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Pluto 1 – Naoki Urasawa et Osamu Tezuka

Le 9 février 1989 disparaissait Osamu Tezuka. Celui que le Japon a sacré « Dieu du manga » a donné à ce type de bandes dessinées japonaises ses lettres de noblesse. Il ne fut pas seulement un mangaka de grand talent ; il fonda les studios Tezuka Productions qui ont produit des animés qui ont fait connaître le genre à l’international au travers de dessins animés tels Le roi Léo et Astro Boy. C’est dans les années 50 qu’Osamu Tezuka a créé Astro Boy et c’est pour rendre hommage à ce grand homme que le mangaka Naoki Urasawa, lui-même internationalement reconnu pour Twentieth Century Boys et Monster, a créé Pluto à partir d’une des histoires d’Astro Boy. Bien sûr, on ne peut pas se lancer seul dans une telle aventure. Il a bénéficié de l’aide précieuse de Takashi Nagasaki comme coauteur, de Macoto Tezca comme superviseur et de Tezuka Productions. Cette série en huit volumes est parue au Japon en 2004 et est arrivée en France en 2010 grâce aux Editions Kana et à leur collection Big Kana. La quatrième de couverture a de quoi enthousiasmer tout amateur de thriller et de manga :

Le très puissant robot Mont-Blanc a été détruit sans que l’on sache par qui ou par quoi. Au même moment, un des cadres du groupe de défense des lois sur les robots est assassiné… Deux affaires sans relation apparente… ? Pourtant, sur les lieux du crime, c’est le même ornement en forme de cornes qui a été retrouvé.
Le meurtrier est-il un homme ou un robot ? ! Selon les lois sur les robots, c’est impossible, les robots ne peuvent pas s’attaquer aux hommes. Voilà une affaire sans précédent, étrange et compliquée et c’est l’inspecteur-robot Gesicht qui en est chargé ! Gesicht ne va pas tarder à découvrir l’objectif du meurtrier : éliminer les sept robots les plus forts du monde… dont lui-même, Gesicht, fait partie !

Ce qui est bien avec cette quatrième de couverture, c’est que cela me dispense se poser le décor plus avant sauf à préciser deux ou trois petites choses. Tout d’abord l’action se déroule dans le futur, dans l’état fédéral d’Europe et dans un monde où humains et robots vivent en harmonie. Si certains robots ont gardé le look R2D2, d’autres ont un corps parfaitement humain et ce n’est qu’à quelques infimes détails qu’on peut connaître leur vraie nature. Les robots ont d’ailleurs acquis une réelle égalité avec les humains ; ils vivent dans la même société et travaillent souvent ensemble.

Le personnage de Gesicht est passionnant à bien des égards, car, comme nombre d’autres robots, il vit en couple. Hétérosexuel certes, mais c’est un bon début de normalisation pour des robots. On peut observer que de génération en génération, les machines ont vu leur intelligence artificielle intégrer plus ou moins de sentiments. Il est fascinant de voir l’amour que Gesicht porte à sa compagne et même cette chose qui fascine le scientifique qui le suit : Gesicht aurait même eu des rêves.

Les graphismes de Naoki Urasawa sont irréprochables et ne sont pas sans me rappeler l’application qu’il y mettait dans sa série Monster. Le soin que le mangaka apporte aux détails des paysages, décors ou architectures ainsi que son génie dans la narration du thriller font de ce manga une série qui s’annonce comme étant d’une grande qualité. Les relations entre humains et machines font aussi partie de la fascination qu’on peut ressentir pour cet univers. Enfin, j’ai adoré cette scène entre robots qui – non dans le dialogue à proprement parler, mais dans le contexte – m’a fait immanquablement penser à la première rencontre entre Anthony Hopkins et Jodie Foster dans un thriller dorénavant reconnu comme un classique du genre. Une belle réussite où l’on a un réel plaisir à se plonger.

Pluto 1
Naoki Urasawa et Osamu Tezuka
Editions Kana
Collection Big Kana
2010

7,45 €

À propos Chris

Chris a toujours apprécié les littératures de l’imaginaire, mais il lit également d’autres genres pour son plus grand plaisir. Il préfère le terme de critique à celui de chronique qui lui semble toujours trop consensuel. Non qu’il dise systématiquement du mal des auteurs, mais quand il tient une bonne daube ou une resucée maladroite alors il laisse la plume glisser dans de bien sombres humeurs. Comme tout lecteur passionné – ça lui arrive parfois – il n’aime rien tant que de devenir festivalier et d’aller à la rencontre des auteurs. Chris participe de temps à autre à des appels à texte et s’intéresse depuis peu à la photographie, histoire d’apprendre à cerner l’essentiel d’une situation comme d’un lieu. Enfin, il aime plus que tout le transgenre et espère avec une certaine impatience pouvoir être à l’origine de la découverte d’un auteur qui aurait l’audace d’écrire un roman policier avec des sorcières, des mutants et bien entendu quelques créatures extraterrestres aux mœurs exotiques, à défaut d’être douteuses.

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