41XZFkwChZL._SY344_BO1,204,203,200_On dit que les mercenaires n’ont pas d’âme, mais ils ont une mémoire. La nôtre, celle de la dernière des compagnies franches de Khatovar, vous la tenez entre vos mains. Ce sont nos entrailles, chaudes et puantes, étalées là devant vous. Vous qui lisez ces annales, ne perdez pas votre temps à nous maudire, car nous le sommes déjà…

 Si l’idée d’un traitement de l’histoire sous forme de carnet de bord reste originale pour le genre, encore faut-il voir le style de l’auteur. Les tournures de phrases sont lourdes parfois très succinctes, d’autres fois beaucoup trop longues.

Dommage, car la sublime couverture de Samuel White donne envie de se plonger dans la noirceur du monde de Cook. Les petites lanternes des mercenaires sont comme une invitation à la lecture!

Il est extrêmement difficile de rentrer dans l’univers de l’auteur. Les dialogues sont brouillons et la géographie des lieux très confuse. Il est presque impossible de s’attacher à Toubib, le narrateur, médecin et historien de la Compagnie. Les autres personnages sont froids et sombres. Le système de magie du monde ainsi que le système “politique” avec la Dame et ses Asservis n’est pas compréhensible. On ne comprend pas le pouvoir de cette magicienne et son existence semble presque irréelle! Les magiciens de la Compagnie, Qu’un Oeil et Gobelin ne sont pas vraiment développés et leur apparition donne lieu à des scènes plus comiques qu’impressionnantes. On se demande donc quel est l’intérêt d’un monde apparemment régi par la magie, mais où l’on ne la met pas vraiment en avant… Il en va de même pour Volesprit. Personnage mystérieux et intriguant, on voudrait le voir plus souvent au cours de l’intrigue, mais la narration étant purement objective (nous sommes en narration à la première personne) Toubib ne peut pas connaitre les actions de l’Assservi! Et c’est bien dommage, car avec Corbeau, c’est le seul personnage qui donne envie de tourner les pages.

Est-ce la traduction? Est-ce le style particulier ou le manque de profondeur des personnages? En tout cas, cette première intégrale de 1118 pages se lit très fastidieusement. On suit les aventures de la Compagnie à travers le Nord comme s’il s’agissait de donjons à franchir avec un boss de fin. Certains éléments de grande importance sont relatés en quelques lignes alors que d’autres détails légers prennent des pages!

Le tout manque d’émotions et la complexité de l’intrigue n’est pour une fois pas des bienvenues.

CONCLUSION

Les Annales de la Compagnie Noire sort des sentiers balisés de la Fantasy. On peut y accrocher, mais être aussi franchement déstabilisé par les choix narratifs de l’auteur.

Les Annales de la Compagnie Noire – Intégrale 1

Glenn Cook

traduction de Patrick Couton et Alain Robert

couverture réalisée par Samuel White

Editions J’ai Lu – collection semi-poche imaginaire

16,90€