Accueil / Re :Birth – The Lunatic Taker 1 – Lim Dall Young et Lee Soo Hyon

Re :Birth – The Lunatic Taker 1 – Lim Dall Young et Lee Soo Hyon

Une ville japonaise sans histoire est le théâtre d’une étrange vague de suicides. Pour certains, il y aurait un lien avec de mystérieux objets abandonnés dans la rue. Reiji, lui, n’en croit pas un mot. C’est donc sans se poser de question qu’il ramasse une paire de bracelets jonchant le sol. Soudain, un voleur dérobe le sac d’une femme… Reiji tente de s’interposer, mais se fait poignarder !
Alors que la vie l’abandonne, une voix émane des bracelets et lui propose un pacte. À son réveil, Reiji découvre le drame qui l’attend : sur sa poitrine est gravé le chiffre 10, soit le nombre de vies qui lui restent ; et il devra liquider les possesseurs d’autres objets « maudits » pour survivre…

Le scénariste Lim Dall Young (Kurokami – Black God, Freezing, Aflame Inferno…) a retrouvé le dessinateur Lee Soo Hyon, avec lequel il a déjà créé Onihime Vs et Unbalance X Unbalance, pour cette série seinen intitulée Re :Birth – The Lunatic Taker. La quatrième de couverture de cette série lancée en janvier 2012 par les éditions Doki-Doki a de quoi intriguer. On pourrait penser qu’il s’agit d’un traitement de la thématique du suicide, mais il n’en est rien. Nous sommes bien dans du manga fantastique où la question qui se pose est : a-t-on le droit de vivre quand, pour cela, il faut tuer d’autres individus ?

Ayaka Tachibana est la grande sœur de Reiji. Ils sont tous deux encore étudiants dans le même établissement, mais Ayaka a juré à ses parents de toujours veiller sur Reiji. Là, il convient de préciser qu’un manga traditionnel aurait fait de nos deux héros des orphelins, mais ici leurs parents sont simplement à l’étranger pour leur travail. Passons. Une légende urbaine du moment veut que des artefacts, des bijoux se trouvent parfois sur le sol et que si on les ramasse, on meure peu de temps après. Lorsque Reiji ramasse des bracelets, il ignore qu’il s’agit de l’artefact Taurôs, et meurt poignardé dans la minute qui suit. Pour renaître à  nouveau avec un crédit de dix vies. Il est devenu un taker, un récolteur. La compétition pour la survie est alors lancée, car tous les récolteurs peuvent en tuer d’autres afin de s’emparer de leurs points et devenir ainsi plus forts.

Lorsqu’Ayaka découvre son frère en train de perdre ses vies en étant attaqué par une de ses camarades de classe armée d’un cutter géant. Oui, je sais… Elle apprend alors que les récolteurs voient inéluctablement leur nombre de vies diminuer et que les seuls moyens de survivre résident dans le meurtre d’un ange dans l’entre-temps – cette période où le temps est suspendu et où les anges viennent sur terre s’emparer des âmes d’individus qui se suicideront peu après – ou avec l’élimination d’autres récolteurs. Mais il faut d’abord mourir pour ressusciter. Et Ayaka, pour sauver son frère, décide de se suicider pour revenir l’aider. Et elle ressuscite, sans artefact, ni pacte… Un mystère supplémentaire. Décidément, cette histoire est tortueuse au possible dans sa cohérence.

Même si la logique de ce récit est parfois hasardeuse, cette série a pour point fort l’action permanente et pose le cas de conscience de la survie de cette fratrie. Ils ne sont pas habitués à tuer, mais devrons bien en passer par là ; Reiji pour survivre et Ayaka pour tenir sa promesse de le protéger. Les graphismes sont sombres et le sont plus encore quand il s’agit de scènes de combat, dont la violence est souvent assez crue. Comment nos héros survivront-ils à cette malédiction ? La réponse va peu à peu se former au fil des sept volumes de cette série terminée dont le deuxième tome est à paraître pour le 14 mars prochain.

Re :Birth – The Lunatic Taker 1
Lim Dall Young et Lee Soo Hyon
Traduction par Alex Béco
Doki-Doki
2012

7,50 €

À propos Chris

Chris a toujours apprécié les littératures de l’imaginaire, mais il lit également d’autres genres pour son plus grand plaisir. Il préfère le terme de critique à celui de chronique qui lui semble toujours trop consensuel. Non qu’il dise systématiquement du mal des auteurs, mais quand il tient une bonne daube ou une resucée maladroite alors il laisse la plume glisser dans de bien sombres humeurs. Comme tout lecteur passionné – ça lui arrive parfois – il n’aime rien tant que de devenir festivalier et d’aller à la rencontre des auteurs. Chris participe de temps à autre à des appels à texte et s’intéresse depuis peu à la photographie, histoire d’apprendre à cerner l’essentiel d’une situation comme d’un lieu. Enfin, il aime plus que tout le transgenre et espère avec une certaine impatience pouvoir être à l’origine de la découverte d’un auteur qui aurait l’audace d’écrire un roman policier avec des sorcières, des mutants et bien entendu quelques créatures extraterrestres aux mœurs exotiques, à défaut d’être douteuses.

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

x

Check Also

La stratégie Ender – Orson Scott Card

Andrew Wiggin, dit Ender, n’est pas un garçon comme les autres. Depuis sa naissance, ses ...

Watch Dragon ball super