LacrimosaLorsque j’ai vu ce roman, je me suis dit : « Encore de la bit-lit… » avec une moue désabusée, en ayant profondément marre des histoires de vampires cul-cul et de midinettes amourachées. La seule chose qui m’a, au départ, fait me lancer dans cette lecture c’est le fait que l’auteure soit française. Je suis en effet toujours curieux de voir ce que notre beau pays peu produire en matière d’imaginaire, y compris en bit-lit… Je me suis donc lancé dans cet univers, entre vampires et Metal.

La couverture, comme tout ce qui se fait actuellement en bit-lit est une photographie d’une jeune fille plutôt jolie, clairement identifiée dans la mouvance gothique et dotée d’un joli tatouage. Je suis peut-être un peu cynique mais personnellement je finis par être agacé par ces couvertures photographiques standardisées, ne présentant pas de différence avec les autres titres du moment… Si la couverture n’a pas su me convaincre, le pitch non plus même s’il met en place le personnage de Sascha.

Mes amis m’appellent Sascha, mes ennemis ne me connaissent pas.
Cela dit, je ne sais pas vraiment non plus qui ou ce que je suis. Ça ne m’a jamais empêchée de profiter de la seule chose positive que cette vie a bien voulu me donner : mon pouvoir, posséder le corps de n’importe qui d’un simple contact. Ce don étrange me permettait d’éliminer les suceurs de sang, ceux qui ont brisé mon existence.
Jusqu’au jour où j’ai rencontré Raphaël. Énigmatique, létal, irrésistible, totalement immunisé contre mon pouvoir… et en mesure de me fournir la vengeance qui m’échappe depuis tant d’années.

Jusqu’à maintenant je n’ai pas été très tendre avec ce roman mais une fois entré dans l’histoire, assez étonnamment je n’ai pas pu la lâcher. Alice Scarling est parvenu, en quelques pages, à m’immerger dans son univers, bercé par la sphère Metal parisienne, par les créatures de l’urban-fantasy, et par une héroïne finalement assez typique et pourtant qui a su me surprendre. Oui, cela peut sembler incohérent présenté comme cela mais j’ai été tellement surpris par ce titre que j’ai du mal à en parler. Le scénario ne laisse pas vraiment de répit car l’auteur parvient à mêler de manière assez intelligente son intrigue principale autour de Lazarus à la vie personnelle, et assez chaotique, de Sascha. L’ensemble est très bien construit, les ficelles employées sont classiques mais bien exploitées et l’alternance des problématiques également.

Le personnage de Sascha est LE point fort de ce roman. Contrairement à beaucoup d’héroïnes de bit-lit elle est indépendante, vie sa vie et surtout ne s’accroche à personne. On se promène un peu au fil du roman dans ses sentiments, ses pensées mais sans atermoiements interminables, ce qui permet au lecteur de se sentir à l’aise. Le sexe est également un élément très, peut-être trop, présent dans ce roman mais il est difficile d’y couper au vu du genre concerné.

Le style est fluide et le discours à la première personne est parfaitement géré par l’auteur. Il s’agit d’un premier roman et pourtant cela ne se sent pas vraiment. Les tics de langage, les paroles spontanées sont autant d’éléments qui ajoutent à la crédibilité du récit et à son aspect vivant.

Lacrimosa est un excellent premier tome, qui a vraiment su me surprendre par sa qualité alors même que je m’attendais à lire une énième occurrence d’aventure vampire-humain à l’eau de rose. Le roman se lit très vite, le rythme imposé par l’auteur aidant vraiment à le dévorer avec une facilité déconcertante. Bref, Alice Scarling promet beaucoup après ce premier opus et je ne peux qu’avoir hâte de découvrir la suite afin de voir si elle confirme tout le bien que je pense de sa plume…

Lacrimosa
Requiem pour Sascha T1
Alica Scarling
Milady

7,10 €