Dès les premières pages des Contes macabres, on pourrait croire à un ouvrage trop dense. Poe avait une imagination incroyable, étonnante, mais il écrivait beaucoup. Il qualifiait, usait et abusait d’adverbes, créant ainsi des descriptions minutieuses, à la limite du contemplatif. Cependant, nul ne pourra lui reprocher la netteté de son style. Par ailleurs, ce sont ces descriptions qui apportent toute la beauté des sept contes, parmi les plus connus, présentés dans ce livre. Ils magnifient l’aspect sombre de chaque histoire avec une touche de mélancolie.

Dans ce livre, Poe décrit sa société en y ajoutant ce qu’il faut de fantastique, de paranoïa. Il établit ses récits sur des bases simples : deuil, meurtre, obsession. Ces thèmes, qui connaissent aujourd’hui encore de multiples vies, sont propres au genre humain. Intarissables. Et Poe les a modelés à sa manière. Il y a du doute chez ses personnages, ils sont fouillés. Leurs histoires nous échappent, et on n’a pas d’autre choix que de les suivre dans leur descente aux enfers.

Il est des livres qui se dégustent ; les Contes macabres en fait partie. Le style est parfois compliqué, alambiqué. Il faut prendre le temps de s’immerger dans ces récits dérangeants, aux portes de la folie, de la psychose. Chaque existence de ce recueil est un miroir de l’ombre, fait de bribes de vies, de constats, d’appels au secours. Poe met un point d’honneur à façonner des avenirs plus qu’incertains, et Benjamin Lacombe illustre ici parfaitement chaque idée.

Les Contes macabres
Edgar Allan Poe/Benjamin Lacombe
Éditions Soleil
220 pages
29,95 €