne serait-ce que qu’une ou deux personnes réagir un peu, il y a une communication qui se fait et ça nous donne envie d’en mettre encore plus. Bon j’avoue que des fois j’en fais trop (rires). C’est mon défaut.

eMaginarock : C’est rare qu’on voie des groupes inviter du public sur scène. Y a des fois où vous avez eu des surprises, de mauvais goût ou autres ?

Kootoh : Moi personnellement non, parce qu’en tant que chanteur j’ai pas trop de problèmes mais je crois que Gart a eu quelques soucis à notre sortie d’album justement…

Gart : Effectivement on a eu à peu la même scène qu’ici avec dix fois plus de personnes, enfin avec un peu plus de monde. La scène était vraiment blindée, ça marchait un peu partout sur la scène, sur les câbles… En plein solo c’était un peu compliqué mais bon parfois faut savoir privilégier l’ambiance, le visuel plus que la musique… donc solo raté mais une très bonne ambiance !

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eMaginarock : Alors c’est quoi les prochaines dates de Tankrust ? Vos projets pour 2017 ?

Kootoh : Loudblast c’est LA date ! En fait on a bien blindé depuis la rentrée et comme là on revient d’une tournée en Espagne qui nous a emmené d’ailleurs jusqu’au Portugal, on est pas mal rincés donc il va rester trois grosses dates. Ça va être le Lezardos Fest où on va jouer avec Mass Hysteria et Regarde Les Hommes Tomber. Puis on va jouer à Brest, pour la première fois, avec l’asso Destrock, qui nous attends depuis un moment, et enfin la date avec Loudblast, en décembre au Petit Bain (Paris) qui sera un peu le cadeau des dix ans du groupe. Parce que même si tous les musiciens sont pas là depuis le début ça fait 10 ans que le groupe existe quand même. Donc celle-là faut pas la manquer !

Will : Des vacances ! (rires) Alors on se concentre sur deux choses : l’écriture du nouvel album, ça c’est la priorité. Si tout se passe super bien fin 2017, début 2018. Du fait on va moins chercher de dates pour le live et plus attendre pour pouvoir travailler l’album. On a déjà des propositions pour quelques dates donc on va remplir le calendrier live au fur et à mesure des choses. Mais voilà la grosse priorité, c’est le deuxième album.

eMaginarock : Est-ce qu’il a déjà des fest’ qui se sont manifesté pour l’été prochain ou pas encore ?

Non, pas encore, on les attend !

eMaginarock : Quel est votre pire souvenir sur scène ?

Schuff : Je me rappelle d’un concert qu’on a fait y a quelques mois de ça, vraiment très très mal organisé au niveau timing, matériel. Y avait qu’une demi-batterie sur place découverte à la dernière minute. Le genre de plan qu’on va vraiment s’efforcer d’éviter pour la suite.

Gart : Globalement, c’est des concerts qu’on n’a pas pu terminer pour des raisons de timing. C’est toujours frustrant parce que ce qu’on aime c‘est jouer donc devoir charcuter une partie du set c’est un mauvais souvenir.

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eMaginarock : Est-ce que c’est compliqué de gérer à la fois la vie de musicien, la vie perso et professionnelle ?

Kootoh : Je vais être très mauvaise réponse de ma part parce que pour moi c’est pas très dur. J’ai la chance de ne pas avoir d’enfants, ma femme est musicienne donc elle comprend la passion parce qu’elle vit la sienne de son côté aussi et j’ai un boulot qui me permets d’avoir pas mal de temps libre. Donc je suis celui qui s’en sort le mieux dans le groupe ! (rires)

Will : Moi j’ai une femme qui m’encourage donc ça se passe bien de ce côté-là, c’est plutôt avec l’employeur que ça se passe mal. On a eu une année très chargée en concerts et peu de jours à poser donc c’est là que c’est dur.

Gart : Moi c’est très très compliqué (rires). J’ai un travail très très prenant donc je vois pas beaucoup ma famille déjà à la base et en plus je joue dans un groupe donc c’est très compliqué mais on y arrive !

Schuff : C’est pas simple entre le travail et la famille, maintenant je pense qu’il faut savoir faire des compromis. On ne peut pas se mettre à fond dans la musique en laissant passer tout le reste non plus. Faut trouver l’équilibre : celui de se faire plaisir, sans avoir trop de frustrations d’un côté ni de l’autre et je pense que le secret il est là.

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eMaginarock : Quand vous partez tous ensemble en tournée, ça donne quoi ? C’est le bordel ou…

Kootoh : Ah bah oui ! (rires)

Schuff : Quand tu mets 5 mecs dans un van, forcément ! On mais on essaye d’être un minimum sérieux quand même, en tous cas ceux qui conduisent… (rires). On essaye de se marrer parce que la route peut être longue. Si on reprend l’exemple de dimanche dernier où on a décollé de Porto à 6h du mat’ avec deux heures de sommeil et on devait remonter jusqu’à Paris dans la journée, c’était pas évident. Mais heureusement qu’on est soudés, qu’il y a cette ambiance et cette amitié entre nous qui aident à faire passer ces moments qui sont pas forcément le plus agréable quand on tourne.

eMaginarock : Merci d’avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions. On ne vous retient pas plus longtemps.

Tankrust : Merci à vous ! Au plaisir de vous recroiser dans une salle !