Upside DownUpside Down se déroule dans un univers extraordinaire, où vit un jeune homme ordinaire; Adam, qui tente de joindre les deux bouts dans un monde détruit par la guerre. Tout en luttant pour avancer dans la vie, il est hanté par le souvenir d’une belle jeune fille venant d’un monde d’abondance. Elle s’appelle Eden. Dans cet univers, son monde se trouve juste au-dessus de celui d’Adam – si près que lorsqu’il regarde vers le ciel, il peut voir sa ville étincelante et ses champs fleuris. Mais cette proximité est trompeuse, l’entrée dans son monde est strictement interdite et la gravité de la planète d’Eden rend toute tentative extrêmement périlleuse.

Si le pitch et les visuels promettaient un film époustouflant, il n’en est finalement rien, car le réalisateur oublie les pièces du puzzle métaphoriques qu’il glisse dès le départ aux spectateurs.

Upside Down est un film niais et lent mettant en avant une histoire d’amour à la Roméo et Juliette sans se soucier des nombreuses métaphores qu’il crée et n’utilise jamais. En effet, le réalisateur sous-entend très clairement le gap entre les classes sociales empêchant les plus pauvres d’atteindre la qualité de vie des plus riches. On parle aussi de la réunification de deux mondes en en créant un nouveau avec Adam et Eden (il ne faut pas aller chercher très loin pour voir le symbole…), mais tout ceci n’est jamais exploité. Solanas semble vouloir s’attaquer au fonctionnement de la société contemporaine sans jamais rentrer dans son sujet! Ainsi, l’histoire d’amour sans saveur entre Kristen Dunst et Jim Sturgess prend le pas sur la dénonciation du capitalisme et la lutte des classes.

De plus, à l’inverse d’un Gravity qui pour le coup met en avant les effets de la gravité et tourne son intrigue autour, le réalisateur ne prend même pas la peine de s’intéresser au sujet à part pour nous montrer qu’Adam ne peut survivre dans le monde d’En-Haut sans brûler.

Les deux acteurs n’ayant aucun charisme, leur aventure amoureuse ne nous intéresse pas et si la tentative d’élévation dans la société d’Adam est un point auquel on peut s’identifier facilement, elle n’est jamais poussée au bout. Adam ne souhaite rejoindre le monde d’En-Haut que pour vivre avec sa princesse ce qui est un objectif bien étonnant quand on voit la vie misérable qu’il mène…

Si les 40 premières minutes sont plutôt agréables, la suite n’est qu’une succession de niaiseries et de sucreries sans nom sous couvert d’une ambiance graphique plutôt réussie.

upsidedown5

Soudainement, le réalisateur décide d’utiliser le flare sans interruption notamment dans les séquences “love”. Un cliché mal venu dans un film qui déjà ne fait pas dans la subtilité!

critique-upside-down--monde-a-lenvers-film-de-travers-4862-1

Tout ceci est vraiment dommage, car la direction de la photographie est quand même de qualité, les décors époustouflants et certaines séquences vraiment poétiques. Mais malheureusement, même la poésie de l’image et l’étrangeté de ces deux mondes ne sont pas poussées à fond et on a très vite l’impression que le fantastique est un gros prétexte pour raconter une énième histoire d’amour impossible.

upside-down-trailer

CONCLUSION

Upside Down est un film très décevant qui aurait pu devenir une belle fable si le réalisateur avait su développer son intrigue et sa pensée jusqu’au bout, d’autant plus que des thèmes importants restent non-exploités au profit d’une intrigue bateau et d’un mauvais divertissement.

Upside Down

de Juan Solanas

avec Jim Sturgess, Kristen Dunst, Timothy Spall

Upside Down Films, Onyx Films

DVD et Blu-ray disponibles