La Maison dans laquelle [500 x 500]Entrez, entrez dans cette maison dont l’on ne sort pas toujours, et dans un ouvrage dont il est difficile de s’évader. « La Maison dans laquelle », de Mariam Petrosyan, c’est une maison dans laquelle… oui, dans laquelle quoi exactement ? Une école très particulière dans laquelle des familles pas toujours très aimantes viennent mettre en pension leur enfant handicapé, qu’il soit en fauteuil roulant, dépourvu de bras, ou atteint de toute autre infirmité physique. Un établissement où les enfants vont peu à peu s’éloigner du monde tel qu’il est et découvrir un univers dont ils ne constituent sans doute pas la seule étrangeté. Une maison dans laquelle, malgré une aile consacrée aux soins, certains vont mourir avant de pouvoir accéder au monde des adultes.

Les éditions Monsieur Toussaint Louverture proposent, avec « La Maison dans laquelle », une œuvre étrange, inclassable, monumentale, sinuant entre réalisme et fantastique, tour à tour naturaliste et baroque, tour à tour sensible et cruelle, tout à tour poétique et gothique, un kaléidoscope de personnages et d’ambiances qui procurent une sensation d’étrangeté bien supérieure à celle des ouvrages s’inscrivant ouvertement dans les littératures de genre.

Bel objet avec sa couverture toilée et ses près de mille pages très denses, « La Maison dans laquelle » devrait intéresser les amateurs de littérature des interstices et des marges, des zones troubles que seuls peuvent arpenter ici et là quelques auteurs atypiques, des territoires hybrides, composites, chimériques, à mille lieues des clichés, des stéréotypes, et des intrigues prévisibles et répétitives.

 

La Maison dans laquelle

Mariam Petrosyan

Traduit du russe par Raphaëlle Pache

Editions Monsieur Toussaint Louverture