moshka-my sleeping karmaVous avez toujours rêvé d’être astronaute, vous vous demandez ce qu’il peut bien y avoir là-haut, dans les étoiles, au-delà de toute atmosphère ? Mais votre fusée refuse de décoller depuis que vous avez oublié d’ouvrir le toit en béton armé anti-missile de votre garage ? Vous n’avez pas assez de sous pour réserver votre billet chez Virgin Galactic ? Ou vous avez tout simplement peur de vous écraser tel une merde sur une planche dans un obscur désert de la surface du globe ? Pas de problème, voici la solution : 1/portez-vous acquéreur du dernier album de My Sleeping Karma, 2/insérez-le dans votre mange-disque dernier cri, 3/mettez votre casque sans visière qui diffuse de la musique, 4/ fermez les yeux.

En moins d’une heure de musique vous aurez visité les contrées les plus reculées de l’Univers.

Et le quatuor fait ça bien, progressivement, sans vous agresser. Il vous hèle, retient votre attention tout d’abord pour vous faire entrer dans les confins de l’espace avec un premier titre aérien mais assez dynamique quoi que déjà hypnotique (Prithvi). Une fois cette première introduction terminée, première pause pour vous familiariser avec votre nouvel environnement spatial (Interlude 1).

Vous voilà maintenant frais et dispos, paré pour commencer le vrai voyage. De Vayu à Jalam vous découvrirez la douceur enveloppante des nuages, croirez reconnaître la douce mélopée de la comptine que vous chantait votre mère lorsque vous étiez jeune (Vayu), ressentirez les sensations de SuperMan lorsqu’il passe en mode Mach6 (Akasha). Vous consacrerez ensuite une vie entière (ou du moins c’est ce qu’il vous semblera) à la découverte de la planète Mars (Moksha). Planète sèche, atmosphère plus hostile et aride, mais de toute beauté. Enfin, le clou du spectacle, le fondement de notre vie vous sera révélé : l’exploration de la Voie Lactée vous sera permise (Jalam). Et comme vous vous en doutiez, cela surpasse tout ce que vous auriez pu imaginer : c’est à la fois enthousiasmant, reposant, incroyablement impressionnant et électrisant.

Mais il vous faut maintenant, tout doucement, reprendre des considérations plus terre à terre. La redescente se fait en compagnie d’échos familiers, l’invocation tutélaire des Pink Floyd n’est pas loin (Interlude 5).

Comme il avait commencé, votre voyage se termine alors (Agni). Mais on ne vous lâche pas comme ça. Comme on vous a emmené en voyage, on vous prépare à reprendre votre place sur Terre du bon pied : en vous préparant certes à affronter les turpitudes de la vie terrestre, mais surtout en inscrivant durablement en vous le souvenir et les stigmates d’un voyage dont vous ne pouvez sortir indemnes.

Car c’est bien cela qu’offre le groupe allemand avec leur cinquième album intitulé « Moksha ». 55 minutes de voyage, d’introspection, de rêve. En six morceaux et cinq interludes qui sont comme autant de pauses salvatrices entre les différentes étapes de votre voyage, My Sleeping Karma vous emporte au-delà de tout monde connu. Une visite de l’Univers à travers votre âme. Rien de moins.

Moksha
My Sleeping Karma
Napalm Records
2015