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Report Hellfest 2017 Jour 2

Lire le report de la première journée.
La deuxième nuit est plus calme : je parviens à dormir au moins quatre heures sans interruption, un exploit ! Mais les bruits et la lumière me réveillent plus tôt que je ne voudrais.

Encore sous le choc de la déception Alestorm, je prends sans attendre mon billet pour leur concert à Paris en octobre, histoire de ne pas rester sur un échec.

Ma journée est sensée commencer un peu avant 13 heures avec le concert de Monkey 3, mais l’appel de la douche est plus fort : entre la poussière et la chaleur, j’aurais du mal à tenir quatre jours sans y passer. La veille, on m’a, pour 6 euros, accroché un joli bracelet bleu, laisser passer pour la zone H2O. Je m’amuse à zieuter les poignets des gens pour savoir qui a décidé de rester propre ou non.

Loin d’être la seule à souhaiter me laver, je me place dans la queue pour les douches individuelles (les douches collectives sont mixtes). Ça va plutôt vite et, confort suprême, la cabine étant presque collée à la Valley, j’entends de là où je suis les accords de Monkey 3. Ce groupe de stoner d’origine suisse joue des mélodies entêtantes et hypnotiques. Certes, je n’en profite pas autant que devant la scène, mais c’est mieux que rien.

Je comptais sur le quart d’heure suivant pour assister à la fin de leur performance, mais aux portes de la cathédrale, la foule s’agglutine et il me faut presque dix minutes avant de passer enfin de l’autre côté.

Je retrouve ma mère à l’ombre de la Valley pour quelques accords planants qui me laissent immédiatement sous le charme, mais pour ne pas rater le début d’Igorrr, nous partons un peu avant la fin, à regrets pour ma part : j’espère avoir l’occasion de revoir un jour Monkey 3 en concert.

Nous voici donc, famille et amis, sous le Temple et sur le pied de guerre, en attendant la prochaine performance et pas des moindres. Comment définir Igorrr, cet ovni musical et conceptuel dont les compositions mêlent les styles et les sonorités ? Métal, électro et sons de la vie quotidienne forment un joyeux mélange, porté par les très belles voix des chanteurs dont l’artiste s’entoure. Igorrr a même été jusqu’à créer des morceaux à partir de la mélodie qu’une poule a frappé sur un piano, sur les touches duquel il avait disposé des graines (My chicken’s symphony et Chicken sonata) ; il n’en fallait pas plus pour me séduire.

Le concert est à la hauteur. Il est presque dommage qu’il ait lieu aussi tôt dans la journée, car au vu de l’ambiance, des pulsations, de la voix envoûtante de Laure Le Pruenec, du chant crié de Laurent Lunoir et des battements électros, un passage en soirée aurait été tout à fait approprié. Pourtant, cette performance offre bien plus qu’une simple musique électronique (que j’ai d’ailleurs souvent tendance à trouver répétitive) : les deux chanteurs invités et ce mélange d’atmosphères sont d’une très grande richesse, et si on a bien sûr envie de bouger la tête au rythme de la danse, cela n’empêche pas une écoute attentive de ces compositions si particulières.

Igorrr tient donc toutes ses promesses et nous interprète notamment ieuD et Petit moineau (l’un de mes morceaux préférés). J’en ressors totalement conquise.

J’erre entre deux scènes en attendant mon prochain concert. La chaleur commence à se faire sérieusement sentir et la fatigue aussi, mais l’émerveillement est toujours intact. Le Hellfest est un peu comme une grande communauté dont les membres gagneraient à être connus pour leur bienveillance, malgré les préjugés qui les entourent. Peut-être par souci de casser cette image très négative, ici, les festivaliers sont polis et calmes. On croise quelques enfants qui arborent déjà des t-shirts aux noms des plus grands groupes de métal, ce qui devrait achever d’en convaincre plus d’un que cette population n’est pas plus violente que les autres : en trois jours complets, je n’ai d’ailleurs vu aucune bagarre éclater (malgré les litres d’alcool ingérés) et ne me suis rien fait voler, bien que j’aie laissé tous les matins mes affaires sans surveillance au camping.

