Kerns de loubliJ’avais eu l’opportunité d’entendre parler de cet auteur bien avant de découvrir son roman et les échos que j’en avais eus à l’époque m’avaient fait pressentir le meilleur. Eh bien figurez-vous que je ne me suis pas trompé puisque Feldrik nous propose une fantasy rafraîchissante, ce qui arrive trop rarement. Entrez dans cet univers de feu et de sang sur les traces d’Erkan…

La couverture d’Alexandre Dainche est parfaitement dans le ton du roman : entre clairs et obscurs, sur fond de combat sanglant, le personnage s’avance vers nous, menaçant.  Du grand art à nouveau de la part d’un illustrateur de talent.

La quatrième de couverture ne devrait, elle aussi, pas vous laisser insensible :

Plan d’ensemble. Vue d’oiseau. De la brume se dissipe, lentement, laissant percer la masse sombre d’une île. Elle se dresse, souveraine,  dans son trône de pierre.

Almenarc’h.

Un vent violent balaye la scène. Assombrissant le ciel. Troublant les eaux du lac. L’Imprenable, forte d’un règne millénaire, vacille, sous la menace d’un simple silence. …peron de roche, fière citadelle, toi dont le nom est porté comme une légende aux confins du monde, pourquoi trembles-tu ? Craindrais-tu les ambitions fragiles de quelques mortels ? Cataxak, l’Ètranger ? Ulnhor, le roi déchu ? Roch, le gardien au cœur rongé par la colère ? Non, plus encore que tout autre nom, Almenarc’h craint le dernier de ses fils. Erkan. Guerrier maudit. Honni. Banni. Eh bien tremble, belle endormie. Car la main aveugle qui guide ce malheureux, elle, n’ignore rien du secret de tes entrailles.

Comme le suggère cette présentation, l’ensemble du roman va être de la pure fantasy épique. Et c’est une bonne chose au final car la fantasy qui ne se prend pas pour ce qu’elle n’est pas manque un peu en ce moment, notamment chez les Anglo-saxons. Ici Feldrik Rivat prend son univers pour ce qu’il est : une source de plaisir et d’aventures immersives. De la première à la dernière page, il m’a été difficile de quitter la lecture ce roman, ce qui m’arrive désormais très très rarement. Mais entrons de manière plus précise dans cette saga…

D’un point de vue scénaristique, Les Kerns de l’oubli reste une histoire de fantasy assez classique, avec des trahisons, des combats,… Alors oui c’est classique, mais l’histoire est suffisamment intéressante pour réellement m’avoir invité au voyage.

Mais cette entrée dans cet univers est clairement due au style atypique de l’auteur. Les lecteurs sont habitués aux récits d’imaginaire avec un narrateur omniscient mais cette fois, Feldrik nous propose une histoire racontée à la première personne, par les protagonistes eux-mêmes. De là vient d’ailleurs le côté rafraîchissant que je trouve à ce titre car il se démarque vraiment de ce qui se fait par ailleurs dans le domaine. Stylistiquement, l’alternance des narrateurs est parfaitement gérée par de légers changements de langage qui permettent d’identifier aisément chaque protagoniste. Ce « Je » récurrent permet aussi de donner un rythme soutenu à l’aventure qui contribue à l’immersion.

Le seul léger bémol que j’ai relevé ici consiste entre quelques erreurs de mise en page et de correction qui  apparaissent par moment. Rassurez-vous toutefois, elles restent très sporadiques…

L’Exil est donc un premier tome très réussi pour Les Kerns de l’oubli et vous ne devriez pas vous ennuyer en découvrant les aventures que nous propose Feldrik Rivat. De la bonne fantasy s’il en est et personnellement j’ai vraiment hâte de découvrir le second opus…

Retrouvez l’auteur et l’univers sur : http://www.kerns.fr

L’Exil
Les Kerns de l’oubli T1
Feldrik Rivat
Editions de l’Homme Sans Nom

19,90 €