Les romans graphiques se développent actuellement sur le marché mais ne sont pas encore légion, fort heureusement car cela permet de découvrir certaines perles telles ces aventures d’un goubelin. Avant d’ouvrir ce livre je ne connaissais ni l’auteur, ni l’éditeur et j’étais curieux de découvrir ce qui pourrait m’être proposé. J’ai donc tourné avec joie une couverture qui avait eu le don de m’intriguer…

La quatrième de couverture est à la fois sympathique et surprenante, je vous laisse en juger par vous-même :

J’avais entendu bien des choses sur le paradis et l’enfer. Et j’avais toujours pensé que si je venais à mourir (et que finalement Dieu existait), je visiterais certainement l’un et l’autre avant de décider où poser mes valises.
Mais la vie n’est jamais comme on l’imagine. Surtout quand elle est finie.
Et jamais, non jamais, je n’aurais pensé me retrouver là !
Tout a commencé lorsque j’eus la stupide idée de mourir (oui je sais, hélas).

Je commencerais cette chronique en vous annonçant qu’en découvrant Les aventures d’un goubelin en pays de Broe, vous allez prendre une claque. Dans le bon sens bien entendu puisque j’ai réellement été surpris à la fois par la maturité du récit mais aussi de l’illustration, particulièrement diversifiée.

Au fil des pages vous suivez le récit d’Alice Osmont, morte toute récemment, qui découvre ce qui semble être l’autre monde. Mais qu’en est-il réellement ? Stylistiquement, le texte est particulièrement bien écrit et ciselé à souhait. Dans trop de romans graphiques nous retrouvons des palettes de textes sans réelle relation avec l’illustration ou alors trop difficilement lisibles,… Ici, malgré parfois quelques soucis sur la taille de la police employée, je n’ai rien trouvé à redire. L’adéquation des éléments, la pertinence des encarts sur les différentes espèces et sur les différentes créatures rencontrées sont intéressantes et bien menées. Le scénario proposé  a quelque chose de burtonien, d’à la fois complètement barré et pourtant terriblement bien conçu.

Les illustrations vont justement dans ce sens. Elles n’ont pas été sans me rappeler L’Étrange Noël de Mr Jack, film totalement délirant et émouvant. Et c’est bien cela que le lecteur ressentira avec le récit ici présenté. Les couleurs, les dessins, l’univers développé devraient plaire à tous les amateurs de gothique et de baroque déjanté. Cela se trouve en ce moment trop rarement pour que l’on puisse s’en priver.

Les aventures d’un goubelin en pays de Broe est un récit assurément surprenant mais qui a su me convaincre que les romans graphiques pouvaient avoir un réel intérêt en matière de fantastique. H.M. Larbaigt parvient à nous proposer un récit passionnant, sans fausses notes et accompagné d’illustrations d’excellente qualité. Même si l’ensemble n’est pas sans rappeler l’univers de Tim Burton, l’auteur parvient parfaitement à s’en démarquer et à nous proposer quelque chose qui n’appartient qu’à elle. Merci en tout cas pour cette découverte et vivement le Livre II !

L’extraordinaire après-vie d’Alice Osmont ou Les aventures d’un goubelin en pays de Broe
H.M. Larbaigt
Charles Corlet Editions
16 €