Mise en page 1Comment décrire le cruel moment de lecture que j’ai eu en lisant SLÁINE, L’EXILE ? C’est un critère que je n’ai pas l’habitude de mettre en avant, mais ce roman est VRAIMENT un livre pour mecs.

Tir-Nan-Og. Un pays d’une beauté sauvage où des tribus de farouches guerriers Celtes s’affrontent pour la terre et l’honneur. En ce royaume, la main de Dana la Déesse Terre est omniprésente, mais sa flamme brûle plus fort que jamais dans le cœur de Sláine, fils des Sessair.
Luttant pour contrôler son don de guerrier qu’est le Spasme de Furie, le jeune Sláine a un avant-goût du combat lorsque les siens attaquent une tribu rivale.
Mais ses aventures épiques ne font que commencer, car la main du Destin le guide et Dana lui souffle d’affronter les terribles sorciers Drunes, leurs soldats et les hordes de morts-vivants qu’ils invoquent.

Le résumé m’avait beaucoup attirée et je m’attendais, certes à de la fantasy classique, mais au moins à une histoire prenante. De plus, la couverture signée Rossbach m’avait immédiatement séduite. Malheureusement pour moi, Steven Savile est loin de proposer une intrigue agréable. Tout n’est que violence, dialogues vulgaires et fesses de femmes. Il y a longtemps que je ne m’étais pas autant forcée pour lire un roman.

L’histoire se concentre essentiellement sur une guerre et l’opposition entre magie blanche/magie noire. Le choix des morts-vivants m’a étonnée : j’aurais préféré des créatures soit inventées soit typiquement fantasy. Quant aux décors, ils ne sont pas assez mis en avant et l’auteur réussit à nous perdre dans les différents pays que traverse Sláine.

Sláine est un stéréotype complet du héros hyper musclé, bourru et haineux. Il est censé avoir 20 ans, mais son attitude et ses actions en font plutôt un homme de 40. Ce qui reste le plus intéressant, c’est sa relation avec la terre et donc avec la déesse Dana. Mais rapidement Savile réussit aussi à transformer ce don en une explosion de violence non justifiée et bien sûr il faut montrer l’attirance physique animale qu’éprouve Sláine pour les incarnations de la déesse. À aucun moment au cours de l’histoire, cette brute ne se déride ; pas une seule fois il ne nous montre ses faiblesses ou sa douceur. Rien. Sláine n’est que brutalité et férocité. Pas facile de présenter aux lecteurs un héros avec cette seule facette.

La déesse Dana, au cœur des préoccupations de Sláine, est quasi inexistante. La plupart de ses apparitions la montrent comme une tentatrice (à moitié nue bien sûr !) ce qui semble assez étonnant quand on sait que tout un peuple la vénère pour son sa bienveillance, sa relation avec la nature ; la déesse Dana étant chez les Celtes la déesse mère loin des clichés d’une déesse-prostituée.

Les personnages secondaires sont assez insignifiants : soit les femmes apparaissent pour satisfaire les désirs de Sláine soit les hommes finissent par le trahir. Seul le nain Ukko est sympathique et son humour apporte un peu de souffle à l’histoire.

La traduction, peu travaillée avec beaucoup de fautes de grammaire, n’aide pas vraiment à l’appréciation du roman.

Pour moi, aucun intérêt donc de lire le second et dernier tome. Sláine est un « héros » à oublier bien vite.

Le Lai de Sláine Mac Roth

tome 1 Sláine l’Exilé

Steven Savile

Eclipse (collec. Icône)       

22€