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Pluto 6 – Naoki Urasawa et Osamu Tezuka

Pluto… Sahad… Goji… Abullah…
De mystérieux personnages entrent en scène…
Gesicht les poursuit et découvre enfin ce qui se cache derrière ces effrayants meurtres en série de robots !
C’est avec cette quatrième de couverture que les Editions Kana ont décidé de présenter ce sixième volume de la captivante série Pluto. Personnellement, je ne comprends toujours pas pourquoi les huit volumes de la série, bien que sélectionnés dans un premier temps, n’ont pas été retenus au final pour le Grand Prix de l’Imaginaire 2012 dans la catégorie mangas qui sera attribué cette semaine à Saint-Malo lors du Festival Etonnants Voyageurs. Voilà, c’est dit. Rentrons dans le sujet.

Lorsque Gesicht rencontre le mystérieux Professeur Abullah chez lui, quelque part au le royaume de Perse en pleine reconstruction, il se doute que la solution de toute cette affaire n’est plus très loin. Abullah est un humain peu ordinaire qui a été reconstruit grâce à la robotique après la guerre. Il a tellement de secrets à cacher et Sahad n’est pas le moindre.

Sahad. Tel est le nom de l’homme que Gesicht avait précédemment visualisé dans un champ de fleur. C’est un robot qui n’avait de cesse de vouloir créer des fleurs qui pourraient permettre de fleurir les déserts de Perse. Le rêve de Sahad était de réussir à produire une variété de tulipes suffisamment résistantes pour réussir le projet fou qui était le sien. Gesicht se lance sur ses traces de la Perse à la Hollande.

Pendant ce temps, Abullah complote. C’est à Düsseldorf qu’il va rencontrer le Professeur Hoffman, le créateur de Gesicht. A compter de ce moment, la vie d’Hoffman est sérieusement menacée. Les forces de police et Gesicht pourront-ils sauver le savant ? Et Gesicht survivra-t-il à la terrible confrontation à laquelle il va s’exposer à son tour ?

Nous avons ici une nouvelle forme de robot qui apparaît. Il s’agit du rescapé, de la gueule cassée que la guerre a mutilé à jamais. Il est étonnant de voir que le robot pris pour exemple vende des fleurs aux touristes et se comporte comme un de ces enfants qui suivent sans cesse les touristes dans certains pays dans l’espoir de décrocher une pièce. L’imagination débordante des auteurs ne lasse pas de me surprendre dans chaque volume.

La fin est proche et ce volume est tout naturellement plus orienté vers l’action. Même s’il y en a quelques-unes ici, les révélations seront certainement plus nombreuses dans les deux derniers volumes à venir. Seul bémol, le récit est tellement dense que j’ai parfois rencontré des passages difficiles à resituer dans l’histoire, notamment avec l’apparente ubiquité d’Abullah et ses manigances dont la finalité n’est pas toujours très claire. Les traits des personnages sont de plus en plus travaillés afin d’en faire ressortir au maximum les sentiments. Etonnamment, ce sont surtout les robots à visage humain qui me semblent les plus détaillés de ce point de vue. Les décors, quant à eux, restent d’une grande précision, apportant un réalisme saisissant à cette histoire. Naoki Urasawa soigne assurément son hommage au dieu du manga.

Le présent volume se termine avec un bonus où un critique manga évoque ce que l’œuvre, en général, et l’Astro Boy, en particulier, d’Osamu Tezuka a apporté au manga, voire à l’imaginaire nippon par extension. Nous savons maintenant que Tezuka a su faire du manga un art majeur, tant par les vocations qu’il a fait naître que par le message qui peut être véhiculé au travers des métaphores de ce média. S’attaquant à cet imaginaire pour le réinterpréter, Naoki Urasawa nous transmet à son tour son Pluto. Ses autres œuvres ne sont pas pour autant négligeables et ont déjà beaucoup influencé le genre, mais cette série est de loin sa meilleure. Etre un artiste c’est aussi être un passeur. Et quand le talent est là, quand l’esprit du maître infuse dans l’œuvre, alors cela donne l’impression d’entrevoir parfois ce qui pourrait être une certaine perfection, une harmonie qui relie la chaîne des maîtres et des disciples qui se succèdent à l’infini.

Pluto 6
Naoki Urasawa et Osamu Tezuka
Traduction par Thibaud Desbief
Editions Kana
Collection Big Kana
2011

7,45 €

À propos Chris

Chris a toujours apprécié les littératures de l’imaginaire, mais il lit également d’autres genres pour son plus grand plaisir. Il préfère le terme de critique à celui de chronique qui lui semble toujours trop consensuel. Non qu’il dise systématiquement du mal des auteurs, mais quand il tient une bonne daube ou une resucée maladroite alors il laisse la plume glisser dans de bien sombres humeurs. Comme tout lecteur passionné – ça lui arrive parfois – il n’aime rien tant que de devenir festivalier et d’aller à la rencontre des auteurs. Chris participe de temps à autre à des appels à texte et s’intéresse depuis peu à la photographie, histoire d’apprendre à cerner l’essentiel d’une situation comme d’un lieu. Enfin, il aime plus que tout le transgenre et espère avec une certaine impatience pouvoir être à l’origine de la découverte d’un auteur qui aurait l’audace d’écrire un roman policier avec des sorcières, des mutants et bien entendu quelques créatures extraterrestres aux mœurs exotiques, à défaut d’être douteuses.

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