Le Sang des 7 Rois 1L’Atalante publie au mois d’août le second opus de la nouvelle saga phare de fantasy francophone chez eux : Le Sang des 7 Rois. Purement ancrée dans le Moyen-Âge imaginé d’une terre lointaine où se côtoient, de manière plus ou moins simple, sept royaumes sur un même continent. Jusque là, rien de bien innovant en matière de fantasy, mais lorsque deux enfants sont enlevés de manière mystérieuse au cœur du fief de Hauterre, les choses vont prendre une ampleur insoupçonnée.

La couverture de Yann Tisseron surprend de prime abord par sa simplicité. En effet, nous sommes plus habitués ces dernières années à des couvertures de fantasy flamboyantes riches en couleurs et en dégradés. Ici, un dessin à l’encre de Chine, simple et parfaitement réussi, qui fait clairement penser à un croquis issu d’un journal de voyage. Le personnage d’Orville est représenté selon l’idée que je m’en faisais… Bref, du très beau travail. La quatrième de couverture pose l’ambiance :

Deuxième jour de traque. Depuis le départ du château, la pluie n’a pas cessé de tomber. Je profite d’une roche en surplomb pour abriter le journal et écrire ce premier compte-rendu. Arrivés sur les alpages, nous avons suivi la crête pour trouver des indices. Rien ne nous avait préparés à ce que nous avons trouvé là. Un autre campement avait été édifié à cinquante pas à vol d’oiseau du premier et tout indique qu’alors que nous pensions notre retard considérable, ses occupants s’en étaient allés quelques heures auparavant.
Entrez dans l’univers des 7 royaumes où sévit l’inquisition, et découvrez le secret de l’origine du sang bleu.
Un événement en fantasy française. Un premier roman, un coup de maître.

Le Sang des 7 Rois est un de ces romans étonnants, que l’on prend plaisir à lire mais dans lequel on a du mal à entrer. En effet, les premières pages accusent, à mon sens, un rythme trop lent à mon goût. Mais au bout d’une cinquantaine de pages, le plaisir de lecture grandit et les aventures d’Orville, à travers les montagnes, sur la piste du groupe de guerriers particulièrement talentueux ayant kidnappé les enfants, deviennent vraiment immersives. Viennent se mêler différents destins, différentes histoires puisque derrière cet enlèvement apparaît le spectre du sang bleu, accordant des pouvoirs surprenants. Mais une sorte d’inquisition entre en scène et vise à contrôler l’existence et l’expansion de ces personnes extraordinaires.

Ce que Régis Goddyn parvient parfaitement à maîtriser, c’est son scénario. En effet, il a réussi à me surprendre grâce aux péripéties vécues par Orville. Je m’attendais à suivre une traque sur près de 400 pages mais il a réussi à me prendre en débotté en créant un retournement de situation rendant le destin de son principal protagoniste réellement étonnant et passionnant.

Stylistiquement, quelques problèmes sont toutefois à noter. En effet certaines phrases m’ont semblé trop tarabiscotées pour être compréhensibles, notamment au regard du reste du texte. De même, des coquilles émaillent le texte, et parfois de manière désagréable. Mais au-delà de ces inconvénients, l’ensemble du roman est bien écrit, les descriptions des lieux, des personnages, étant efficaces et expressives.

Le Sang des 7 Rois est un excellent premier tome, qui a réussi à se jouer des codes de la fantasy autour de la quête initiatique pour surprendre le lecteur. Malgré quelques petits défauts, sa nomination à de nombreux prix est tout à fait justifiée et les amateurs de medieval-fantasy devraient se pencher de près sur ce roman. Je suis, à titre personnel, vraiment curieux de voir ce que l’auteur va faire du personnage d’Orville, et ce que deviendra le Huitième Royaume…

Le Sang des 7 Rois T1
Régis Goddyn
L’Atalante

21 €