Royaume de Tobin 1Selon une ancienne prophétie, le royaume de Skala connaîtra la paix et la prospérité aussi longtemps qu’une Reine guerrière en occupera le trône. Mais l’usurpateur compte bien y mettre un terme, en éliminant toutes les prétendantes à la couronne. Pour protéger Tobin, l’ultime héritière d’une longue lignée de souveraines, une sorcière use d’une magie ancienne et interdite pour la transformer en garçon… Mais à quel coût !

La couverture de Gary Gray est superbement réalisée avec une bonne retranscription de l’univers de Flewelling. Une ambiance pluvieuse et lourde tout à fait dans l’esprit du roman. A noter les deux statues finement travaillées avec de nombreux détails.

Lynn Flewelling réussit un pari dans cet ouvrage: celui d’utiliser les codes de l’héroïc-fantasy classique et d’y ajouter une part d’intrigues politiques complexes. Si la magie est présente, conflits politiques et sociaux restent au cœur de l’intrigue avec en toile de fond une interrogation sur la capacité des femmes à régner; à être de vraies guerrières comme les hommes. L’histoire de Tobin est déroutante et intrigante. L’auteur prend le temps de décrire son univers et s’attache à nous faire aimer son héroïne. Dans les derniers chapitres, le suspens est grandiose et les dernières pages se lisent d’une traite. Lorsque Tobin apprend qui elle est réellement (et nous attendons cela depuis sa naissance soit depuis le début du roman!) on n’a qu’une seule envie: lire la suite!

Ce quelque chose en plus (dans un genre déjà largement utilisé) ce sont non seulement l’originalité des personnages que l’auteur n’hésite pas à maltraiter et la noirceur de l’histoire.

Frère, le frère de Tobin tué à la naissance pour laisser la place à une future reine, est un fantôme hantant le manoir du Duc Rhius. Fantôme maternelle, fantôme d’ancêtres, fantôme de l’âme, sorcière fantôme… Le sujet est largement abordé non pas de façon horrifique, mais tout à fait mystérieuse et merveilleuse. Ainsi, cette notion de fantôme abordée dans un cycle de Fantasy m’a beaucoup séduite. Il en résulte une ambiance de conte de fées qui se mêle parfaitement avec l’environnement guerrier dans lequel Flewelling fait évoluer ses personnages.

Les personnages justement. Tous charismatiques! De plus, un méchant n’est jamais vraiment méchant et un allié peut ne pas avoir le même visage suivant la situation. Le mage Arkhoniel n’a rien d’un sorcier ordinaire. De même pour l’étrange et sensuelle Lhel dont la magie (associée à tort à la nécromancie) préserve le destin de Tobin. Un personnage captivant dont on lit avec délectation les chapitres dans lesquels elle apparaît. Le Capitaine Tharin est un héros au grand cœur, chevalier courageux et brillant; un personnage épatant régalant notre imagination. Enfin Ki, le fidèle compagnon de Tobin, possède toutes les qualités de l’adjuvant avec un brin de folie en plus. Il est également le seul apportant le peu d’humour du roman; une astuce judicieuse pour permettre aux lecteurs quelques pauses dans une lecture au rythme intensif.

Le début du texte est extrêmement difficile à suivre et à apprécier de part le travail bâclé du traducteur Jean Sola. Cela fait plusieurs fois que je suis étonnée de la mauvaise qualité d’une traduction chez J’ai Lu. Tout ceci est bien dommage, car un lecteur moins patient pourrait arrêter le roman qui s’avère être par la suite superbement développé. Il manque parfois des mots, des phrases ne sont pas terminées, le vocabulaire choisi pour certains mots n’est pas cohérent, la conjugaison laisse à désirer… L’univers de Flewelling n’est pas facile, car assez compliqué du coup avec une traduction légère, difficile de tout bien saisir dès le début.

L’intégrale 2 arrive bientôt: courez vite le chercher afin de terminer cette saga épique et brillante!

Le Royaume de Tobin – intégrale 1

Lynn Flewelling

Editions J’ai Lu

Illustrateur de couverture Gary Gray

Traduit de l’anglais (US) par Jean Sola

12,90€