Nephyr 1La collection Darklight n’a de cesse de progresser ces derniers temps dans le cœur du public, notamment grâce à la série Rebecca Kean de Cassandra O’Donnell qui agit comme un véritable moteur pour les autres publications. Et Florence Lottin, directrice de cette collection a visiblement à cœur de publier des auteurs francophones, Nëphyr en étant la preuve puisque Cindy Mezni est suisse. Mais alors que la bit-lit s’essoufle sur les étals des libraires et dans le cœur des lecteurs, ce titre saura-t-il trouver son public ?

La couverture de Fleurine ne propose aucune nouveauté. Classique pour un roman de bit-lit ou d’urban-fantasy, elle met en scène Némésis. Je ne sais pas trop quoi dire de plus, j’en ai finalement trop vu, des couvertures de ce type… Mais la présentation de l’éditeur vient intriguer le lecteur :

Mon nom est Némésis, je suis la Reine des Nëphyr. Si vous nous prenez pour de simples vampires, passez votre chemin, vous aurez tôt fait de découvrir notre nature véritable… Je dirige mon clan d’une main de fer, et quand la famine et la rébellion menacent d’éclater, croyez-moi, la tendresse n’est pas une option. Et comme si ça ne suffisait pas, des intrus ont réussi à pénétrer sur notre territoire, et ils semblent un peu trop bien informés à mon goût…

Oui, la bit-lit et l’urban-fantasy occupent encore les étals de libraire, et c’est une bonne chose pour la diversité de la production en France. Mais ce qu’il faut observer en premier c’est que de plus en plus de francophones viennent tenir la dragée haute aux anglo-saxons à travers tout cette production foisonnante et surprenante. Alors oui bien sûr, après tant de temps et d’opus dédiés à ce genre, la redondance arrive parfois et c’est pourquoi les auteurs sont aujourd’hui contraintes de se démarquer autant que possible de ce qui est produit par ailleurs. Et c’est justement le cas de Cindy Mezni qui nous propose un roman d’urban-fantasy où les Nëphyr, race que j’assimile à un croisement entre des vampires et des démons, seront les protagonistes principaux d’une aventure aux accents post-apocalyptiques. Car oui, l’auteure parvient pour le coup à merveille à mélanger les genres, offrant aux lecteurs une vision dystopique du futur de l’humanité à travers le spectre visuel d’une des nouvelles races dominantes. Le concept est plutôt intéressant et bien emmené par l’auteur.

Le lecteur suit Némésis, reine des Nëphyr, dans ses péripéties pour comprendre ce qui est arrivé à leur cheptel nourricier d’humains, ravagé par ce qui semble être des vampires. Mais les apparences ne risquent-elles pas d’être trompeuses ? Une fois entré dans le roman, il faut bien comprendre qu’ici, la violence et le sexe seront débridés. Un peu trop à mon goût pour le second d’ailleurs. Les éléments violents sont expliqués par la nature des personnages, par leurs velléités et leurs interactions mais le sexe apparaît comme une récurrence bien trop présente à mon goût. Que l’on comprenne une bonne fois que l’appétit sexuel de Némésis est satisfait d’une certaine manière n’oblige en rien à avoir des scène répétées et un triangle sexuel et amoureux dès les premières pages. Cela m’a donné l’impression que l’auteur tombait un peu dans la facilité par endroit alors que son roman n’en avait en rien besoin, son scénario se suffisant à lui-même.

D’un point de vue stylistique, Cindy Mezni nous propose quelque chose d’actuel, de vivant et de dynamique qui s’adapte parfaitement à son récit. L’ensemble est trépidant et le lecteur suit avec plaisir les péripéties des personnages décrites par l’auteur. Peu de pauses dans ce roman qui peut s’assimiler aux page-turner américains…

Ex Tenebris est donc un premier tome de mise en place abouti et bien construit qui devrait plaire sans hésitation aux lecteurs et lectrices d’urban-fantasy et de la collection Darklight. Le seul reproche que je peux faire à ce titre est la trop grande récurrence des scènes de sexe qui m’ont un peu lassé, le roman n’ayant pas besoin de cette adjonction pour être réussi. Un nouveau succès pour J’ai Lu au rayon de l’Imaginaire, donc…

Ex Tenebris
Nëphyr T1
Cindy Mezni
Darklight
J’ai Lu

10,90 €