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Orphaned Land + In Vain + Subterranean Masquerade + Aevum – Petit Bain – 27/02/2018

Après quelques dizaines de minutes dans le froid glacial parisien, c’est l’occasion d’aller découvrir une belle affiche signée Access Live, à l’occasion de la tournée du groupe israélien Orphaned Land. Ils sont accompagnés ce soir de trois groupes venus de différentes contrées : Aevum (Italie), Subterranean Masquerade, In Vain (Norvège) et la salle annonçant “Complet” promet une bonne petite soirée.

Il est 19h15 et les italiens sont pile à l’heure pour débuter les festivités !

Le set commence avec une intro lyrique, présentant un duo voix homme/femme, qui s’équilibre en chant clair ou guttural. La double pédale s’énerve peu à peu laissant libre court aux instruments présents sur scène avec une basse qui a le don d’empiéter sur le reste, ainsi que quelques larsens mal placés dans l’ensemble du show. C’est seulement en me rapprochant de la scène je découvre qu’il y a en réalité deux guitares dans le groupe.

Du coup je comprends assez mal les structures du morceau et je n’arrive pas à rentrer pleinement dans la prestation du groupe, car quel que soit l’emplacement de la salle où je suis, le son général semble mal réglé et je peine à percevoir les timides parties groovy qui viennent s’incruster au fur et à mesure du second morceau.

Une jeune femme habillée en robe de mariée à fait son apparition le temps que j’écrive ces quelques lignes, je ne pourrais pas non plus dire comment elle a disparu soudainement de scène lorsque j’ai relevé la tête vers celle-ci…

Le show continue et le combo propose des parties plus brutales, frôlant parfois le Dark. J’ai vraiment beaucoup de mal à rentrer dans l’univers des Turinois.

Changement de style soudain avec une base musicale Electro (pas du tout Goth) ce qui aurait pu être raccord avec les costumes portés sur scène. Mais en fait non. Une intro sortie de nulle part juste comme ça pour le fun, pour repartir de plus belle vers du Symphonic Metal alambiqué. La musique de Aevum semble être raccord avec l’image qu’ils veulent donner : la perpétuelle inclination vers les opposés, homme/femme, positif/négatif, dans un univers nuancé entre le Neo-Classic et le Gothic Metal

Certaines intros parlées me font penser à ce qu’on pourrait écouter sur un album studio. Ne connaissant pas du tout ce groupe je me demande s’ils n’ont pas confondu live et studio justement. La chanteuse possède pourtant une jolie voix, dont on peut profiter parfois quand les instruments ne mangent pas tout le reste. Aevum manquent parfois de justesse et des larsens viennent souvent s’immiscer dans les compos sans qu’on leur demande quoique ce soit. Dommage.

Je ne vois rien de vraiment original dans ce set, même si je vois malgré tout que le groupe essaye de tout donner sur les planches du Petit Bain, le public semble peu réceptif à leur performance scénique. Je me surprends à être hypnotisée quelques instants par la rétroprojection qui anime le fond de scène. Une simple animation de quelques secondes en mode repeat tout le long du set, dans laquelle apparaît le nom du groupe.

J’avoue que ça ne doit pas être simple d’être le premier groupe à ouvrir ce soir pour Orphaned Land, le stress, la pression et touti quanti, mais un effort sur les vérifications du son AVANT le concert aurait été de bonne augure tout de même. C’est donc après 35 minutes de concert qu’intervient le premier changement de plateau pour laisser place à Subterranean Masquerade

Une ligne instrumentale entraînante avec une pointe orientale sert d’introduction à un premier morceau rythmé par des riffs doux et progressifs, relevés d’une ligne de chant qui laisse apparaître un duo voix clair/grawl avec deux chanteurs visiblement motivés à en découdre avec l’audience du Petit bain.

Dans le genre chauffeurs de salle ils sont mal et arrivent à susciter l’attention et l’intérêt d’un public relativement calme. Tels des kangourous les chanteurs sautent sur scène pour motiver les troupes et ça commence à plutôt bien fonctionner.

L’idéologie du groupe étant de base de mélanger du Rock Progressif, Doom et du Psyché- Rock inspiré des années 70. Je n’ai aucun mal à retrouver cette atmosphère dans les titres que le groupe nous présente ce soir.

Ils le citent eux-mêmes « The band’s music sound like a carnival of different colors and scents… a masquerade » et c’est exactement le cas.

Je ressens sans mal le professionnalisme de Subterranean Masquerade  qui a déjà une vingtaine année de carrière à son actif dans le style Sympho/Prog. En même temps, quand on voit que cette formation réunit ni plus, ni moins Kjetil Nordhus (Green Carnation, Tristania) et Matan Shmuely (Orphaned Land), on comprends assez rapidement que le niveau est assez haut. Pour le coup, je trouve leur prestation nettement moins ennuyeuse que Aevum, qui ont pourtant eu un même temps de set.

Les chanteurs remercient le public durant leur dernier morceau, qui dure un petit bout de temps, mais là est tout l’art du Progressive Metal, maîtrisé avec succès par le combo aux origines multiples (États-Unis, Norvège et Israël). C’est maintenant tout le groupe qui sautille sur place, en rythme avec les riffs entrainants des guitares et de la batterie. Ce dernier morceau est relativement entraînant et conclue avec simplicité cette prestation qui m’a déjà fait oublié le groupe précédant.

