215297Mad Max : Fury Road raconte comment, dans une terre désolée et un futur post-apocalyptique, une nouvelle civilisation tenue par un despote idéalisé dans le nom de Immortan Joe impose sa loi sur une partie des terres dans un triangle tenu par l’eau, le pétrole, et les armes. Dans cette enfer dans le purgatoire, Max Rockatansky, un homme solitaire hanté par les fantômes de ceux qu’il n’a pu sauver se fait capturer par les autochtones et utiliser comme donneur de sang involontaire.

Tout part en vrille quand Furisosa, une seigneur de guerre décide de détourner le convoi dont elle est à la tête, trahissant de fait son maître, et engage une course poursuite dans le désert. Son but est de conduire dans un des rares paradis du monde les “pondeuses” d’Immortan, femmes saines qu’il utilise pour perpétuer sa lignée en tentant d’avoir un enfant viable. Dans un déluge de sable, d’acier et de sang, Max fait finalement équipe avec Furiosa pour partir en quête d’un maigre espoir de rédemption.

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Soyons clair, la critique formulé ici tend vers l’objectivité la plus absolue, mais je ne peux m’empêcher d’user de superlatif pour un tel film. Mad Max : Fury Road est le chainon manquant, le film qui grave d’une pierre numérique 100 ans de cinéma pour le digérer et l’emmener vers un ailleurs. Si certains ont fait la sourde oreille ou se sont cachés derrière un cynisme digne de série télé, il faut lire les critiques mais surtout les réalisateurs qui se sont succédés les uns derrières les autres après être sorti de leur projection.

“Comment faire après ça ?” Résumez bien leur pensée. Car ce Mad Max pousse tellement loin le visuel, le risque, la puissance qu’il en devient non plus un film, mais un opéra “barock”, violent et impressionnant par la qualité de sa mise en scène comme de la maîtrise de son récit.

Vous pouvez sincèrement ne pas aimer Mad Max : Fury Road, de la manière la plus subjective qu’on peut avoir d’aimer ou non un film. Mais on ne peut pas retirer la maestria opéré par les deux heures de films qui se déroulent devant nos yeux, car il faudrait bien être aveugle et sourd pour ne pas objectivement remarqué qu’on est devant l’œuvre d’un maitre qui a su prendre et digérer 100 ans de codes du cinéma.

Les plus littéraires des spectateurs ont accusé le scénario d’être simpliste, mais dire cela c’est ignorer la notion même du cinéma de raconter une histoire par l’image, car oui les héros de Mad Max : Fury Road ne s’arrêtent pas cinq minutes pour discuter de la pluie ou du beau temps, le silence de cet univers est le plus cohérent, et le retour en arrière est bien plus la recherche d’un but quand le monde est un enfer qu’un simple “point a-b, point b-a”, mais ça les gens l’ont ignoré dans les longueurs.

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Car Fury Road n’est pas une œuvre autre chose qu’humaniste, une continuité presque trait pour trait à happy feet 1 et 2, où on nous encourage non pas à détruire mais à espérer un meilleur monde en travaillant ensemble. Ce film est une lettre d’amour envoyé avec humanisme et bonté par un vieil homme de 70 ans qui veut qu’on retienne ça de lui, que jusqu’au bout il nous aura cru capable du meilleur même dans les enfers.

Ayant tout du conte, ce film de George Miller repousse loin les dimensions du film d’action et ne prend pas le temps d’expliquer au spectateur chaque seconde, déroulant le fil des actions comme celui d’Arianne et faisant croire à un immense labyrinthe quand tout suit une parfaite logique. Combien ont remarqué que c’était la balle que tire Max qui écorche Angharad et provoquera sa chute une dizaine de minutes plus tard ? Ou que les livres présent dans la chambre forte des filles sont des pièces de Shakespeare ce qui explique l’étrange manière de parler de Dag ?

On a même insinuer que Charlize Theron était plus impressionnante que Tom Hardy, or c’est faux. Ils ne sont pas plus important l’un que l’autre, ils sont au contraire parallèle, sauf qu’ils n’ont pas le même but. Max doit réapprendre à être humain, à prendre des risques pour les autres, et c’est ce chemin de croix qu’il opère présentant un Max rempli de fureur et de sauvagerie. A l’image même du chienhekhd7g1ddmnboxclncm qui suivait Mel Gibson dans le deuxième film, il est plus proche de l’animal, par ses mouvements rapides et alertes, jusqu’à la muselière qu’on lui met au début du film.

Certains ont aussi reproché le film de ne plus être sur la course au pétrole comme ses prédécesseurs. C’est qu’entre temps, des années ont passé, et le propos de George Miller se fait bien plus politique quand il décide d’incarner ce monde ou, pour exister, seul compte la possibilité d’agir en rapace, dévorant tout autour de nous. De l’eau au sang, le récit montre l’Homme sous tout ses aspects jusqu’à la notion même de vampire, voir de cannibale (je l’avais dis qu’on y reviendrait).

Mad Max : Fury Road est sans aucun doute le film le plus impressionnant de l’année. Est-ce que Star Wars arrivera à le surpasser, j’avoue sincèrement ne pas le savoir et avoir de sérieux doutes. Ce qui est sûr, c’est que jamais en 10 ans on avait atteint un tel déluge de bruit, de fureur, et d’un message plus subtil qu’il n’y paraissait.

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Mad Max : Fury Road
Réalisé par : George Miller.
Produit par : Kenedy Miller Productions
Avec : Tom Hardy, Charlize Theron, Nicholas Hoult, Hugh Keays-Byrne…DVD disponible (et à se procurer d’urgence).