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L’Oeil du Monde – La Roue du Temps T1 – Robert Jordan

Et voici venir l’évènement Bragelonne de l’année 2012 : la réédition en grand format du cycle La Roue du Temps de Robert Jordan (continué par Brandon Sanderson). Sur le coup je me suis demandé quel était l’intérêt réel de republier une série sortie en grand format chez Rivages/Fantasy et Fleuve Noir (22 tomes) et en poche chez Pocket (20 tomes parus début 2012). Je me suis donc clairement posé la question de l’intérêt pour le leader du marché de republier une série aussi longue alors qu’elle a déjà trouvé son public auparavant. Véritable phénomène, La Roue du Temps est l’une des séries de fantasy les plus phares de l’ensemble de l’histoire de ce genre. Et pour justifier sa réédition Bragelonne nous annonce que la série sera publiée dans sa tomaison originale (les éditeurs français  précédents avaient pris un malin plaisir à redécouper l’ensemble, un peu comme pour Le Trône de Fer) mais avec également une nouvelle traduction. N’ayant jamais eu l’occasion de découvrir ce cycle phare de la fantasy je me suis baigné dans ses eaux, avide de découvrir ce qu’il en était des écrits de celui qui est vu comme l’équivalent de Tolkien.

La couverture proposée par Bragelonne est on ne peut plus simple, pour ne pas dire simpliste : reprenant le symbole illustré par Chris Gibbons sur un fond bleu avec une nuée. Pourquoi pas, mais Bragelonne nous a habitué à des choses nettement plus épiques… Cette sobriété s’explique peut-être par la volonté de donner à cette nouvelle édition un aspect collector, définitif. Le fait est que cela ne m’a pas réellement donné envie de me jeter dans ce bon gros roman de 864 pages. Oui, le chiffre peut paraître impressionnant mais je peux vous assurer que la version numérique fait encore plus peur quant au nombre de pages. Reste à voir si le roman parviendra à me garder jusqu’au bout…

La Roue du Temps tourne et les Âges naissent et meurent, laissant dans leur sillage des souvenirs destinés à devenir des légendes.
C’est la Nuit de l’Hiver dans la contrée de Deux-Rivières et, en ce soir de fête, l’excitation des villageois est à son comble. C’est alors qu’arrivent trois étrangers comme le jeune Rand et ses amis d’enfance Mat et Perrin n’en avaient jamais vu : une dame noble et fascinante nommée Moiraine, son robuste compagnon et un trouvère.
De quoi leur faire oublier ce cavalier sombre et sinistre aperçu dans les bois, dont la cape ne bougeait pas en plein vent…
Mais, quand une horde de monstres sanguinaires déferle et met le village à feu et à sang, la mystérieuse Moiraine devine qu’ils recherchaient quelqu’un : pour les trois amis l’heure est venue de partir. Car la Roue du Temps interdit aux jeunes gens de flâner trop longtemps sur les routes du destin…

Et voici le trailer propose par l’éditeur :

Considéré comme la seconde série phare de la fantasy après Le Seigneur des Anneaux, La Roue du Temps commence un peu de la même manière, dans un village perdu au milieu de nulle part avec des jeunes gens qui se retrouvent investis d’une mission capitale pour l’avenir de leur espèce. Jusque-là rien de bien nouveau puisque de toute manière 70% des romans de fantasy reprennent cette entame éculée. Mais ce qui crée réellement l’intérêt pour le lecteur c’est le prologue, qui s’avère ma foi particulièrement flamboyant et impressionnant. Si je me basais uniquement sur cette poignée de pages pour parler de ce roman ma chronique serait follement dithyrambique. Mais ce n’est pas le cas et même si le premier tome de la Roue du Temps est un bon roman il n’est pas exempt de défauts…

Commençons par les bonnes choses que le lecteur trouvera ici. Le scénario, tout d’abord, même s’il est assez classique et rappelle un peu la trame générale du Seigneur des Anneaux, parvient à s’extraire de son auguste prédécesseur pour réellement créer un attachement du lecteur à ces personnages étonnants et parfois même effrayants. Les personnages justement. Le groupe de jeunes gens qui va être en charge de lutter contre le mal est on ne peut plus classique et dynamique, même si un poil innocent… Moiraine par contre est étonnante et attirante, sa psychologie et ses motivations ne se dévoileront que tardivement, rendant le personnage encore plus attrayant. Ces héros ont donc se retrouver pris dans une aventure au long cours mais néanmoins fort intéressante.

Le véritable défaut de ce livre réside dans la lenteur du début. En effet après un prologue donc je vous disait qu’il était réellement impressionnant, tout retombe comme un soufflet pendant de longues dizaines, voire centaines de pages, pour enfin prendre son envol. Cela ne vous rappelle rien ? Le début du Seigneur des Anneaux avec la vie du village hobbit s’était révélé, à la première lecture, une véritable torture orchestrée par un auteur que je voyais comme un cruel tortionnaire qui nous inflige la création de son univers avant de nous y emporter. J’ai eu ici un peu la même sensation même si, l’âge faisant, j’ai grandement apprécié de pouvoir me plonger progressivement dans l’univers mis en place par Robert Jordan. Je le déconseille toutefois aux lecteurs amateurs d’action à tout va car ils s’ennuieront réellement sur pratiquement toute la première partie.

L’autre défaut est que Bragelonne nous fait miroiter une nouvelle traduction, ce qui est bien souvent une bonne chose… Sauf quand la correction et la relecture ne sont pas tout à fait à 200% et que quelques coquilles surprenantes passent à travers les mailles du filet. Jean-Claude Mallé, devenu le traducteur officiel de la série, nous propose un excellent travail au final puisque le récit est très fluide, rédigé dans un style épique à souhait. J’ajouterais à cela que la pression était grande pour lui de reprendre l’une des plus célèbres sagas de fantasy.

Ce premier tome de la nouvelle édition de La Roue du Temps est loin d’être une mauvaise chose. Cela m’a donné l’impression d’une série qui va être, au fil des tomes, une magnifique fresque digne des meilleurs romans du genre. Le début est toutefois assez peu avenant mais si le lecteur se donne la peine de pousser plus avant il découvrira une saga aux nombreuses promesses. Je comprends mieux le réel intérêt de Bragelonn à rééditer cette série car, en attendant de lire les tomes suivants, je dois dire qu’elle est entrée dans mon TOP 10 des meilleurs titres de fantasy directement, ce qui n’est pas évident…

L’Oeil  du Monde
La Roue du Temps T1
Robert Jordan
Couverture de Lee Gibbons
Traduction de Jean-Claude Mallé
Bragelonne

25 €

About Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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2 comments

  1. Je suis tout à fait d’accord avec cet avis! le début est un rien longuet même s’il présente des personnages et un endroit qui auront toute leur importance par la suite, c’est un peu laborieux à lire. Mais on sent peu à peu s’insinuer le petit quelque chose qui tient en haleine, l’impression que tout ceci est trop lisse et soudain, on plonge dans l’action et l’aventure commence avec fougue. Cette nouvelle édition était surtout attendue pour sa traduction. Ayant lu les 14 premiers tomes version édition VF (ou l’équivalent des 7 premiers tomes VO, comme vous voulez), je pense que l’idée est bonne car la traduction de la première édition est… soyons polis, décevante sans oublier les fautes de syntaxe française qui cassent le rythme et le plaisir du lecteur. « La Roue du Temps » est une saga exceptionnelle.

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