Je note aussi qu’il y a une véritable organisation en ce qui concerne les toilettes : il n’y a jamais ou presque la queue partout, et même quand c’est le cas,elle va vite. Les quelques incidents sont résolus rapidement et d’une manière générale, les centaines de bénévoles qui assurent le bon fonctionnement du Hellfest ont fait un travail formidable, à tous les niveaux. J’ai d’ailleurs remarqué à plusieurs reprises que les lieux étaient particulièrement propres : très peu de papiers traînent par terre.

Je me trouve une (toute) petite place à l’ombre, sous les arbres du fond, pour le concert de Pretty Maids, qui commence vers 16 heures sur la Mainstage II.

Pretty Maids est un groupe de heavy métal danois (pour ma part, je parlerais plutôt de métal pour midinettes). J’avais trouvé leurs titres plutôt sympathiques, et n’ayant rien d’autre à voir au moment où ils passaient, je m’étais décidée à tenter.

Le concert est pas mal mais sans plus, et pour le coup j’avoue avoir du mal à comprendre ce qu’ils font dans un festival de métal : il me semble qu’on trouve bien peu des éléments caractéristiques du genre dans leurs morceaux, et ils auraient tout aussi bien pu avoir leur place sur une scène plus rock. Les titres qu’ils proposent ressemblent à des slows en un peu plus rythmés sur des mélodies accrocheuses (Little drops of heaven, qu’ils ont d’ailleurs interprétée, en est un bon exemple) et, la chaleur aidant, je somnole en écoutant d’une oreille, avant de repartir vers le camping pour me reposer un peu avant la suite.

Peu après dix-huit heures, je fais la queue au stand de glaces qui se tient non loin du Temple, où Turisas interprètera ses premières mesures sous peu.

Et de fait, je commence à les entendre jouer alors que j’attends toujours sous le soleil. Turisas est un groupe de folk métal finlandais dont j’avais apprécié les sonorités dansantes. Une fois ma glace (excellente) récupérée, je me place à l’ombre, sur la pelouse face à l’écran. Folk métal oblige, costumes et maquillages (cuir, lanières et peintures tribales) jouent une fois de plus un rôle important dans l’atmosphère qui se dégage du concert, et l’énergie du chanteur insuffle un dynamisme certain.

En définitive, j’ai trouvé cette performance plutôt pas mal, mais sans plus. Je ne sais si c’est la fatigue, la chaleur ou parce que j’étais trop loin (même placée juste devant l’écran, je suppose que sur une musique aussi dansante, l’effet est différent quand on est sous la tente du Temple), mais l’ensemble me paraît un peu répétitif et trop proche, peut-être, de ce que proposent d’autres groupes, en un peu moins bien.

Le concert de Turisas reste néanmoins un bon souvenir du Hellfest, accrocheur et entraînant.

Je retrouve mon frère et son ami pour le concert de Soilwork, qui enchaîne sous l’Altar.

Soilwork est un groupe de death métal mélodique suédois, que j’avais plutôt bien aimé lors de l’écoute des playlists Hellfest : il figurait parmi mes seconds choix.

