couverture-de-futu-re-de-dmitry-glokhovsky-avec-un-masque-d-apollon-ou-plutot-un-masque-de-meduse-de-gorgo-sinistre-et-fatal_5421447L’auteur nous projette dans un monde futuriste où l’humanité a réussi à conquérir l’Immortalité. Le rêve est devenu réalité … malheureusement la situation tourne vite au cauchemar. La Russie réserve l’immortalité à ses dirigeants et cache cette avancée technologique à son peuple. L’Europe, gigapole, quant à elle ouvre l’immortalité à tous, sauf aux immigrés, regroupés et parqués dans Barcelone, seule ville libre de l’Europe et devenue zone de non droit. Demeure toutefois le problème de la surpopulation gérée par la Loi du Choix qui veut qu’un parent dans le couple sacrifie son immortalité au profit de son enfant. Et pour faire respecter cette Loi du Choix est mis en place un groupe d’élite, la Phalange, dont les membres sont issus des enfants des contrevenants, le tout surveillé et dirigé par un système digne de Big Brother. L’histoire s’articule autour de l’un de ces agents spéciaux, Matricule 717, dont on va suivre les pérégrinations.

Dans cet univers à la technologie exacerbée, rondement présentée par l’auteur, la campagne a été éradiquée au profit d’une gigantesque mégapole recouvrant toute l’Europe. Mais loin d’une vision utopiste de l’avenir de la société on trouve encore des quartiers mal famés, les Tréfonds, où sont parqués les personnes âgées, considérées comme des indésirables. Une menace plane, le parti de la vie, un groupe terroriste qui remet en cause cet ordre établi et souhaite proposer l’immortalité à tous tout en brisant la Loi du Choix. C’est là qu’intervient notre héros dont la mission sacrée est de tuer Rocamora, le chef de ce mouvement délétère.

Dit comme ça, le pitch est attrayant et l’idée du bouquin, originale, pourrait mériter qu’on s’y intéresse. Mais c’est sans compter sur les multiples digressions psychologiques auxquelles s’adonne l’auteur … se complaisant dans une ambiance lourde, glauque et malsaine à souhait perdant ainsi l’intérêt du lecteur à mesure que la lecture avance. En effet, la majorité du livre est orienté par les tortures psychologiques subies par le personnage principal qui n’en finit pas de retourner sa veste tout au long du bouquin. On passe ainsi plus de temps à suivre ses multiples tergiversations qu’à se plonger réellement dans le fil de l’intrigue, sommes toutes assez simple. Cette suite d’états d’âme fait de Futu.Re un roman psychologique bien plus que futuriste. L’écriture est lourde, multiplie les détours, s’intéressant au moindre détail ressenti par le personnage tout en se complaisant dans une morale douteuse où le mépris rejoint le sadisme du personnage. C’est long, lent et laborieux, empli de violence gratuite et d’un fort penchant pour les tortures de toutes sortes.

Bref, c’est salace et cru et ça se résume plus à une virée dans la tête d’un malade mental bipolaire sur les bords voire schizo embrigadé dès la naissance et dressé pour accomplir sa mission de modérateur de vie.

Futu.Re
Dmitry Glukhovsky

L’Atalante
726 pages
27 €