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Wintersun – The Forest Seasons

Une fois encore, Wintersun se sera fait désirer ! Il aura fallu attendre 5 ans (et la mise en place d’un crowdfunding), pour que le (très) perfectionniste Jari Mäenpää accouche d’un nouvel album : The Forest Seasons. Wintersun avait marqués les esprits avec son premier album éponyme, ici le groupe repousse encore plus loin l’aspect progressif et conceptuel du très attendu Time I. Tel un Vivaldi nordique, la tête pensante du groupe a organisée son œuvre autour des quatre saisons, et, se faisant, à travers un élément incontournable du folklore finlandais. Bien que surnommée le pays des mille lacs, la Finlande est aussi connue pour ses forêt omniprésentes qui vont jusqu’à cohabiter avec le milieu urbain. Wintersun emprunte donc ce chemin boisé avec son dernier effort en date. Il faut dire que notre compositeur a consacré une bonne partie de son temps libre à explorer et photographier les bois alentours, allant même jusqu’à s’y perdre en plein hiver ! Ce qui, cela va s’en dire, est plutôt risqué…

Il serait difficile de parler de l’album sans parler des images suscitées dans notre esprit à l’écoute de ces 45 minutes, ainsi je détaillerai ce que m’évoque les paroles et la musique du groupe. Bien sûr, tout ceci n’est que purement subjectif.

Awaken From the Dark Slumber (Spring) nous permet une immersion tout en douceur dans ces terres sauvages et anciennes issues du folklore nordique. La faune et la flore semblent s’éveiller de manière surnaturelle. La mélodie du clavier, légère et féerique, se fond avec volupté aux sons «naturels» du vents dans les branches et au hululement d’une chouette.La batterie lance les hostilités, un changement brutale s’opère avec une entrée dans la dimension épique si chère à Wintersun. Les premières paroles growlées par Jari Mäenpää contrastent avec la douce mélodie de l’introduction. On retrouve vite d’autres éléments familiers à la discographie du groupe : des chœurs masculins ne sont pas sans rappeler la participation des membres d’Ensiferum et Turisas sur le titre Sons of Winter and Stars de l’album précédent. Ils font d’ailleurs leur entrée de la même façon, en reprenant le texte du lead vocal précédant leur partie, de manière spectaculaire après un pont mélodique (par le clavier) puis saturé (par les guitares).

Le titre suivant s’inscrit dans une certaine continuité, aussi bien structurelle que progressive. Cette fois-ci les guitares accompagnent le chant du vent dans les branches au début de The Forest That Weeps (Summer). La forêt prends vie et même visage humain. L’accompagnement basse/guitare fait penser à du Tool mais sous un angle folklorique ! Le chant se veut majestueux avec ses envolées presque lyriques! Ici, Jari Maënpää renoue avec ses premiers faits d’armes, puisqu’on y retrouve un peu d’ Ensiferum avec ces chœurs guerriers. La forêt nous apparaît de plus en plus sombre et surnaturelle et nous accompagnons le groupe à travers les chemins sinueux pour nous y enfoncer plus profondément.

Sous son jour automnal dans Eternal Darkness (Autumn), la forêt nous semble désormais imposante et déchaînée. L’inquiétante ouverture nous plonge dans les méandres ténébreux proches du black et du pagan metal entrecoupés de voix modifiées démoniaques. Le blast beat accompagné d’orchestrations lourdes et massives mêlées tantôt aux growl tantôt au chant lyrique d’un ténor rendent le tout dramatique et une puissance maléfique semble émaner du morceau. On s’attendrait presque à croiser les membres de Finntroll ou de Dimmu Borgir au détour d’un sentier. Wintersun nous entraîne dans une chevauchée lugubre à travers le chaos. Eternal Darkness est le véritable zénith cauchemardesque et macabre de l’album, à la façon de L’orage d’un certain Vivaldi. D’ailleurs certains éléments tels que les progressions descendantes des aigus de l’orchestre par dessus la rythmique plus brute et black metal (des musiciens) nous évoquent ce fameux passage des Quatre Saisons. La mort elle même fini pars s’abattre sur la forêt sous la forme d’une tempête musicale dévastatrice.

Loneliness (Winter), arrive à point nommé et permet de finir tout en douceur après le déferlement musical qui le précède. Le (black) symphonique monumental laisse place au mélodique plus épurée typiquement finlandais et la violence laisse place à la mélancolie. Il ne déroge pas à la règle de l’introduction magique et légère qui ouvre chacun des titres de The Forest Seasons. On se sent vite écrasé par l’immensité du paysage. Il suffit de fermer les yeux pour imaginer la neige tomber se répandre gentiment tout en recouvrant le relief et en étouffant chaque petit bruit. L’ambiance se veut pesante, ce qui illustre parfaitement ce sentiment de solitude propre aux contrées du grand nord.

L’ombre de Devin Townsend, idole de notre compositeur Finlandais, plane au dessus de Loneliness. Les chœurs « féminins » et angéliques complétant et chevauchant le chant principal passionné de M. Mäenpää. Ils auraient pu être écrit par le compositeur canadien ! On n’en attendait pas moins de Wintersun pour conclure l’album ! L’épopée s’achève ainsi sous un ciel d’hiver.

On ne peut nier l’aspect figuratif de The Forest Seasons. On imagine facilement la vie dans cette forêt fantastique ainsi que les remous qui l’abritent et la tourmentent. En ce sens, le groupe réussi son objectif et aura offert une expérience nouvelle à son auditoire. Moins direct que Wintersun et peut-être moins accessible bien que dans la même veine que Time I, The Forest Seasons a besoin de temps pour se laisser apprécier. Il est cependant facile de s’y émerger quand toutes les bonnes conditions sont réunies. Il est donc préférable de l’écouter au calme dans la chaleur d’une couette ou d’un plaid !
Chaque petite nuance compte, la structure est savamment pensée et les orchestrations sont riches et variées. Il est plaisant d’entendre la voix du chanteur dans différents registres (growl death, black metal) et intensités (chant puissant, doux et léger, ect.). Bien que certains effets semblent tout droit sortis d’une bibliothèque de sons peu onéreuse, le résultat est là. On espère que le succès de la campagne de crowdfunding (pour donner la possibilité au groupe de monter son propre studio) portera ses fruits. En tout cas, une chose est sûre, Wintersun continue de mettre à rude épreuve notre patience album après album.
Maintenant, une question se pose : que donneront les prochains albums avec du meilleur matériel et de meilleurs équipements ?

À propos Valentine Algudo

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