Soilwork a été une très bonne surprise. Nous avons regardé le concert assis sur l’herbe, face au grand écran, et j’en garde un souvenir qui surpasse ce que j’avais ressenti en les écoutant sur internet. Björn Strid, le chanteur, est excellent et passe avec une facilité déconcertante d’une voix chantée à une voix criée. Les morceaux sont puissants, et je regrette de ne pas les connaître davantage.
Juste après commence le concert d’Alcest, sous le Temple. Alcest était au départ un groupe de black métal porté par le chanteur Neige, qui a évolué par la suite vers un métal plus atmosphérique. Pour avoir chroniqué leur dernier album Oiseau de proie, je les connaissais déjà un peu et avais très vite été charmée par l’atmosphère particulière qui se dégage de leurs morceaux.
Avec famille et amis, nous nous allongeons sur l’herbe, juste sous le grand écran. Mélange entre chants, voix criée et musique planante, Alcest s’est très bien accordé à mon état de fatigue et s’est avéré assez reposant mais extrêmement puissant.
J’ai passé un très bon moment lors de ce concert, et je ne regrette pas d’avoir découvert cet artiste, dont la performance sur scène transcende l’œuvre musicale proposée sur les CDs. Parmi les morceaux interprétés, plusieurs étaient issus de leur très bel album. Les mélodies sont entêtantes, et certaines me sont restées longtemps à l’esprit, marquant leur empreinte bien après la fin du concert, alors que j’écoutais d’autres artistes.
Alcest est donc l’un de mes coups de cœur sur ce festival.
Ayant déjà vu Apocalyptica lors de leur concert en février, je décide de mettre à profit mon temps libre pour me reposer un peu au campement avant d’aller acheter à manger.
Nous nous retrouvons à quatre avec nos dîners respectifs assis sur l’herbe sous l’Altar, pour écouter tranquillement le concert de Wardruna qui a lieu sous le Temple. Wardruna est un groupe norvégien qui navigue entre paganisme et runes, dont morceaux sont joués sur des instruments traditionnels et portés par trois voix.
Nous ne sommes pas les seuls à profiter du calme et de l’espace pour nous poser un peu en retrait de la foule. Ne pas voir la scène ni les chanteurs n’a absolument pas gâché notre moment.
Wadruna est une expérience musicale unique, à mi-chemin entre musique planante et transe mystique (on s’imagine bien faire la danse de la pluie autour d’un feu de camp chamanique sur ce genre de morceaux). Les beaux mélanges vocaux et le rythme lent des chansons, ponctués par des instruments étranges, sont très reposants et invitent à un état particulier (qui s’accorde sans doute bien aussi aux diverses substances fumées par les gens qui nous entouraient).
Assis sur l’herbe dans la fraîcheur de la nuit et un peu saoulés par la fatigue, nous nous sommes doucement laissé hypnotiser par l’ambiance de Wardruna avant notre dernier concert.
Ce groupe est une très jolie découverte et gagne à être vu live,car de répétitive leur musique devient entêtante et hypnotique.

Une heure plus tard, nous sommes juste devant la scène du Temple pour le concert de Deafheaven. C’est un groupe de black américain très mélodique dont j’étais curieuse de découvrir les longs morceaux aux Hellfest.
Nous sommes presque seuls : même tout devant, la foule reste très clairsemée, et les femmes sont quasiment absentes. Il est une heure du matin, et l’épuisement commence à se faire sentir pour tous, jusque dans les mouvements et sur les expressions des visages.
Je garde de ce concert une impression au moins aussi étrange que du chanteur George Clarke. Ce dernier semble d’ailleurs totalement insensible à l’absence de spectateurs. Sa gestuelle très particulière, presque précieuse et son allure le situent à mi-chemin entre un chef d’orchestre dirigeant ses disciples et le Joker, avec lequel il semble partager sa folie.
Dans les public, les gens sont dans un tel état de fatigue qu’ils se montrent bien incapables de suivre le rythme survolté de morceaux qui dépassent les dix minutes, et, les yeux à moitié fermés, hochent la tête une fois toute les quatre pulsations, oscillant lentement sur leurs jambes : bienvenue au Hellfest façon Walking Dead. Les mélodies des chansons sont prenantes, tout autant que la voix criée du chanteur qui semble s’arracher la gorge à chaque note.
Cette deuxième journée au Hellfest s’achève donc sur ce concert étrange et décalé, dont j’ai particulièrement apprécié l’atmosphère.

Photos : Deuskin Photography

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