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L’invincible forteresse – Le trône de fer T5 – George R. R. Martin

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L’invicible forteresse clôt La bataille des rois, deuxième partie du Trône de fer. Cette invincible forteresse devrait être Accalmie, la cité qu’assiégeait Stannis Baratheon pour évincer son frère Renly. Mais ce dernier est mort dans des circonstances étranges, d’un sortilège maléfique lancé par Mélisandre la prêtresse rouge du nouveau dieu auquel Stannis a prêté allégeance. Une fois encore, elle a invoqué ce dieu et Accalmie est tombée. S’il s’agit là de sorcellerie plus que de foi, le moyen a permis à Stannis de fondre sur Port-Réal et de consacrer ses forces à vaincre les Lannister terrés dans cette invincible forteresse.

A Port-Réal, le peuple est affamé et le roi Joffrey et sa clique sont haïs de la populace qui en appelle à tous les autres prétendants, y compris aux héritiers du Dragon Targaryen. De son côté, Daenarys sait qu’elle peut dorénavant reconquérir le trône de Fer, mais encore faut-il qu’on voie en elle une souveraine et non simplement la Mère des Dragons. Pour cela, elle va passer une épreuve qui va la fortifier dans cette tâche en pénétrant dans l’hôtel des Nonmourants de Qarth. Et là, George R. R. Martin nous fait le cadeau d’un parcours initiatique riche de sensations dans cet hôtel. On y revit tellement de séquences qui ont fait la force de nombreux films, de scènes renouvelant la tension narrative de tellement de romans, voire – toutes proportions gardées — une vision toute personnelle de la déambulation de Virgile et de Dante Alighieri dans les cercles de l’enfer, que le lecteur retient durablement cette scène obsédante et riche.

J’ai été surpris par la quatrième de couverture annonçant qu’il n’y a plus que deux prétendants au trône de Fer : Joffrey pour les Lannister et Stannis pour les Baratheon. La disqualification de Robb Stark paraît étrange alors qu’il commence à engranger des victoires prestigieuses, malgré son manque d’alliés. Son retrait s’explique par deux événements gravissimes. Tout d’abord, Theon Greyjoy, l’ancien pupille et otage des Stark, va s’emparer de Winterfell, car il est en manque de reconnaissance de la part de son père le roi des îles de Fer et en compétition avec sa sœur. Il fera, d’ailleurs, bien plus que conquérir le fief des Stark et l’honneur exigera que Robb reprenne son bien en lavant tous ces affronts dans le sang de l’ami de jadis pour pouvoir à nouveau prétendre au trône de Fer.

La seconde raison est que le Seigneur du Nord a toujours défendu le royaume avec l’aide des frères noirs de la Garde de Nuit contre l’envahisseur vivant au-delà du Mur. Et Jon Snow, le bâtard de Ned Stark, va découvrir qu’une armée de sauvageons s’est rassemblée et s’apprête à fondre sur le Royaume des Sept Couronnes en usant d’une magie oubliée. La vengeance sera-t-elle plus forte que la raison ? Les Stark ont déjà été bien éprouvés par les événements récents, mais ils ne sont pas au bout de leurs peines. Il est à noter que cette partie se termine sur une superbe bataille comme j’ai rarement eu l’occasion d’en lire, d’autant que les premières hostilités se traduisent par une confrontation navale épique.

George R. R. Martin conclut magistralement cette Bataille des rois, en sacrifiant une nouvelle fois quelques premiers et seconds rôles et en faisant émerger de nouveaux personnages très intéressants. Tuer ses héros pourrait paraître contre-productif pour un romancier, mais quand on dispose d’un monde si riche en potentialités, que le personnel y est une ressource infinie, l’auteur n’a pas à hésiter à déchoir et à promouvoir, car c’est ainsi que la vie se passe réellement. Et coller à cette réalité est le gage d’une réelle empathie à naître entre le texte et ses lecteurs. Nous verrons donc ce qu’il va advenir dans la troisième partie qui s’intitule A Storm of Swords – qui pourrait se traduire par « Une tempête de lames » – et qui se compose de quatre volumes en France.

L’ombre maléfique – Le trône de fer T5 
George R. R. Martin
Couverture : Olivier Frot
Traduction : Jean Sola
Editions J’ai lu
Collection Fantasy 
2002

7,20 €

 

About Chris

Chris a toujours apprécié les littératures de l’imaginaire, mais il lit également d’autres genres pour son plus grand plaisir. Il préfère le terme de critique à celui de chronique qui lui semble toujours trop consensuel. Non qu’il dise systématiquement du mal des auteurs, mais quand il tient une bonne daube ou une resucée maladroite alors il laisse la plume glisser dans de bien sombres humeurs. Comme tout lecteur passionné – ça lui arrive parfois – il n’aime rien tant que de devenir festivalier et d’aller à la rencontre des auteurs. Chris participe de temps à autre à des appels à texte et s’intéresse depuis peu à la photographie, histoire d’apprendre à cerner l’essentiel d’une situation comme d’un lieu. Enfin, il aime plus que tout le transgenre et espère avec une certaine impatience pouvoir être à l’origine de la découverte d’un auteur qui aurait l’audace d’écrire un roman policier avec des sorcières, des mutants et bien entendu quelques créatures extraterrestres aux mœurs exotiques, à défaut d’être douteuses.

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