iris empoisonneIris empoisonné(e) est un roman dont on ne sait pas trop où il va, ou plutôt si, puisqu’un enjeu unique (et du coup, redondant, il faut bien l’admettre) le nourrit : Irisya quitte l’appartement qu’elle a toujours connu pour retrouver son frère, Memphis. Une intrigue répétitive, pourquoi ? Parce qu’on a vite le sentiment que rien d’autre n’existe dans ce monde pourtant violent. Le style de l’auteur a tendance à desservir cette violence. Irisya doit survivre, elle est confrontée à des instincts qu’elle ne connaît que de nom ou de triste réputation. Rien, ni personne ne l’a préparée à ce qui lui arrive. Pourtant, toute cette animosité semble glisser sur elle.

Ce bouquin va assez vite à lire malgré un nombre de pages conséquent. Pour cause : l’auteur exploite une péripétie par chapitre, ce qui, en fin de compte, donne l’impression d’une multitude de possibilités jamais vraiment exploitées. D’autant que lesdits chapitres se révèlent plutôt courts. Il y a un problème de gestion des évènements. Ils s’enchaînent sans être creusés, les personnages se succèdent, affrontent toutes sortes d’antagonistes, les informations pleuvent. Néanmoins, on tourne les pages sans trop rien connaître, comme si faits et personnages étaient effleurés. Quelques révélations ponctuent l’ensemble et cassent la structure quasi-identique de chaque chapitre ; elles restent les bienvenues. L’intrigue est donc moyenne et l’auteur ne cherche absolument pas à s’en détourner. On aurait pu penser qu’elle profiterait du contexte pour soigner sa trame, la complexifier, la développer. Non.

Pour autant, tout n’est pas à jeter dans le texte. Le cadre est très intéressant, plutôt innovant. Certains détails tombent sans doute comme un cheveu sur la soupe, mais le récit a au moins le mérite d’être clair. Le lecteur ne patauge pas dans un condensé d’explications farfelues, point très agréable, surtout quand il s’agit de plonger dans un nouvel univers. Les décors sont précis sans que leur description occupe de nombreuses pages, mais on notera une vague de noms propres, au début, peu encourageante pour la suite.

Pour finir, point noir du roman : les coquilles, avec plus d’une dizaine relevée. Lire un ouvrage dans ces conditions peut devenir fastidieux, surtout avec un tel nombre de pages.

Iris empoisonné(e)
Cindy Mezni
J’ai Lu
638 pages
14,50 €