evernight2Camille a été enfermée à l’orphelinat du Cheval-Pendu depuis qu’elle a été capturée par les autorités d’Evernight. Elle est désormais au service d’autres enfants qui, contrairement à elle, sont capables de manier le Changement.

Une visite de Mac Claw et de Maximilien, venus enquêter sur les circonstances du vol de sa montre, va tout changer : l’intérêt de ces deux personnalités pour Camille attise la curiosité. Mais, surtout, Maximilien profite de l’occasion pour discrètement remettre à la jeune f ille une mystérieuse clé…

Dans le tome précédent, Camille débarquait à Evernight et découvrait ce monde particulier, gouverné par des animaux peu amènes envers les humains ; jugés trop dangereux. Ballottée en tous sens, incapable de comprendre ce que lui veulent les habitants d’Evernight, Camille subissait la plupart des événements sans pouvoir véritablement intervenir. Dans cette suite, l’accent est mis sur le trio humain North, Maximilien et Mathias, au point que l’on se demande si Camille va vraiment avoir un rôle dans cette histoire. Car, du côté de l’orphelinat, l’auteur a choisi de mettre en avant des personnages secondaires qui n’aident pas l’héroïne à remplir sa fonction (elle n’apparaît qu’à la moitié du livre, et pour un rôle toujours peu important). Le récit, d’ailleurs, se concentre beaucoup sur le secret de Mathias qui, sans être révélé, demeure le noyau du livre, avec les pensées, les doutes et les espoirs du jeune garçon ; mais aussi leur impact sur North et Maximilien. À la longue, cela phagocyte totalement le reste de l’intrigue, notamment les quelques passages à l’orphelinat, et augmente la sensation d’éloignement du lecteur par rapport à Camille. L’ensemble provoque une frustration désagréable, sans que la fin ne puisse y changer quoi que ce soit. Tourner ainsi autour du pot ne favorise pas l’accroche d’un jeune lectorat, certes friand de secrets, mais pas à n’importe quelle sauce.

Si le trio humain installé à Evernight profite à nouveau du choix narratif de l’auteur, le lecteur va s’éloigner ici davantage de Camille, encore moins exploitée que dans le tome précédent. Même lorsqu’elle semble prendre les choses en mains, son personnage demeure trop effacé par rapport aux autres, notamment ceux qui, à l’orphelinat, ont le pouvoir de manier le Changement. C’est un peu dommage de l’avoir ainsi reléguée au second plan : elle apparaît presque comme une excuse au déroulement du reste de l’histoire, l’élément déclencheur qui, par la suite, n’a qu’un intérêt limité.

Le style de l’auteur, toujours clair et simple à suivre, souffre encore de l’utilisation abusive de verbes faibles et de participes présents qui alourdissent la lecture.

Cette suite est donc une déception, tant au niveau de l’histoire que du traitement des personnages. Un peu moins d’insistance sur le secret de Mathias et plus d’intérêt sur les événements liant Camille et l’orphelinat auraient été profitables au récit. Si le final laisse entendre que les enfants ne sont pas sortis des ennuis, il ne suffit pas à éveiller un intérêt pour la suite.

Les enfants d’Evernight, L’orphelinat du Cheval-Pendu

Mel Andoryss

Éditions Castelmore

352 pages

10,90 euros