Richard ElyeMaginarock.fr : Bonjour Richard Ely, et merci d’accorder cette interview à eMaginarock ! Tout d’abord, pourriez-vous vous présenter, vous et votre parcours, pour nos lecteurs qui ne vous connaitraient pas ?

Richard Ely : Alors, pour ce qui est de mon parcours… Je suis d’abord un passionné d’imaginaire et de folklore. Plongé dedans quand j’étais petit, pas dans un chaudron de potion magique, plutôt dans un chaudron de sorcière vu mes origines… Je me suis donc toujours intéressé au fantastique, à l’étrange depuis mon enfance, à travers mes passions, mes études universitaires. J’ai ensuite travaillé dans ce domaine pour des sites, des magazines, des expositions avant de me consacrer spécifiquement à la féerie. J’ai repris des études en ethnobotanique et me suis posé au carrefour des chemins entre Féerie et Nature. C’est là que se situe mon intérêt pour les fées, elfes, lutins… Un intérêt que je suis quotidiennement à travers mon blog spécialisé, peuple-feerique.com et, depuis quelques années, dont je rends compte dans des livres.

M.net : Les fées, les lutins, c’est une passion qui remonte à l’enfance pour vous. Comment expliquez-vous cette fascination ?

R. E. : Difficile d’expliquer vraiment pourquoi on s’attache plus particulièrement à une chose, un sujet. Bien sûr, il y a les rencontres qui façonnent son propre terrain, terreau. Pour moi, né dans un village de l’étrange, croisant la route de Pierre Dubois, Claude Seignolle, Thomas Owen, la direction était bien définie je pense. Mais je ne peux dire si ce sont de telles rencontres qui vous emmènent vers l’Ailleurs ou l’Ailleurs vous appelant qui vous fait croiser de telles personnalités… Ce qui est sûr, c’est que le chemin des fées combine tout ce que j’aime : rêveries, croyances, mythologies, imaginaire, Histoire, Nature, Folklore…

M.net : Le Grand Livre des Esprits de la Nature est un ouvrage très complet. Combien de temps vous a-t-il fallu pour mener ce projet  à bien et où vous êtes-vous procuré toutes ces informations ?

R. E. : Le livre a pris trois années de travail à raison de deux à six heures par jour, chaque jour. Il m’a d’abord fallu une année complète pour rassembler les sources, la documentation. J’ai la chance de posséder une belle bibliothèque personnelle sur le sujet m’y intéressant depuis pas mal d’années déjà mais bien sûr, il a fallu faire d’autres acquisitions, copies… Faire appel à de bonnes sources également, amis traducteurs, anthropologues… Au final, pas moins de 300 références bibliographiques et des centaines de feuilles volantes ont transformé mon bureau en vrai Capharnaüm.

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M.net : C’est Frédérique Devos qui était en charge des illustrations, qui sont loin des « classiques » auxquels on est habitués en matière de féérie. Vous a-t-elle consulté pendant son travail ? Aviez-vous votre mot à dire ? L’avez-vous aiguillée dans sa démarche ?

R. E. : Nous sommes restés, depuis le départ, dans un flux d’échanges continu. La première année, Frédérique a cherché le style adéquat pour ce livre. La volonté était de ne pas faire trop typé fantasy, de renouer avec la démarche des artistes de l’Art Nouveau dans leur approche artistique de la Nature et de montrer l’ « invisible ». Au bout de beaucoup de doutes, d’essais, elle a finalement développé ce qui a abouti au résultat que vous tenez entre les mains. Et je dois dire que j’ai été comblé. Je n’imaginerais par Le Grand Livre illustré autrement. C’est magique !

M.net : On ne peut s’empêcher de faire la comparaison, ou du moins de mentionner Pierre Dubois. C’est un mentor, un modèle ? Ou plutôt l’homme à égaler ou dépasser ?

R. E. : Pierre Dubois est un ami et un des trois hommes que j’admire le plus. Bien sûr, la comparaison revient souvent et je m’y attendais. Par contre, dès le départ, sachant que je me dirigeais vers une sorte d’encyclopédie, j’ai fermé les encyclopédies féeriques de Pierre Dubois et ne les ai ouverts à nouveau qu’à la fin du travail.  J’ai alors fait deux constats : l’incommensurable travail de Pierre dans ses encyclopédies, car tout y est, profondément enfoui sous son style inimitable, mais tout y est ! L’autre constat était que je m’étais pas mal débrouillé finalement : j’approchais le même Petit Monde que Pierre Dubois mais avec un tout autre ton et une cohérence propre liée à la thématique première de mon sujet, les esprits liés à la nature. Pierre m’a d’ailleurs félicité pour le livre, un vrai bonheur, peut-être même un soulagement, que d’entendre ces compliments venant de l’Elficologue…

M.net : Pouvez-vous nous parler de vos futurs projets ?

R. E. : Je sors un Bestiaire des fées, lutins et autres créatures fantastiques de France avec Amélie Tsaag Valren en octobre de cette année. Ensuite, je devrais revenir quelques temps à des projets jeunesse, un domaine qui me tient beaucoup à cœur. Enfin, le tome 2 du Grand Livre devrait voir le jour courant 2015, nous y suivrons les esprits sauvages au plus près des Hommes cette fois !

M.net : Merci beaucoup Richard Ely de nous avoir accordé cet entretien ! Un dernier mot pour nos lecteurs ?

R. E. : Qu’ils puissent ouvrir leur regard à cette Nature extraordinaire qui nous entoure… Une Nature qui, un jour, a rêvé l’Homme. Qu’ils n’oublient donc pas leur origine… Tout est là.