Réglé comme un coucou suisse, In Vain commence à jouer à 20h57. Non ils ne sont pas suisses mais norvégiens ! Je ne les remercie pas d’avoir ramené ce froid glacial avec eux mais je ferais avec.

Ils nous proposent ce soir un ptit set qualitatif, étrange mélange de prog et de Death (pour la voix). Eux aussi adeptes des rétroprojections, diverses illustrations énigmatiques viennent illustrer la prestation rythmée par des fortes lignes de basse et des guitares surexcitées à l’idée d’enjouer ce public affamé de musique métallique.

Ils officient également dans un style Black/Melodic qui me rappelle étrangement certains riffs d’un groupe francilien prénommé Lutece. L’audience de ce soir semble plus réceptive à ce groupe que les précédents ce qui motive d’autant plus le combo a montrer de quoi il est capable. Les soli guitares donnent de la constance à certaines parties instrumentales et le chanteur, qui prends de plus en plus confiance en son public depuis le début du set, n’hésite plus à motiver les troupes qui sont d’ores et déjà charmées par In Vain.

La double pédale et ses battements frénétiques donnent la rythmique tantôt Prog, tantôt Black ce qui donne aux compositions une idée de mixité musicale maîtrisée, survolant ces différents styles avec une cohérence certaine.

Le morceau Blood we shade transforme certains membres du public en heabangers compulsifs mais le chanteur avait prévenu : « This is a song for the heabangers and it called Blood We Shade ». Lorsque je pense partir pour un morceau de Core il n’en est finalement rien, le Prog’ revient au galop et les choeurs qui se joignent à la ligne de chant principale donnent une certaine contenance à ce morceau, donnant alors une toute autre dimension à ce que j’ai pu entendre jusque-là.. et c’est plutôt chouette en fait ! (C’est un peu comme les hiboux, en plus badass).

Le quintet nordiste réussit brillamment à maintenir l’intérêt de son audience tout le long des quarante minutes du set avec des morceaux choisis, présentant un large panel de leurs compétences dans leurs styles de prédilection. Passant d’un rythme progressive ou Core, entrecoupé de lignes de chant tantôt Black, tantôt claires, il n’est pas difficile de résumer que le groupe est expert dans son domaine.

Je pense que c’est un groupe à suivre d’un peu plus près, pour les fans de métal diversifiés qui voudraient découvrir des nouvelles choses venues de contrées lointaines.

22h02 et c’est au tour de la tête d’affiche, tant attendue, de faire son apparition sur les planches du Petit Bain

Dès les premiers riffs je perçois les origines orientales d’Orphaned Land.

Le premier solo guitare se fait entendre et c’est à partir de ce moment que je sais que le set sera de qualité. Dès lors, on sait tous que le show sera sans doute exceptionnel… malgré les atroces problèmes de son qui ont tendances à gâcher la prestation.

De là où je suis, à droite de la scène, au niveau de la régie, le son me paraît pas vraiment audible. Il est temps que je change de place je pense…

Les israéliens n’hésitent pas une seconde à aller vers le public, plus motivé que jamais à faire trembler les murs de la péniche.

Je ressens plutôt bien les influences Doom et Death que le groupe s’inspire depuis plus d’une vingtaine d’années (presque trente !), avec leur patte orientale qui mélangent des chants juifs traditionnels et des mélodies arabes, agrémentés de petits soli bien placés.

Les morceaux, chantés dans un style oriental, ne dénaturent aucunement les compositions qui, au contraire, donnent une touche originale aux morceaux présentés à travers les différents albums du groupe, notamment dans Unsung Prophets & Dead Messiahs, leur dernier album, chroniqué ici.

J’ai une connaissance assez limitée sur les artistes de ce genre, qui est en fait assez nouveau pour moi. Autant je pourrais parler plus longuement du groupe franco-algérien Acyl que je commence à bien connaître, qui possèdent eux aussi une bonne patte musicale rythmique marquée de leurs origines et influences, autant je ne voudrais pas dire de bêtises concernant Orphaned Land. Ce que je sais d’eux c’est simplement qu’ils sont considérés comme le pionnier du Metal Oriental, et que le groupe fait partie des groupes les plus connus du genre avec, notamment Myrath ou Melechesh. Après, j’ai envie de dire que Google est votre ami.

Malheureusement Google n’est pas mon ami ce soir, c’est donc pour moi l’occasion de découvrir ce groupe dont tout le monde parle et que je n’avais jamais vu en live jusqu’à présent. Une très bonne découverte d’ailleurs. Sur scène, les musiciens possèdent une bonne énergie qui donne envie de secouer ses cheveux, en rythme avec les riffs puissants des guitares et une batterie qui ne demande qu’à envoyer tout ce qu’elle a dans le ventre. Et c’est plutôt réussi.

Pour résumer en deux lignes, je dirais que j’ai fait de bonnes découvertes ce soir, avec des artistes  de talent d’origines diverses et variées qui méritent qu’on s’intéresse à eux, même le temps d’un concert.

Photographie : MH Pix

Eldricht Tales

A propos de Izzy

C’est l’histoire d’une fille qui n’a pas toute sa tête… Passionnée d’arts graphiques et de littérature fantastique, issue de diverses formations artistiques et amoureuse de la musique depuis belle lurette, elle cherche à faire partager ses passions à travers des productions de concerts. C’est ainsi qu’en 2012 elle crée une association de production de concerts indépendante sur la capitale, Extrême Factory. En parallèle, elle est chroniqueuse pour différents webzines musicaux et commence ainsi une carrière de schizophrène mélomane.

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