Haut-Royaume T1Pierre Pevel est à l’heure actuelle l’un des auteurs français les plus bankables du marché. Chacun de ses titres connaît le succès non seulement chez nous mais aussi à l’étranger, ce qui fait de lui l’un des rares auteurs à avoir réussi son exportation, notamment aux États-Unis. Après Les Lames du Cardinal il nous revient avec une nouvelle saga de fantasy épique intitulée Haut-Royaume, qui est d’ores et déjà promise au succès.

La couverture, signée Didier Graffet, est à la fois sobre et parlante pour le lecteur. Ces armoiries argentées sur fond noir créent une impression de mystère qui devrait intriguer le lecteur et le pousser à en découvrir plus avec la présentation de l’éditeur :

Il avait nom Lorn Askariàn. Certains disent que le malheur arriva par lui et d’autres qu’il fut celui par qui tout fut sauvé. Dans ses veines coulait le sang  noir des héros condamnés.  
Le Haut-Royaume connaît sa période la plus sombre. Le roi est affaibli et la rébellion gronde aux frontières du territoire. En dernier recours, le souverain libère Lorn de ses geôles et le nomme Chevalier du Trône d’Onyx, chargé de protéger l’autorité royale. Héros valeureux et juste, Lorn est une figure d’espoir pour le peuple, mais il poursuit également un but secret : retrouver ceux qui l’ont maintenu en captivité, les uns après les autres… et leur faire sentir le goût de la vengeance.

Comme toujours avec Pierre Pevel, la fantasy n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît, même quand elle promet d’être épique. Et cela se ressent dès le début de ce roman alors que ses protagonistes évoluent dans les rues sombres et glauques pour s’aventurer dans une fumerie. La scène paraît finalement assez anodine au départ mais elle va avoir un importance capitale pour définir les relations entre Lorn et les autres personnages ici développés.

D’un point de vue scénaristique ce premier tome est assez impressionnant. Pierre Pevel crée un monde vaste et crédible, dans lequel il fait des évoluer des personnages auxquels le lecteur ne manquera pas de s’attacher. Point important : le seul reproche que je pouvais faire à l’auteur était que je trouvais ses romans un peu lents à démarrer à mon goût. Or là, le rythme haletant est pris d’emblée, sans fioritures, emmenant le lecteur dans une suite de péripéties entrecoupées d’un saut dans le temps mais particulièrement bien amenées. Car oui, le prologue en est ici vraiment un, se déroulant trois ans avant les faits principaux du roman. L’ensemble de l’histoire est cohérent bien que ne révolutionnant pas le genre fantasy dans son entier.

Les personnages sont ce qui m’a posé le plus de problème avec Le Chevalier. Lorn est particulièrement réussi et sa dualité représente à merveille ce que l’on attend d’un héros de fantasy torturé. Toutefois, la force de caractère de Lorn rend les autres protagonistes un peu fades et c’est dommage que la puissance d’un seul éclipse légèrement les autres…

Stylistiquement, soyons clairs, c’est du Pierre Pevel (oui je sais cela fait un peu redondant mais c’est vrai). Son style très littéraire, particulièrement exigeant, se retrouve dans ce nouveau roman et personnellement j’en ai été ravi. A l’heure actuelle, l’Imaginaire se nivelle trop souvent par le bas et c’est réellement dommage. Pierre vient relever ce niveau de la plus belle des manières.

Le Chevalier est un premier tome changeant des romans habituels de Pierre Pevel, tout d’abord car le lien à l’histoire se faire nettement moins sentir. Toutefois, les éléments constitutifs de ce que cet auteur peut proposer de mieux sont là : un scénario intéressant, un style précis et agréable à lire, un personnage central fort et un univers vaste et intrigant. Bref, n’hésitez pas à vous jeter sur ce roman, c’est du très bon Pierre Pevel…

Le Chevalier
Haut-Royaume T1
Pierre Pevel
Bragelonne

25 €