Eva Thörnblad est négociatrice au sein des forces spéciales de la police de Stockholm. Suite à la mort de son père, mais aussi à la disparition mystérieuse d’un jeune garçon, elle retourne dans la petite ville de Silverhöjd, où sa propre fille Joséphine a disparu sept ans plus tôt, sans que son corps soit jamais retrouvé. Convaincue qu’il existe un lien entre cette nouvelle disparition et celle de sa fille, Eva décide de reprendre l’enquête. Au fur et à mesure de ses découvertes, elle se rend compte que la forêt qui borde la ville dissimule bien des mystères…

Cette série suédoise de dix épisodes prouve une fois de plus que le style nordique fait son effet.

J’ai tout de suite accroché au personnage d’Eva, cette policière blessée par la disparition de sa fille tentant désespérément de comprendre quelque chose qui la dépasse.

Les autres protagonistes sont tout aussi crédibles et aident d’autant plus à rentrer dans une histoire qui bascule au fur et à mesure dans une ambiance de plus en plus étrange.

Loin d’une vision manichéenne portée par des enquêteurs aux allures de chevaliers blancs et des méchants psychopathes aux motivations barbares, la réalité de cette série se montre plus subtile et les raisons qui poussent ses personnages à agir sont souvent plus troubles qu’on pourrait le penser de prime abord. Les explications qui surviennent au fur et à mesure brouillent les notions de bien et de mal, et finissent par nous laisser entendre que l’ennemi n’est pas forcément celui auquel on pensait de prime abord.

L’enquête policière avance plutôt lentement mais je l’ai trouvée bien ficelée.

De nombreux mystères entourent notamment la mort du père d’Eva, dont le lien avec la forêt se révèle véritablement au fur et à mesure. Son décès coïncide en effet avec certaines disparitions d’enfants et d’adolescents, qui semblent enlevés par des entités mystérieuses dont l’apparence humaine ne sert qu’à mieux tromper les forces de l’ordre.

Ce rythme pondéré convient bien au contexte général, et il permet aux éléments surnaturels de prendre forme petit à petit, de se dévoiler au fil des épisodes. Car si l’on se rend très rapidement compte que quelque chose d’anormal se trame de l’autre côté des arbres, je me suis trouvée bien en peine de deviner de quoi il s’agissait…

Plus on avance au fil des découvertes et plus on doute, on s’interroge. Cette jeune fille mi humaine mi végétale retrouvée par la police est-elle la fille d’Eva, disparue depuis sept ans ? Quelle est cette boisson noire qui semble issue de la terre et dont se nourrisse certains ? Et surtout, qui hante la forêt des disparus ?

Cette atmosphère à la frontière du surnaturel, bercée d’interrogations et de légendes, m’a beaucoup plu. Le fantastique arrive d’une façon très subtile, et au delà d’éventuelles questions métaphysique, il impose un débat écologique au sein duquel la nature est vue comme un être vivant qui a droit au respect.

Les deux derniers épisodes m’ont un peu déçue, dans la mesure où ils basculent dans un paranormal plus franc et parfois peu crédible, mais ils n’enlèvent rien au plaisir que j’ai pris à regarder la série.

J’ai en revanche beaucoup aimé la toute fin de l’histoire.

Cette petite série mêle dont habilement fantastique et enquête policière, et confirme la patte nordique des thrillers venus du froid.

Jordskott, la forêt des disparus

créé par Henrik Björn

avec Moa Gammel, Göran Ragnerstam, Ann Petrén,…